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Quel est le meilleur candidat pour la Place?
Économie 3 min. 16.04.2015 Cet article est archivé
Elections en Grande-Bretagne

Quel est le meilleur candidat pour la Place?

Dans les sondages, Ed Miliband (Labour) a pour l'instant un peu d'avance sur le Premier ministre sortant, David Cameron (Conservateurs)
Elections en Grande-Bretagne

Quel est le meilleur candidat pour la Place?

Dans les sondages, Ed Miliband (Labour) a pour l'instant un peu d'avance sur le Premier ministre sortant, David Cameron (Conservateurs)
AFP
Économie 3 min. 16.04.2015 Cet article est archivé
Elections en Grande-Bretagne

Quel est le meilleur candidat pour la Place?

Les élections législatives britanniques approchent. Le chef des conservateurs brandit la menace du Brexit. Celui des travaillistes promet plus d'impôt pour les riches et les multinationales. Les deux scénarios auraient des conséquences sur l'économie luxembourgeoise.

«Le Luxembourg deviendrait notre nouveau siège si le Royaume-Uni devait sortir de l'Union européenne» a déclaré mardi à la presse française le directeur général du gestionnaire d'actifs Aberdeen. Le dirigeant de la société basée dans la troisième ville écossaise a ainsi balayé d'un revers de la main les hypothétiques conséquences qu'aurait pu avoir le référendum qui a maintenu l'Ecosse dans le Royaume-Uni l'an passé.

Il préfère spontanément insister sur la menace que représente un éventuel Brexit. Un référendum sur la question est promis par les conservateurs britanniques de David Cameron s'ils remportent les élections législatives du 7 mai.

Crainte sincère d'un Brexit?

Cette issue, les professionnels de la finance luxembourgeoise donnent l'air de la craindre. Au moins quand les micros sont branchés. Selon le directeur de l'agence de promotion LFF, Nicolas Mackel, «le Luxembourg ne pourrait que le déplorer puisque l'Europe a besoin du Royaume-Uni». Pour Keith O'Donnell, managing partner de la société de conseil fiscal Atoz, «le résultat net serait mauvais pour le pays».

Les éventuelles opportunités nées d'un tel scénario ne compenseraient pas le coût économique consécutif pour les affaires sur le Vieux Continent. Et le Grand-Duché n'est pas le seul pays européen sur la liste des candidats à la redomiciliation. «Certains de nos clients prévoient des plans de repli en vue d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne», confie quand même Keith O'Donnell.

Les travaillistes ont une (petite) longueur d'avance

Mais cette perspective n'est pas la plus plausible à l'heure actuelle. Car elle passerait par une victoire des Tories. Or, les travaillistes ont aujourd'hui la faveur des sondages. Très légèrement. Et de ce côté de l'échiquier, le programme économique dévoilé ces derniers jours fait la part belle à la chasse à la recette fiscale. Les cibles sont identifiées. Il s'agit des riches et des multinationales. Ed Miliband et son acolyte aux Finances (pour l'instant dans l'ombre), Ed Balls, proposent la suppression du régime des «non-doms».

Vieux de 200 ans (et lié à la volonté de peupler l'empire colonial) il permet à des résidents de ne pas payer d'impôts sur des revenus touchés à l'étranger. Ce qui a bien sûr incité de nombreuses (115.000 environ) grandes fortunes, comme Lakshmi Mittal, à s'installer à Londres... faisant flamber du même coup l'immobilier de la capitale. Ce qui inspire d'ailleurs au Labour une taxe sur les maisons de luxe.

Les multinationales visées

Les personnes morales font également l'objet de la campagne des travaillistes pour plus de justice fiscale. Les deux Ed proposent ainsi de mettre fin aux exemptions accordées aux groupes internationaux pour les porter sur les PME.

Du pain béni a priori pour le Luxembourg qui veut continuer à attirer riches et sièges de multinationales. Le gouvernement doit-il pour autant ajouter de la dégressivité (en opposition à la progressivité qui consiste à plus lourdement taxer les plus riches) et instaurer un régime de type non-doms? Ce n'est pas vraiment dans l'air du temps. 

Déjà un pays accueillant

«Le tissu socio-cuturel ne s'y prête pas. Puis cela générerait pas mal d'ennuis sur le plan international», explique le directeur d'Atoz. «En outre le Luxembourg est déjà un pays accueillant pour les grandes fortunes,» poursuit-il.

Pour les sociétés, l'ambition semble de boucher certaines niches pour baisser le taux nominal, aujourd'hui à 29 %. Le projet gît dans les tuyaux depuis plusieurs mois et le gouvernement semble attendre le temps politique pour l'en sortir. Pourquoi pas après le 7 mai.

Pierre Sorlut


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