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Pourquoi Join intéresse Strasser et Post
Économie 6 min. 22.11.2018 Cet article est archivé

Pourquoi Join intéresse Strasser et Post

La plate-forme de Join à plus de 25 millions d'euros a été adaptée et reprise par Post depuis un mois. Un atout, affirme le directeur général de Post

Pourquoi Join intéresse Strasser et Post

La plate-forme de Join à plus de 25 millions d'euros a été adaptée et reprise par Post depuis un mois. Un atout, affirme le directeur général de Post
Guy Wolff
Économie 6 min. 22.11.2018 Cet article est archivé

Pourquoi Join intéresse Strasser et Post

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Le directeur général de Post avait promis d'expliquer mercredi soir pourquoi Join intéresse l'opérateur historique. Claude Strasser a tenu parole, démentant que 100 millions d'euros soient perdus.

La conversation commence par un démenti. Formel. Post n'a pas perdu 100 millions d'euros dans l'aventure Join. 

«Join ne se résume pas à un chiffre basé sur les comptes annuels. Il y a bien d'autres dimensions et niveaux sur lesquels il faut le voir», explique le directeur général de Post mercredi soir au téléphone. 

 «Join est un MVNO», un mobile virtual network operator, «et n'a pas son propre réseau. C'est-à-dire, il est un client de Post et a généré 20 millions d'euros de chiffre d'affaires chez Post. C'est une recette pour Post Luxembourg, qui détient le réseau par Post Technologie. Ces 20 millions, dans tous les comptes que j'ai regardés aujourd'hui, je ne les vois pas. Par contre, ils sont bien inclus dans les comptes consolidés.» 

Une plate-forme moderne à plus de 25 millions d'euros 

Ensuite, poursuit Claude Strasser, «si les experts disent aujourd'hui qu'en 2013 on savait vers quoi le roaming allait évoluer, nous étions dans une grosse incertitude sur le sujet à ce moment-là. Notre idée, au début 2014, était d'installer sur le marché luxembourgeois une deuxième marque pour le groupe et un quatrième opérateur. Si Post est toujours au-delà de 50 % du marché luxembourgeois aujourd'hui, c'est probablement lié. Mais le marché serait différent. Si nous, en tant que premier opérateur, on réagit tout de suite à toute évolution de prix et le roaming était une source d'incertitude, on obtient un boom pour mieux gérer le marché. Demandez donc à Tango et Orange comment ils ont apprécié l'annonce de l'arrivée de cet opérateur... Je maintiens que ce n'était pas un investissement stupide.»


Wirtschaft, Join, Place Guillaume 2, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Join coûte cher à Post
L'aventure Join (du nom de l'opérateur télécom alternatif), qui se terminera en Belgique cette année, a-t-elle coûté 100 millions d'euros à Post? «No comment», dit son directeur général, Claude Strasser.

«Mais l'élément le plus important pour moi est la vraie valeur des infrastructures informatiques de Join», assure M. Strasser. 

L'opérateur alternatif a investi de 25 à 30 millions d'euros dans une plate-forme unique, qui offre à la fois de la puissance et de l'agilité pour faire face à des besoins de clients de plus en plus importants. «Par exemple, quand vous avez un abonnement à 20 gigas d'Internet mais que vous prenez une option pour un giga supplémentaire aux Etats-Unis, derrière, il y a une gestion très compliquée d'un point de vue technologique», explique le directeur général de Post. 

La plate-forme de Join a été «copiée» et adaptée pour l'opérateur historique qui a justement commencé à l'utiliser le mois dernier. «Gérer ces questions de communication, de data, de SMS, d'appels en temps réel, pour des centaines de milliers de clients devient beaucoup plus efficace. C'est un levier pour nous! L'effet à terme, je ne peux pas vous le dire aujourd'hui, mais on est très satisfait.» 

Les clients belges «vendus» à Telenet 

Le 27 janvier 2014, lors de la conférence de presse de lancement des offres de Join, dans la cave du magasin de la place Guillaume II, les trois fondateurs espéraient attirer 50.000 clients à court terme, et 200.000 sur quatre ans dans une zone de dix millions d'habitants; ils disaient le projet est dimensionné pour 50 millions de clients depuis le Luxembourg. 

Quatre ans plus tard, Join comptait 25.000 clients au Luxembourg et 20.000 en Belgique. 

Comptait parce que la société belge sera abandonnée en fin d'année. «En Belgique, Join utilisait le réseau de Telenet. C'est à eux que nous avons vendu notre base de clients. Ce n'est pas un succès commercial mais cela a de la valeur. Lors de nos discussions avec Didier Rouma, le nouveau directeur général de Join depuis février, nous avons évalué les risques et il ne nous paraissait pas très malin d'aller livrer bataille sur un marché belge aussi concurrentiel qu'instable.» 

Le directeur général de l'établissement public, détenu à 100 % par l'Etat, écarte toute idée de faillite et le porte-parole de Schneider toute intervention du ministre ou du ministère. «Nous sommes l'actionnaire unique et l'insolvabilité n'est vraiment pas d'actualité», dit M. Strasser. «Aujourd'hui, on ne peut pas faire le bilan. Dans cinq ou dix ans, on pourra faire le point. C'est curieux de sortir ces infos au moment où on a repris le contrôle de la société. Les choses vont dans le bon sens avec une rapidité de décision et des efforts de restructuration remarquables». 

Jusqu'à effacer des pertes de 58 millions d'euros? C'est une question. Les prochains bilans financiers en donneront une première idée.

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