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Sabbagh s'en va vers un nouveau challenge: Steve Collar, la doublure idéale de la SES
Steve Collar, c'est le "retour" de l'esprit start-up à la tête de la SES

Sabbagh s'en va vers un nouveau challenge: Steve Collar, la doublure idéale de la SES

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Steve Collar, c'est le "retour" de l'esprit start-up à la tête de la SES
Économie 3 min. 13.02.2018

Sabbagh s'en va vers un nouveau challenge: Steve Collar, la doublure idéale de la SES

Thierry LABRO
Thierry LABRO
A la Société européenne des satellites, chaque membre du comité directeur est flanqué d'une doublure, capable de sauter dans la brèche en cas de départ du "numéro 1". C'est ce qui se passe avec Steve Collar amené à succéder à Karim Michel Sabbagh à un moment-clé.

par Thierry Labro

Quelque chose ne tournait pas rond. Dans le hall majestueux de l'hôtel Grand Cypress d'Orlando, Karim Michel Sabbagh est aussi "froid" que les deux têtes du gouvernement, Xavier Bettel et Etienne Schneider, sont excitées à la perspective du lancement du satellite gouvernemental, GovSat 1.

Ce lundi soir-là, hormis une conversation avec la présidente de Space X Gwynne Shotwell, le président-directeur général de la Société européenne de satellites ne participe pas à l'excitation générale. "Nous l'avons trouvé préoccupé", dit un observateur, en ce lundi matin.

Bras croisés, visage fermé, Karim Michel Sabbagh discute avec la présidente de Space X, Gwynne Shotwell, seule image du déplacement luxembourgeois à l'occasion du lancement du GovSat 1 à Cap Canaveral
Bras croisés, visage fermé, Karim Michel Sabbagh discute avec la présidente de Space X, Gwynne Shotwell, seule image du déplacement luxembourgeois à l'occasion du lancement du GovSat 1 à Cap Canaveral
Thierry Labro

«Un autre événement, personnel, tombait exactement le même jour! J'ai dû faire un choix!», nuance-t-il pour justifier son absence de la conférence de presse d'après lancement. «Evidemment que j'étais content de voir que les choses s'étaient bien passées.»

«Cela n'a rien à voir avec les résultats», confie le p.-d.g. depuis Montréal. Joint par téléphone lundi à la mi-journée, Sabbagh confie que «c'est personnel. Depuis longtemps, j'avais envie d'un challenge dans un nouvelle tech venture et je crois que c'est le bon moment!»

Tous les postes sont doublés

"La SES doit avoir de l'audace", nous avait dit Karim Michel Sabbagh, à notre premier entretien en janvier 2015 après sa nomination en 2014, où il avait succédé à Romain Bausch, tenancier de la maison pendant dix-neuf ans. A raison lorsqu'on regarde les développements de l'industrie spatiale, mise sur orbite par les milliardaires des technologies.

De l'audace, mais de la prudence aussi. Tous les postes sensibles de la SES sont "couverts" pour être capable de pallier tout départ. Celui de Sabbagh est surprenant. Personne ne le commentera avant le 23 février, date des résultats de 2017, à moins que les journalistes invités ce soir et demain à Toulouse, chez Airbus Defense and Space pour la promotion du SES 12, essentiel à l'Asie, n'y force le staff...

La doublure de Sabbagh, c'est Steve Collar. Les deux hommes s'étaient montrés publiquement ensemble les 16 et 17 novembre derniers à la première conférence sur le "newspace" - le nom que l'on donne aux nouveaux secteurs industriels liés à l'espace - organisée au Kirchberg.

De la start-up à la "double licorne"

Devenu directeur général d'O3B dès 2011, le Britannique a guidé la start-up vers une valorisation à plus de 2,5 milliards de dollars dans le porte-feuille de la SES. Ce dirigeant charismatique, désireux de porter chaque collaborateur vers le niveau supérieur a engrangé les succès. Sous son influence, O3B alimente 54 clients dans 34 pays, dix-sept clients ont déployé 3G, 4G  ou LTE à partir de cette nouvelle génération de satellites.

Deux nouvelles grappes de quatre satellites seront mises sur orbite d'ici la fin de 2019, qui offriront à la SES / O3B une flotte de vingt satellites dans une constellation unique. Ils ne seront pourtant qu'un point d'étape avant une nouvelle génération de satellites  fabriqués chez Airbus: les sept satellites à 4.000 faisceaux feront de la SES un modèle unique.

Comme les autres administrateurs, les représentants de l'Etat, actionnaire historique de cette société, ont pris connnaissance de la décision de M. Sabbagh au cours du week-end. Et de son remplacement par M. Collar. Sans y avoir joué de rôle particulier, nous fait-on savoir avec prudence.

En 2014, Sabbagh, pudique et passionné de biographies des grands hommes avait déjà annoncé la couleur: "Je resterai de cinq à sept ans, la durée d'un cycle traditionnel", avant d'ajouter du bout des lèvres "tant que je considèrerai que je serai utile."

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