Changer d'édition

Ryanair encaisse le pire trimestre de son histoire
Économie 3 min. 27.07.2020

Ryanair encaisse le pire trimestre de son histoire

La compagnie compte transporter 60% de voyageurs en moins durant l'exercice 2020-2021.

Ryanair encaisse le pire trimestre de son histoire

La compagnie compte transporter 60% de voyageurs en moins durant l'exercice 2020-2021.
Photo: AFP
Économie 3 min. 27.07.2020

Ryanair encaisse le pire trimestre de son histoire

La compagnie aérienne irlandaise qui ne s'envolera bientôt plus de Francfort-Hahn a subi de plein fouet la pandémie du coronavirus. En 35 ans d'existence, le groupe explique n'avoir jamais connu un trimestre aussi catastrophique.

(MF avec AFP) - Alors qu'au Luxembourg la crise née du covid-19 place les différents acteurs de l'aviation face au défi de maintenir à flot les emplois, la plupart des compagnies aériennes ont déjà un genou à terre. Et espèrent se relever avec la reprise des vols intérieurs.

Ryanair, qui opère douze liaisons depuis le Findel mais s'apprête à quitter Francfort-Hahn, n'est pas épargnée. La compagnie vient de vivre entre avril et juin le trimestre «le plus difficile de son histoire», en raison de la paralysie du trafic aérien durant la pandémie. Le transporteur à bas coûts a annoncé dans un communiqué daté de ce lundi avoir subi une perte nette de 185 millions d'euros lors du premier trimestre de son exercice décalé.


Europas größte Billig-Airline will zum 1. November seine Basis am Flughafen Hahn aufgeben.
Ryanair ne s'envolera plus du tarmac de Hahn
Francfort-Hahn subit depuis un certain temps déjà, une diminution constante du trafic de passagers. La compagnie aérienne low cost délaissera l'aéroport allemand début novembre mais continuera de proposer ses services au Findel.

La compagnie irlandaise limite toutefois un peu la casse après avoir prévenu en mai que sa perte pourrait atteindre 200 millions d'euros sur la période. Le nombre de passagers transportés a été réduit quasi à néant à 0,5 million, contre 42 millions au premier trimestre un an plus tôt quant il avait été réalisé un bénéfice net de 243 millions d'euros. 

 Les confinements et la fermeture des frontières en Europe ont mis un coup d'arrêt brutal au trafic aérien à partir de la mi-mars, si bien que jusqu'à juin, plus de 99% des avions de Ryanair sont restés au sol. Son chiffre d'affaires s'est effondré à 125 millions d'euros, contre 2,312 milliards un an plus tôt.

Ryanair a repris ses vols depuis le 1er juillet, période cruciale avec les départs en vacances et mois au cours duquel la compagnie devrait tourner à 40% de ses capacités habituelles, avant de monter en puissance et d'atteindre 70% en septembre. La compagnie ne compte transporter que 60 millions de passagers sur l'ensemble de son exercice 2020-2021 (clos fin mars), soit une baisse de 60%.

Une deuxième vague redoutée

Pour faire face au choc de la pandémie et à une demande qui devrait être déprimée pour un moment, le groupe a annoncé récemment un plan de restructuration qui passe par la suppression de 3.000 emplois soit 15% de ses effectifs. Ryanair explique avoir trouvé des accords avec des syndicats pour réduire les salaires, comme au Royaume-Uni et en Allemagne, ce qui devrait permettre de limiter les suppressions de postes. 


 Luxair - Cargolux um Findel
«Il nous faut avant tout éviter la hausse du chômage»
Deux semaines après la première tripartite depuis 10 ans, un échange dédié au secteur de l'aviation s'est tenu ce mardi. Trois groupes de travail dédiés à l'avenir de Luxair, Cargolux et Luxairport et de leurs salariés ont été mis sur pied. Tous devront rendre leurs propositions le 17 septembre.

Le groupe dit disposer d'une trésorerie parmi les plus solides du secteur, à 3,9 milliards d'euros, qu'il préserve en réduisant les coûts et les dépenses. En outre malgré les incertitudes sur le retour dans le ciel du Boeing 737 MAX, Ryanair continue de miser sur l'appareil qui doit permettre à la compagnie d'accompagner sa croissance tout en limitant les émissions polluantes et les coûts.

