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Premières inculpations luxembourgeoises dans l'affaire Madoff
Économie 2 min. 12.05.2021 Cet article est archivé

Premières inculpations luxembourgeoises dans l'affaire Madoff

Premières inculpations luxembourgeoises dans l'affaire Madoff

Photo : AP
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Premières inculpations luxembourgeoises dans l'affaire Madoff

Le parquet luxembourgeois a confirmé avoir délivré les premiers actes d'accusation dans le cadre de son enquête autour de l'escroquerie internationale. Les pertes liés à cette fraude sont estimées à 1,5 milliard d'euros rien qu'au Grand-Duché.

(pj avec Yannick Hansen et Julie Edde) Le parquet a confirmé, auprès de nos confrères de Luxtimes, que les procureurs luxembourgeois venaient de signifier les premiers actes d'accusation liés à la fraude de Bernard Madoff. Une étape majeure après une enquête criminelle qui couve depuis plus de dix ans. Le bureau du procureur a refusé de dire contre qui ces actes avaient été émis. 


Bernard Madoff rentre au musée
Le financier déchu Bernard Madoff, qui purge une peine de 150 ans de prison pour escroquerie, entre au musée: une petite exposition permanente d'objets personnels lui est désormais consacrée au Musée du Crime de Washington, entre mafieux et serial killers.

Pour rappel, le financier américain Bernard Madoff avait dirigé une chaîne de Ponzi de 58 milliards d'euros - la plus importante au monde - jusqu'à ce que le système explose à la suite de la crise financière de 2008. L'escroc avait fini ses jours en cellule, décédant à l'âge de 82 ans au terme de douze années d'incarcération d'une peine qui le condamnait à 150 ans d'emprisonnement.

Pour le seul cas du Luxembourg, les fraudes en lien avec «l'affaire Madoff» sont estimées à 1,5 milliard d'euros. Et c'est dès mars 2011 qu'ont été lancées les premières investigations au Grand-Duché. Mais aucune inculpation n'avait été prononcée avant la semaine dernière, date à laquelle un juge d'instruction a interrogé plusieurs suspects, a déclaré un porte-parole du parquet. 

Mais il ne s'agit là que du traitement pénal de l'affaire. La justice n'exclut pas de devoir agir en matière de droit civil, commercial ou administratif.

La CSSF déboutée

En 2019, l'avocat Pierre Delandmeter avait porté devant les tribunaux nationaux une affaire liée à la fraude Madoff. Celle-ci concernait Luxalpha, société prétendument impliquée dans la chaîne de Ponzi. L'avocat avait alors cherché à avoir accès à des documents après que le gendarme financier de la Place, la CSSF, l'eut sanctionnée. Pour se défendre, Delandmeter avait demandé à la CSSF de lui transmettre les documents qu'elle avait recueillis au cours de son enquête sur Luxalpha et sa banque dépositaire UBS. Refus de la Commission de surveillance des services financiers qui avait invoqué son obligation de secret professionnel en tant que régulateur financier. 

Le dossier était alors remonté jusqu'à la Cour européenne de justice. Celle-ci statuant en faveur du plaignant et signalant que la CSSF pouvait être amenée à remettre des documents, cela afin de préserver le droit à un procès équitable en certaines circonstances.

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