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Recrutement: Quelles opportunités pour 2015?
Économie 6 min. 11.01.2015 Cet article est archivé

Recrutement: Quelles opportunités pour 2015?

Que ce soit dans le secteur financier, dans l'industrie ou dans l'informatique, les directions des ressources 
humaines sont très friandes de profils qui répondent aux technicités actuelles de leur marché.

Recrutement: Quelles opportunités pour 2015?

Que ce soit dans le secteur financier, dans l'industrie ou dans l'informatique, les directions des ressources 
humaines sont très friandes de profils qui répondent aux technicités actuelles de leur marché.
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Économie 6 min. 11.01.2015 Cet article est archivé

Recrutement: Quelles opportunités pour 2015?

En matière de recrutement, la prudence est de mise pour l'ensemble des secteurs. Les embauches se feront au profit de profils qualifiés. Le point sur les opportunités et les 
niches d'emploi au Luxembourg.

(ndp).- Selon le rapport mondial de PwC intitulé «Remoulding your workforce for a new marketplace», les entreprises du secteur financier songent à nouveau à embaucher en 2015. Réalisée auprès de 338 dirigeants de 53 pays différents, l'enquête montre que plus de la moitié d'entre eux (56 %) ont prévu de recruter cette année. Un élan d'optimisme qui progresse à mesure que la reprise s'accélère dans les pays en développement. Au Luxembourg cependant, l'heure est toujours à la prudence. Ainsi, Christian Scharff, associée et HRS Leader chez PwC Luxembourg, rappelle que «la situation au Luxembourg reste tendue», notamment en raison de la mise en place de l'échange automatique d'information.

Le cabinet de recrutement Ajilon partage le même constat: «Tous les secteurs continuent de recruter, mais de manière prudente. Nous observons toutefois une stagnation pour la banque privée. Cette tendance s'est confirmée en 2014 et devrait perdurer dans les prochains mois», ex-plique Julie Noirhomme, directrice d'Ajilon Luxembourg et membre du comité de direction d'Adecco Luxembourg.

Alors qu'en disent les employeurs luxembourgeois eux-mêmes? Sans donner de chiffres précis, BGL BNP Paribas indique qu'elle continuera de recruter au cours de l'année 2015, notamment «des jeunes universitaires dans le cadre de son programme ,Gradu-tes‘ ainsi que des experts spécialistes de marchés spécifiques».

La BCEE fait aussi preuve de prudence pour 2015. Depuis de nombreuses années, la «Spuerkeess» fonctionne à effectifs plus ou moins constants tournant autour de 1.800 employés, siège et agences confondus. «Nous entendons continuer cette politique. Il en découle que les départs sont comblés numériquement, sachant que les profils peuvent évidemment changer en fonction des évolutions des métiers de la 
Banque et des besoins généraux et spécifique», souligne Françoise Thoma, membre du comité de direction de la BCEE. «L'échange d'informations n'a dans ce contexte pas d'impact direct sur nos recrutements, alors que le service client n'est que réorienté», ajoute-t-elle. La banque recrute en moyenne 60 personnes par an, parmi plusieurs milliers de candidatures.

Quant à la BIL, elle affirme vouloir «maintenir ses effectifs à un niveau stable» et «poursuivre le recrutement de profils qualifiés». Avec plus de 2.000 collaborateurs, dont 1.950 au Luxembourg, le groupe a recruté plus de 160 nouveaux collaborateurs en 2014. «Il s'agit majoritairement de profils bien qualifiés», affirme la banque. Plus de la moitié de ces nouvelles recrues (60 %) seraient venues renforcer les rangs des départements commerciaux de la 
banque. Parmi les nouveaux collaborateurs figurent également des experts dans des domaines techniques très spécifiques (Risk, Legal, Finance,…). Près de la moitié des collaborateurs sont âgés de 45 ans et plus, tandis qu'à peine 10 % ont moins de 30 ans. «Un accent tout particulier est donc mis sur la politique de recrutement des jeunes résidents diplômés qui sont familiers avec le tissu socio-économique du Luxembourg et qui parlent les langues officielles du pays, tout en étant conscient des contraintes structurelles du marché local», souligne la banque.

Profils les plus recherchés

Que ce soit dans le secteur financier, dans l'industrie ou dans l'informatique, les directions des ressources humaines sont très friandes de «profils qui répondent aux technicités actuelles de leur marché», explique Julie Noir-homme. Une tendance confirmée par le rapport de PwC: «les profils commerciaux très pointus techniquement pour l'activité de gestion patrimoniale ainsi que les profils des fonctions de contrôle et juridique figurent parmi les plus demandés.»

«Pour tous ces métiers de contrôle et de mise en conformité, mais aussi dans le domaine du ,private equity‘ il y a une pénurie de personnes possédant des certifications, je pense notamment au FRM pour les risk manager», remarque Stéphanie Jacquet, responsable du recrutement chez Ajilon. Des places sont aussi à prendre dans le secteur des fonds alternatifs (private equity, real estate).

L'audit continue également à embaucher de manière soutenue. EY Luxembourg, par exemple, a encore prévu d'embaucher cette année; quelque 400 recrutements sont planifiés pour l'exercice fiscal 2014-2015.

En dehors de la finance, le secteur informatique souffre toujours d'une pénurie de main d'oeuvre (on recherche des ingénieurs 
réseaux, des spécialistes du 
stockage de données). Dans l'e-commerce, «la tendance positive observée ces dernières années devrait se poursuivre». Les profils les plus recherchés sont dans le domaine du marketing, du digital, dans la fonction de supply chain&logistics.

Côté rémunérations, «on observe que les clients sont plus flexibles dans leurs négociations pour les profils qui sont en pénurie et très fortement demandés», remarque Julie Noirhomme. D'une manière plus générale, «on voit que le budget est déterminé en amont de la recherche et de l'ouverture du poste et que les entreprises, tous secteurs confondus, préfèrent attendre plus longtemps avec le budget proposé, ce qui rallonge aussi les processus de recrutement». Les bonus liés aux fonctions commerciales ont tendance à être importants pour des profils dont la compétence est reconnue et rare. Mais d'une manière générale la tendance est à la baisse, les budgets des entreprises étant de plus en plus serrés.

Pas le droit à l'erreur

Si, pour les entreprises, le recrutement reste une préoccupation majeure, aujourd'hui on observe surtout que «les DRH n'ont pas le droit à l'erreur». «On peut aujourd'hui vraiment parler de stratégie de recrutement de la part des entreprises», note Julie Noirhomme.

Un peu partout la tendance est au «talent management». Il s'agit d'avoir «des leaders à tous les niveaux de l'entreprise, des personnes qui puissent fédérer autour d'une stratégie globale. Cela se fait au travers de formations, de mentoring interne, et au départ d'une stratégie RH bien établie», commente la directrice d'Ajilon Luxembourg.

Quant aux candidats qui changent d'employeur, ils apportent aujourd'hui une extrême attention à l'environnement, au contenu du poste, à la marque employeur, et surtout à la stratégie à long terme de l'entreprise. «Le critère salaire reste bien sûr important, mais dans les priorités des candidats ce n'est plus aujourd'hui en première position. Les collaborateurs sont prêts à bouger pour se construire une vraie stratégie à long terme.»


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