Ryanair, qui aurait dû recevoir son premier avion il y a plus d'un an, pour en avoir environ 40 dans sa flotte en 2021, espère désormais en obtenir livraison avant la fin 2020. Ryanair précise enfin ne pas pouvoir donner d'objectif de résultats sur l'exercice et explique qu'une deuxième vague de Covid-19 à l'automne en Europe est sa principale crainte à l'heure actuelle.


Sur le même sujet

Des perquisitions menées à l'aéroport de Francfort-Hahn
Aux côtés des enquêteurs fiscaux de Trèves, des employés du ministère public de Coblence ont mené l'enquête au sein d'un bâtiment de l'aéroport de Hahn jeudi. Des recherches visant à clarifier les accusations contre trois responsables de sociétés.
A passenger walks past the terminal of Frankfurt Hahn airport 100 kilometers (60 miles) west of Frankfurt, Germany June 6, 2016.  REUTERS/Ralph Orlowski
L'épidémie emporte des milliers d'emplois en Europe
La pandémie de coronavirus a fait vaciller des pans entiers de l'économie européenne, compris parmi de grands noms de l'industrie ou des services. Alors que la relance est au cœur du sommet des dirigeants des 27, vendredi à Bruxelles, le point sur cette vague de suppressions d'emplois massive.
An employee works on a truck assembly line at a factory in Fuyang in China's eastern Anhui province on July 16, 2020. - China's economy returned to growth in the second quarter, rebounding more strongly than expected from a historic contraction caused by the coronavirus outbreak, official data showed on July 16. (Photo by STR / AFP) / China OUT
«Il nous faut avant tout éviter la hausse du chômage»
Deux semaines après la première tripartite depuis 10 ans, un échange dédié au secteur de l'aviation s'est tenu ce mardi. Trois groupes de travail dédiés à l'avenir de Luxair, Cargolux et Luxairport et de leurs salariés ont été mis sur pied. Tous devront rendre leurs propositions le 17 septembre.
 Luxair - Cargolux um Findel
Airbus annonce la suppression d'environ 15.000 postes
L'avionneur européen compte se séparer de 11% de ses effectifs, dont le tiers en France. La société n'exclut pas des licenciements secs pour faire face à la «crise sans précédent» subie par le secteur du transport aérien terrassé par le covid-19.
A cyclist rides past the Airbus logo outside the company headquarters in Blagnac, southern France, on June 30, 2020. - European aircraft maker Airbus said on June 30 that it is planning to cut around 15,000 jobs worldwide, 11 percent of its total workforce, in response to the coronavirus crisis. The cuts are to happen by the summer of 2021, Airbus said in a statement, and follow a drop of nearly 40 percent of the commercial aviation business in recent months. (Photo by REMY GABALDA / AFP)
Redécollage au ralenti pour le transport aérien
Après l'uppercut porté aux compagnies aériennes par le covid-19, le trafic reprend doucement en Europe au fur et à mesure des réouvertures de frontières, mais des milliers d'emplois restent menacés.
An aircraft of the German airline Lufthansa starts from "Franz-Josef-Strauss" airport in Munich, southern Germany, on June 25, 2020, amid the novel coronavirus Covid-19 pandemic. - German airline Lufthansa was poised to clear a key shareholder vote on its nine billion euro ($10 billion) state rescue on June 25, 2020, boosted by the EU's green light and the last-minute backing of a billionaire investor who had the power to veto the plan. (Photo by Christof STACHE / AFP)
La crise plane au-dessus du Findel
Depuis lundi soir, le trafic des passagers de l'aéroport national est quasi à l’arrêt. Une mauvaise nouvelle alors que ce secteur ne cessait de progresser depuis dix ans. Par contre, les vols de fret restent maintenus pour assurer les approvisionnements des secteurs d’activité essentiels.
Erstflufg SAS Stockholm-Luxemburg Findel / Foto: Serge Braun