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Premier semestre positif: Raiffeisen, la croissance modeste
Économie 3 min. 29.09.2015 Cet article est archivé

Premier semestre positif: Raiffeisen, la croissance modeste

De gauche à droite: MM. Peyer, Biewer, Bour, Hoffmann (président du comité de direction) et Barbier ont présenté des chiffres positifs.

Premier semestre positif: Raiffeisen, la croissance modeste

De gauche à droite: MM. Peyer, Biewer, Bour, Hoffmann (président du comité de direction) et Barbier ont présenté des chiffres positifs.
Lex Kleren
Économie 3 min. 29.09.2015 Cet article est archivé

Premier semestre positif: Raiffeisen, la croissance modeste

La banque Raiffeisen continue de grignoter des parts de marché. Au premier semestre, la banque coopérative a enregistré une hausse des dépôts de clients de 6,7% et des prêts et crédits de 1,8%. Elle prépare l'entrée de Post dans son capital, à hauteur de 10% pour 27 millions d'euros, qui devrait être validée par la Banque centrale européenne en début d'année prochaine.

«C'est frustrant de voir que des grands groupes industriels commencent à tricher pour vendre plus.» De retour de Suisse, le président du comité de direction, Guy Hoffmann, découvre les détails de l'enquête des autorités suisses de la concurrence contre sept banques (UBS, Julius Baer, Deutsche Bank, HSBC, Barclays, Morgan Stanley et Mitsui), suspectées de manipuler le cours des métaux précieux. 

«Je me sens conforté: le modèle coopératif a du bon», raconte-t-il. «Notre philosophie a peut-être l'air modeste, pas assez audacieuse. Mais nous avons un codex de valeurs. Nos bénéfices restent dans le groupe.» 

Et les résultats lui donnent encore raison. Au premier semestre, Raiffeisen a encore enregistré une progression des dépôts de la clientèle (+6,7%), des avoirs sous gestion (+6,2%) et des prêts et crédits (+1,8%). 

«Compte tenu du contexte national, se maintenir et consolider à ce niveau sans augmenter le profil risque de la banque, c'est mission accomplie», dit-il sans triomphalisme. 

Prudence avec la Grande Région 

«Nous pourrions aller au-delà de nos frontières, dans la Grande Région. Mais il y a assez de pain sur la planche au Luxembourg. Pour nous, le potentiel de développement est plus fort ici, dans ce marché fragmenté de quatre ou cinq banques, dans lequel la BCEE est omniprésente avec 55% des parts.» 

Pas question de modifier considérablement la stratégie mais la Raiffeisen compte s'adresser davantage aux francophones et anglophones. Le programme de fidélisation Opera, qui a séduit 20.000 clients en un an, est un signe que récompenser la fidélité est bien accueilli. 

La banque poursuivra son développement sur deux axes: l'accueil des clients sera renforcé là où le volume des opérations l'exige. Moins de présence à Kehlen et davantage au Kirchberg, où va ouvrir une agence avant la fin de l'année et, peut-être, une autre en 2016 à Esch-Belval, «quartier qui a su trouver son rythme de croisière», précise M. Hoffmann. 

Première banque sur Facebook, elle attend la sortie de la deuxième version de son application et, surtout, la fin du déploiement de son architecture pour la banque en ligne, normalement avant l'été prochain. «Deux canaux de distribution en parallèle, c'est beaucoup d'énergie. On ne peut pas prendre de risque énorme et on suit les tendances, on regarde ce qui pourrait nous intéresser et pourquoi», explique-t-il. 

Post au CA l'an prochain 

Officialisée par le ministre de l'Economie en juillet, l'entrée dans le capital, de l'Etat, par l'intermédiaire de Post, a été formalisée: l'opérateur historique devrait prendre une participation «symbolique» de 10% pour 27 millions d'euros et arriver au conseil d'administration, dès que la Banque centrale européenne aura donné son feu vert à cette modification de capital. 

«Les profils des clients de Post et les nôtres sont similaires. Deux acteurs forts, dans les télécoms et dans le domaine bancaire, ont un rôle à jouer ensemble. Post était aux limites de son modèle pour le compte chèque postal et les règlements et autres investissements rendaient difficiles de nouveaux développements», explique M. Hoffmann. 

De ce «partenariat» qui lui «tient à coeur» devraient naître des produits bancaires à offrir à d'autres clients, prêts à rejoindre plus de 110.000 clients de Raiffeisen. (T. L.)


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