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Pierre Moscovici à l'Ecofin: Le «money time» pour la Grèce
Pierre Moscovici rencontré ce vendredi au nouveau centre de conférences où les réunions européennes se tiennent.

Pierre Moscovici à l'Ecofin: Le «money time» pour la Grèce

Pierre Matgé
Pierre Moscovici rencontré ce vendredi au nouveau centre de conférences où les réunions européennes se tiennent.
Économie 2 min. 19.06.2015

Pierre Moscovici à l'Ecofin: Le «money time» pour la Grèce

En marge de l'Ecofin ce vendredi à Luxembourg, le Commissaire aux affaires économiques et financières se dit préoccupé par le cas grec et fait monter la pression avant une réunion décisive à Bruxelles lundi.

Ce vendredi à Luxembourg, le remboursement de la dette grecque n'est pas à l'ordre du jour de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne, mais le sujet est sur toutes les lèvres. Les négociations d'hier soir entre le gouvernement hellénique et ses créanciers, réunis dans le cadre de l'Eurogroupe, se sont soldées par un échec et la perspective d'une nouvelle réunion, extraordinaire, est prévue lundi.

Les chefs d'État et de gouvernement des États membres de la zone euro se réuniront alors exceptionnellement à Bruxelles... trois jours avant d'y retourner pour un conseil européen prévu de longue date. Preuve que l'issue est brûlante. La Grèce doit rembourser 1,6 milliard d'euros à ses créanciers (des institutions internationales) avant le 30 juin.

Pas la dernière chance, mais presque

Rencontré lors d'un entretien exclusif avec le Luxemburger Wort (à paraître dans l'édition de samedi), le Commissaire européen aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a confirmé que l'heure était grave. Il a refusé de parler de discussions de la dernière chance et a préféré le terme, emprunté au monde du basket américain (après avoir cité Bob Dylan mercredi lors de la présentation de son paquet fiscal) de «money time». 

La réussite de l'euro suppose intégrité et irréversibilité (Pierre Moscovici)

«Ce sont des discussions décisives. Aujourd'hui la situation est tendue compte tenu du fait que nous ne sommes pas parvenus à un accord en l'absence de propositions grecques au niveau des trois sujets posés sur la table», indique le Commissaire français. Les négociations sur la cible budgétaire, la réforme des retraites et la hausse de la TVA, bloquent et l'exécutif européen, le FMI (Fonds monétaire international) ainsi que la BCE (Banque centrale européenne) attendent des contre-propositions avant d'accorder une nouvelle tranche de crédit. Mais celles-ci tardent. 

La balle dans le camp grec

«Le temps manque» rappelle Pierre Moscovici et «la balle est dans le camp des autorités grecques si nous voulons éviter d'arriver dans une situation que la Commission considérerait comme catastrophique.» 

A contrario de certains gouvernements européens qui tablent sur une possible sortie de la Grèce de la zone euro, la Commission européenne – garante des intérêts de l'Union et de facto de sa monnaie unique – continue de croire en un dénouement garantissant la paix – temporairement au moins – dans le ménage européen. 

«La réussite de l'euro suppose intégrité et irréversibilité (et donc le statu quo à 19, ndlr). C'est la raison pour laquelle nous sommes attachés à ce que la Grèce reste dans la zone euro. Mais une Grèce réformée», a conclu l'ancien ministre français (et socialiste) des Finances. 

Situation critique

La situation économique s'avère critique en Grèce d'où les capitaux fuient, selon plusieurs sources. Les agents économiques, et notamment les entreprises, sortent des liquidités du pays avant que les capitaux soient mis sous séquestre dans le cadre, éventuellement, d'une sortie de la zone euro. 

Pierre Sorlut


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