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Premier tour de table sur l'avenir d'ArcelorMittal
Économie 3 min. 14.09.2020

Premier tour de table sur l'avenir d'ArcelorMittal

Selon les annonces de la direction, 578 emplois sont menacés sur les sites luxembourgeois d'ArcelorMittal. Soit 15% des effectifs totaux.

Premier tour de table sur l'avenir d'ArcelorMittal

Selon les annonces de la direction, 578 emplois sont menacés sur les sites luxembourgeois d'ArcelorMittal. Soit 15% des effectifs totaux.
Photo: Chris Karaba/archives
Économie 3 min. 14.09.2020

Premier tour de table sur l'avenir d'ArcelorMittal

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Quatre jours après l'annonce, par la direction du numéro un mondial de l'acier, de la suppression potentielle de 578 emplois, partenaires sociaux et gouvernement se réunissent ce lundi à 16h30. Une réunion qui ne devrait toutefois pas aboutir à des annonces concrètes.

Si les attentes autour de la première réunion entre syndicats, direction d'ArcelorMittal et gouvernement sont grandes, quatre jours après l'annonce de la suppression potentielle de quelque 570 emplois sur les sites luxembourgeois du numéro un mondial de l'acier, les résultats ne devraient pas être spectaculaires. Initialement prévue dans le cadre d'un comité de suivi des effectifs dans la sidérurgie, la rencontre qui se tiendra lundi après-midi entre syndicats, direction d'ArcelorMittal et gouvernement ne servira que «de premier échange de vue», selon le ministère du Travail.


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Autrement dit, aucune décision ne devrait être prise lors de cette rencontre aux allures de tripartite sidérurgie. Car si les partenaires présents autour de la table représentent bien les différents acteurs impliqués, les plus hautes instances décisionnaires ne seront pas toutes présentes. Ainsi, côté gouvernement, le Premier ministre sera absent, remplacé par Dan Kersch (LSAP), ministre du Travail, et Franz Fayot (LSAP), ministre de l'Economie. Pour les syndicats, si Patrick Dury, président du LCGB, fera partie de la délégation syndicale, il n'en sera pas de même du côté de l'OGBL où Nora Back laissera sa place aux représentants du secteur de la sidérurgie.

Que ce soit côté gouvernemental ou syndical, les attentes devraient converger vers ce que Stefano Araujo, secrétaire central OGBL, nomme «un besoin d'informations plus précises». Une référence au fait que «la direction n'a donné que les grandes lignes de son plan, sans évoquer ni le détail des postes concernés, ni le timing imaginé», assure-t-il. Deux éléments capitaux dans les négociations à venir puisque «cette annonce intervient un an après celle d'une restructuration de moindre ampleur sur les sites de Belval et Differdange qui était un signe précurseur, au même titre que la baisse des investissements sur les différents sites au fil des années», note Robert Fornieri, secrétaire central LCGB. De son côté, ArcelorMittal Luxembourg indique assure vouloir «assumer ses responsabilités» et se félicite que «le dialogue social puisse être lancé», tout en indiquant «ne pas vouloir laisser traîner les choses».


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A noter que direction et syndicats s'accordent sur la volonté de mettre en place une véritable tripartite, afin de trouver une solution à ce qu'ArcelorMittal considère comme «un contexte économique pour le moins compliqué». En l'occurrence, le recours à des outils tels que la cellule de reclassement, divers modèles de préretraite ou le recours au chômage partiel qui visent à éviter tout licenciement sec de personnels. Le point d'achoppement pourrait cependant porter sur les engagements que devra prendre le numéro un mondial de l'acier pour pérenniser sa présence au Grand-Duché. 

«Nous nous opposerons à toute décision qui ne se résumera que par la mise en place d'un coup de peinture sur les bâtiments, car supprimer 15% des effectifs, d'une manière ou d'une autre, aura des répercussions sur une entreprise qui produit de l'acier», résume Stefano Araujo qui rappelle que «lors de la fermeture de Schifflange, l'entreprise comptait 10.000 salariés alors que désormais, nous en avons 3.800 et que la tendance va vers les 3.000...» Selon toute vraisemblance, aucune déclaration ne devrait être réalisée lundi soir par les ministres de l'Economie et du Travail. Notamment du fait de la tenue, mardi matin, d'une commission parlementaire conjointe portant sur les échanges réalisés ce lundi. Un calendrier des prochaines rencontres et des thématiques précises à aborder pourrait donc voir le jour. 

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Wi , PK ArcelorMittal , Site de Differdange , Stahl , Stahlindustrie , anc Arbed , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort