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«Réfléchir à de nouvelles mesures» pour l'horeca
Économie 5 min. 07.09.2020

«Réfléchir à de nouvelles mesures» pour l'horeca

François Koepp souhaite, notamment, la révision de l'heure de fermeture des bars et restaurants. Au-delà de la limite de minuit actuellement fixée.

«Réfléchir à de nouvelles mesures» pour l'horeca

François Koepp souhaite, notamment, la révision de l'heure de fermeture des bars et restaurants. Au-delà de la limite de minuit actuellement fixée.
Photo: LW-Archiv/Steve Eastwood
Économie 5 min. 07.09.2020

«Réfléchir à de nouvelles mesures» pour l'horeca

Près de trois mois et demi après la réouverture des bars et restaurants, le secrétaire général de la fédération des hôteliers, restaurateurs et cafetiers revient sur la stratégie du gouvernement et fait le point de la situation à la veille de la rentrée.

(ASdN avec Nadia Di Pillo) - Ni tout noir, ni tout blanc. Alors que certaines entreprises de l'hôtellerie et de la restauration bénéficient de la campagne du gouvernement «Vakanz Doheem», d'autres enregistrent d'importantes pertes. François Koepp, secrétaire général de la fédération des hôteliers, restaurateurs et cafetiers (Horesca) dresse donc un bilan mitigé pour le secteur de l'horeca.

Comment décririez-vous la situation actuelle pour les entreprises de l'hôtellerie et de la restauration ? 

François Koepp : «La situation s'avère très différente selon les entreprises. Les entreprises de l'hôtellerie et de restauration bénéficient d'un grand nombre de clients réguliers et ont donc peu de soucis - dans une entreprise familiale, cela représente généralement jusqu'à 90% de la clientèle. Les hôtels sont quant à eux actuellement bien remplis pour les vacances. En revanche, la situation des hôtels, bars et restaurants ayant comme clientèle des entreprises et professionnels rencontrent davantage de difficultés. Et les perspectives pour ce tourisme d'affaires ne sont guère meilleures pour les prochains mois. 

Que la validité des bons soit prolongée de six mois supplémentaires.

François Koepp

Le gouvernement a offert des bons de 50€ aux résidents et frontaliers pour soutenir le tourisme. Que pensez-vous de cette stratégie ? 

«L'initiative gouvernementale a fait du bien à l'industrie. De nombreux clients ont passé plus d'une nuit à l'hôtel et consommé bien plus de 50 euros. 34.000 bons déjà utilisés, cela signifie quelques millions d'euros de chiffre d'affaires. Personne n'a été assez naïf pour croire que la totalité des 750.000 vouchers seraient utilisés. Et puis, il est toujours temps : les bons sont valables jusqu'à la fin de l'année. 


Les gîtes ruraux espèrent des jours meilleurs
Les nuitées à la campagne ne connaissent pas l'engouement espéré au sortir du confinement. Pourtant, entre la vie au grand air, les bons de 50€ et un accueil à l'écart de la foule, le tourisme rural a des atouts à défendre pour ces vacances.

Cette formule était vraiment une bonne idée et ces bons ont aidé de nombreuses entreprises à reprendre un peu de souffle. De nombreuses activités saisonnières auraient été totalement ruinées sans cela. Néanmoins, je souhaite que la validité des bons soit prolongée de six mois, soit jusqu'en juin 2021. En fin de compte, il n'y aurait pas de coûts supplémentaires pour le gouvernement. 

Selon vous, quelle est l'ampleur des pertes ? 

«Pour les établissements fonctionnant sur le tourisme d'affaires là, la situation est catastrophique. Alors que le taux d'occupation des chambres dans l'hôtellerie de tourisme de loisirs se situe entre 60 et 70%, dans l'hôtellerie du tourisme d'affaires on plonge entre 18 et 30%. Les restaurants et cafés qui dépendent des professionnels et des frontaliers génèrent 50% de leur chiffre d'affaires. 

Enfin, si les cafés de la capitale se portent plutôt bien, les petits bistrots de village, eux, luttent. Le fait que les clients doivent rentrer chez eux à minuit est un problème majeur, nous souhaitons donc avoir une clarification sur le couvre-feu afin que les entrepreneurs puissent planifier les vacances à venir et le réveillon du Nouvel An. A l'étranger, les cafés restent ouverts plus tard. Que ce soit en Autriche, en Belgique ou en France.

Nous aimerions que le gouvernement emprunte la voie allemande et autrichienne

François Koepp

Quelles autres mesures auraient du sens dans les prochains mois ? 

«Si l’allocation de chômage partiel n’est pas étendue à un mois supplémentaire, je peux déjà vous dire que le chômage augmentera fortement et que de nombreux entrepreneurs licencieront leurs employés pour sauver leur société. Personne ne peut tenir longtemps sans perspective. 


Le commerce en overdose de télétravail
Le recours au télétravail a permis de contenir l'épidémie de covid au Luxembourg. Mais l'éloignement persistant de milliers de salariés pénalise durement des commerçants et restaurateurs pour qui l'absence physique de clients devient un virus fatal.

Le Luxembourg a déjà convenu avec ses voisins que la convention fiscale sur le télétravail dans le cadre de la lutte contre la propagation du covid-19 resterait en vigueur jusqu'au 31 décembre 2020. C'est un coup dur pour les établissements de restauration qui dépendent de cette clientèle frontalière. Ceux qui pensaient que les opérations reprendraient le 15 septembre sont amèrement déçus : il n'y a aucune autre amélioration en vue pour eux.

Vous devez tout de même accepter une perte des ventes significative pouvant aller jusqu'à 50%, mais en continuant à payer 100% de loyer, 100% des coûts. Il y a un besoin urgent de soutien. A l'étranger, notamment en Allemagne et en Autriche, les frais de fonctionnement sont désormais pris en charge par le gouvernement au prorata des pertes. 

S'agirait-il d'exemples à suivre ?


Wort.fr, Terrassen und Restaurants, Luxemburg, Covid-19, Coronavirus, Horesca, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Les bars craignent d'être des «boucs émissaires»
Alors que la nouvelle loi covid entre en vigueur ce vendredi, les établissements ne respectant pas les règles sanitaires risquent désormais gros. Si 23 d'entre eux ont d'ores et déjà été sanctionnés par une amende, certains bars et cafés pris en flagrant délit jugent le dispositif disproportionné.

«Oui. Nous aimerions que le gouvernement emprunte la voie allemande et autrichienne. Les salariés peuvent désormais bénéficier de l'indemnité de chômage partiel pour une durée maximale de deux ans, jusqu'au 31 décembre 2021. En Allemagne, les employeurs sont remboursés des cotisations de Sécurité sociale sur l'indemnité de chômage partiel de leurs employés. Le remboursement intégral a été prolongé jusqu'en juin 2021 et la moitié des contributions sera remboursée d'ici fin de 2021. 

Au Luxembourg, nous touchons 250 euros par salarié pour le chômage partiel. C'est mieux que rien, mais nous aimerions que les mesures se poursuivent au moins jusqu'à l'été prochain. Le plan de relance du gouvernement a envoyé un signal important et positif aux entreprises, mais il est maintenant temps de réfléchir à de nouvelles mesures.»

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