Rumeur de cession

La direction de la BIL rassure

Hugues Delcourt - président du comité de direction de la BIL
Hugues Delcourt - président du comité de direction de la BIL
Pierre Matge

Par Pierre Sorlut

La direction de la BIL a rassuré ce mercredi ses 2.050 employés sur l'avenir de la banque, au lendemain de la publication d'une dépêche de Reuters faisant état de discussions sur la possible reprise par un groupe d'investissement chinois, Legend Holdings, des parts de l'établissement bancaire appartenant à la famille royale qatarie, soit 90% du capital. Les dix autres pourcents sont détenus par l'Etat luxembourgeois et seraient selon l'agence de presse exclus du périmètre de négociation avec les Chinois, par ailleurs propriétaire du fabricant informatique Lenovo.

«La BIL est très solide, sa situation financière est saine, sa stratégie clairement définie porte ses fruits et vous, ses collaborateurs, êtes talentueux et investis dans votre travail au quotidien. La banque a donc un avenir prometteur devant elle», peut-on lire dans le message posté sur l'intranet de la banque et dont le «Luxemburger Wort» a reçu copie.

Des conditions pour une acquisition

Les deux signataires du message, le directeur général Hugues Delcourt et le président Luc Frieden (également président de la maison d'édition du Wort), confirment l'existence de discussions. «Etant donnée cette solidité, il n'est pas surprenant que nos actionnaires soient contactés par des investisseurs potentiels. Parfois, cela est repris par la presse comme vous l'avez vu aujourd'hui», écrivent-ils.

La direction dessine même entre les lignes le profil du nouvel actionnaire, lequel laisserait la BIL en quasi-indépendance («stand alone») comme c'est le cas actuellement. «Quelle que soit l'issue des contacts avec des investisseurs potentiels, nous voulons vous assurer de notre entière confiance quant à la stabilité des orientations stratégiques et l'emploi dans notre banque. Nous n'anticipons pas de changement sur ces deux points, aujourd'hui et à l'avenir. Vous pouvez rassurer vos clients, partenaires et familles à cet égard», est-il écrit dans le courrier interne. Une hypothétique reprise en main par un groupe bancaire international, tel qu'ING comme des rumeurs l'envisageaient, rendrait difficile l'affirmation d'un maintien de la stratégie à moyen terme.

L'emploi protégé

Idem pour la protection de l'emploi. Dans une interview accordée au Lëtzebuerger Land, Luc Frieden assure que, changement d'actionnaire ou pas, «aucun plan social n'est prévu dans les trois prochaines années». Est-ce une condition sine qua non formulée par l'autre actionnaire minoritaire, l'Etat, ou un engagement de l'actionnaire qatari de ne céder qu'à un groupe financier diversifié?

Le ministère des Finances n'a pas encore répondu à nos sollicitations. Les représentants de la famille royale qatarie, Precision Capital, se contentent de répéter les mêmes éléments de langage selon lesquels il est normal que de potentiels investisseurs s'intéressent à des entreprises qui marchent. «Notre réputation est bonne et nous pouvons en être fiers», conclut la direction de la banque dans son courrier. 

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