Changer d'édition

Plaidoyer pour une meilleure «transition vers l’électromobilité»
Économie 5 min. 21.09.2022
ACL et Chambre des métiers

Plaidoyer pour une meilleure «transition vers l’électromobilité»

L’installation de bornes «SuperChargy» devrait être plus massive selon l'ACL et la Chambre des métiers.
ACL et Chambre des métiers

Plaidoyer pour une meilleure «transition vers l’électromobilité»

L’installation de bornes «SuperChargy» devrait être plus massive selon l'ACL et la Chambre des métiers.
Photo: Chris Karaba
Économie 5 min. 21.09.2022
ACL et Chambre des métiers

Plaidoyer pour une meilleure «transition vers l’électromobilité»

Megane KAMBALA
Megane KAMBALA
Question de premier ordre au Luxembourg, l'électromobilité est plus que jamais d'actualité avec les prix de l’énergie. Premier employeur du pays, l’artisanat livre ses recommandations et ses doléances au gouvernement.

Positionnant l’artisanat comme un «acteur important du déploiement des infrastructures permettant la transition vers l’électromobilité», c’est tout naturellement que la Chambre des métiers (CDM) et l’Automobile Club Luxembourg (ACL) ont mené l’enquête auprès des artisans au premier trimestre 2022.


(de g. à dr.) Claude Turmes, ministre de l’Energie ; François Bausch, Vice-Premier ministre, ministre de la Mobilité et des Travaux publics
Le Luxembourg mise sur l’hydrogène
Les ministres Claude Turmes et François Bausch ont annoncé ce mercredi l’installation de la première station hydrogène du pays. L’occasion de revenir sur la stratégie nationale en matière de décarbonisation.

Au total, 1.300 entreprises du secteur, sur les 8.000 en activité, employant environ 100.000 personnes ont répondu à un ensemble de questions ayant pour visée d’établir une stratégie de mobilité électrique. Une écoute du terrain nécessaire selon les parties prenantes du dossier.

Et pour cause, si l’on se réfère au Plan national intégré en matière d’énergie et de climat établi pour 2021-2030 (PNEC), lequel est l’instrument principal pour la mise en œuvre des objectifs pour la sauvegarde du climat. Parmi eux, le souhait d’arriver à 49% de voitures électriques en 2030.

C’est là que le bât blesse, puisque malgré les deux rôles d’acteur et d’utilisateur que joue le secteur artisanal dans ce processus (concessionnaires automobiles et électriciens), la route vers ce futur semble parsemée d’embûches… D’autant plus lorsqu’on notifie que seules 37% des entreprises interrogées comptent investir dans l’électromobilité dans un futur proche.

Tout miser sur l’électrique, un pari risqué

Au vu des résultats de l’étude, la CDM et l’ACL plaident pour une politique technologiquement neutre. Autrement dit, les deux acteurs considèrent que pénaliser à terme ceux qui ne monteraient pas assez vite dans le train de l’électrique serait une mauvaise idée.

D’où leur volonté de fustiger quelque peu le Plan national de mobilité qui prévoit à terme de faire reculer l’usage des véhicules dans les villes au profit de la mobilité douce et des transports en commun. Pour eux, il faudrait prendre en considération les contraintes des travailleurs, «puisque les déplacements individuels restent nécessaires pour de nombreux artisans».

Ils préconisent plutôt au gouvernement de rester ouvert à des technologies alternatives, à l’instar de l’hydrogène présenté la semaine dernière par les ministres déi gréng François Bausch et Claude Turmes. Sans oublier les autres biocarburants. L’ensemble constituerait une «solution de transition immédiate vers l’électromobilité». D’ailleurs, l’enquête démontre que 50% des entreprises sollicitées considèrent ces solutions comme «plus avantageuses».

Selon eux, chaque secteur d’activité a des «besoins et des contraintes» qui lui sont propres et chaque entreprise devra à l’avenir analyser sa situation et opter pour la solution qui lui est la plus adaptée. «Une réduction des accises sur les biocarburants» serait d'ailleurs la bienvenue pour une meilleure transition, surtout «compte tenu de la flambée des tarifs du kWh» qui peut laisser songeur sur le «prix final d'un plein lorsque les accises du pétrole seront répercutées sur l'électricité».

Optimiser le régime d’aide(s)

Qui dit effort collectif pour un monde meilleur et plus respirable rime avec aides. Là encore, la CDM et l’ACL pointent que les montants prévus par la loi du 26 juillet 2022 pour l’investissement dans l’infrastructure de charge pour véhicules électriques sont «insuffisants».

Quant au régime d’aides «Clever fueren», ils défendent l’idée qu’il devrait être «maintenu au-delà du 31 mars 2024», puisqu’une «bonne partie des entreprises, notamment celles d’une certaine envergure, sont prêtes à investir, mais les coûts de l’investissement restent l’obstacle N°1».

Enfin, ils plaident pour la mise en place d’un «volet conseil et accompagnement des PME» pour le développement des infrastructures de demain. En attendant, la CDM déclare attendre «le projet de loi du nouveau régime d’aides en faveur de l’acquisition de véhicules propres» annoncé lors de l’accord tripartite du 31 mars 2022 au vu d'une offre pas encore assez étoffée de véhicules optimisés pour les carburants de demain, notamment pour les camions et camionnettes.

Gageons tout de même que l’annonce faite par le ministre François Bausch de subsides à hauteur de 8.000 euros pour l’achat d’un véhicule carburant à l’hydrogène reste une bonne nouvelle.

Améliorer coûte que coûte les infrastructures

Tout ceci mis en perspective, l’analyse faite par la CDM et l’ACL a le mérite de remettre sur la table deux des principales bêtes noires du pays, à savoir la question de l’infrastructure et celle subséquente de l’aménagement du territoire.

Il est d'ailleurs de notoriété publique que le nombre de travailleurs frontaliers toujours plus nombreux vient gonfler le volume d’automobiles sur les routes, ce qui met de plus en plus à mal un trafic loin d'être optimal, les autoroutes n’ayant à la base pas été pensées pour accueillir autant de monde… Pas plus qu’un grand parc de bornes électriques!

Pourtant, il serait urgent selon les deux acteurs de fournir plus d’informations sur l’état actuel du parc de bornes électriques (au-delà de leur nombre, lesquelles sont en état de fonctionnement par exemple), d'augmenter plus encore le nombre de bornes disponibles sur le territoire, et de se pencher sur les pertes de temps conséquentes pour les entreprises qui incluent les bouchons, mais aussi les temps de rechargement nécessaire des véhicules selon les distances à parcourir pour rester compétitifs…

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet