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PwC toujours plus près du demi-milliard
Rima Adas, John Parkhouse et Wim Piot ont présenté des résultats en hausse de plus de 10%

PwC toujours plus près du demi-milliard

Guy Jallay
Rima Adas, John Parkhouse et Wim Piot ont présenté des résultats en hausse de plus de 10%
Économie 4 min. 22.10.2018

PwC toujours plus près du demi-milliard

20 ans après la fusion de Coopers and Lybrand et de Price Waterhouse, le groupe a flirté cette année avec les 500 millions d'euros de chiffre d'affaires. Le huitième employeur du pays accélère sa transformation.

Chemise rose pâle au col déboutonné sur un costume bleu, appuyé sur une barrière en bois devant des joncs, souriant, le directeur général de PwC pose pour le rapport annuel sous le signe du «Global reporting initiative» – concept lancé il y a 20 ans lui aussi et adopté l'an dernier. 

John Parkhouse souligne dans son préambule qu'en 20 ans, le cabinet d'audit a «contribué au succès du pays en attirant au Luxembourg, et en les formant, quelque 10.000 personnes talentueuses et très éduquées, dont la majorité est restée au pays». 

Les 130 pages de papier glacé, deux fois plus que l'an dernier, sont un exercice de transparence grandeur nature, assure-t-il, hier matin, au rez-de-chaussée du bâtiment en chromosome, entouré, comme l'an dernier, de sa numéro 2 et leader des services financiers Rima Adas et de son leader «fiscalité» Wim Piot. 

Une réglementation de plus en plus pesante 

Pour décoller définitivement le chewing-gum du LuxLeaks de sa semelle, le «Big Four» a clairement placé l'humain au premier plan d'une stratégie qui mêle objectifs du développement durable des Nations unies – pour rompre avec les mauvaises pratiques environnementales et sociétales du passé – et évolutions technologiques – qui invitent à embrasser intelligence artificielle, blockchain ou robotique. 

«Notre croissance dépend du succès sur notre secteur de marché, du succès du Luxembourg, du succès global», tempère M. Parkhouse. «Aussi longtemps que Luxembourg reste compétitif dans un univers globalisé et que nous le restons dans un environnement local... Mais nous apportons des propositions de valeur à des clients dans notre réseau, bien au-delà du Luxembourg.» 

Les résultats annuels clôturés au 30 juin lui donnent raison. Le chiffre d'affaires a augmenté de 10,19 % à 445,63 millions d'euros, après un +8,05 % en 2017 et un +11 % l'année précédente. 

 «La régulation continue de devenir de plus en plus compliquée et c'est plus difficile pour les plus petites entreprises qui n'ont pas les ressources ne serait-ce que pour rester à jour. Nous serons les avocats d'une régulation douce et pour éviter trop de bureaucratie, même si Luxembourg doit opérer dans l'environnement européen.» 

Fiscalité des sociétés et mobilité: double challenge 

«D'un point de vue luxembourgeois, on peut avoir l'impression de trop de bureaucratie, mais quand vous voyagez, ce n'est pas pire», ajoute Mme Adas. Les trois dirigeants attendent plutôt du prochain gouvernement qu'il maintienne à la fois la stabilité, la compétitivité du pays et son ouverture au business, en adaptant la fiscalité des entreprises à l'instar de ce que font les autres pays européens et qu'il se saisisse de la question de la mobilité. 

Avec 1.500 frontaliers (dont 32 % de Français) contre 1.247 résidents locaux, de 76 nationalités, PwC est confronté à ce défi, même en ayant migré vers la Cloche d'or où la situation de la mobilité se détériore au rythme des nouveaux arrivants. 

«Nous avons déjà établi une politique pour le travail à domicile et une étude sur l'opportunité de créer des structures à la frontière», explique M. Piot. «A l'intérieur des frontières du Luxembourg, sinon nous nous retrouverions avec d'autres questions à régler, fiscales mais aussi de sécurité sociale, par exemple.» 

L'experience center contre le turn-over trop élevé 

La question est d'autant plus importante que le turn-over est de 18 %, au-delà des 15 % que M. Parkhouse estime comme normal. 

Fin février, PwC Luxembourg a rejoint le réseau des 30 «Experience Centers» au triple objectif d'explorer de nouvelles idées, de créer de nouvelles solutions en s'affranchissant des traditionnels silos et de construire des prototypes à partir des technologies émergentes. 

«Mais ça va au-delà de cela», explique le directeur général. «On peut continuer à s'entraîner sur ces compétences. Cela nous permet aussi de recruter des profils avec ces différentes compétences. C'est un gros challenge mais nous faisons de gros progrès.» 

«Si vous vous concentrez davantage sur certains aspects, comme l'intelligence artificielle, que vous créez une équipe autour de cela, cela a un effet d'entraînement», ajoute Mme Adas, «d'avoir ces structures uniques. C'est attractif pour ces types de spécialistes, pour les faire venir au Luxembourg. Nous avons de la chance parce que ces deux dernières années, nous avons pu recruter ces spécialistes. Il y a beaucoup de demandes de nos clients dans ces secteurs». 

«Sans compter que nous pouvons ainsi libérer nos employés des parties ennuyeuses du travail pour qu'ils ajoutent de la valeur», ajoute M. Piot. 

L'avenir.

Thierry Labro


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