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Pierre Gramegna échoue à présider l'Eurogroupe
Économie 3 min. 09.07.2020

Pierre Gramegna échoue à présider l'Eurogroupe

Battu dans la course à la présidence de l'Eurogroupe, Pierre Gramegna pourrait se tourner désormais vers l'OCDE.

Pierre Gramegna échoue à présider l'Eurogroupe

Battu dans la course à la présidence de l'Eurogroupe, Pierre Gramegna pourrait se tourner désormais vers l'OCDE.
Photo: Chris Karaba
Économie 3 min. 09.07.2020

Pierre Gramegna échoue à présider l'Eurogroupe

Deux ans et demi après avoir été battu par le Portugais Mario Centeno, le ministre luxembourgeois des Finances a de nouveau été recalé lors de la course à la présidence. C'est l'Irlandais Paschal Donohoe qui sera chargé de mener la barque de la zone euro en pleine tempête économique.

(DH avec AFP) - Malgré ses qualités reconnues de fin diplomate et son expérience de l'Eurogroupe qu'il fréquente depuis 2013, Pierre Gramegna (62 ans) n'en sera pas le président. Déjà battu en 2017 par Mario Centeno, il a été devancé ce jeudi par l'Espagnole Nadia Calvino et par l'Irlandais Paschal Donohoe qui est élu à l'issue d'un deuxième tour de scrutin. 

A la suite de ce deuxième échec, et comme l'indique le Land, dans sa dernière publication, Pierre Gramegna pourrait désormais se laisser tenter par la place de secrétaire général de l'OCDE. Le poste, sera libéré dans dix mois. Le fait qu'il soit basé à Paris a aussi de quoi séduire le francophile qu'il est. Le processus des déclarations de candidature s'ouvrira au mois d'août. Toujours selon le Land, Alain Kinsch (DP), managing partner d'EY, serait susceptible de le remplacer au ministère des Finances.


Quatre choses à savoir sur l'élection à l'Eurogroupe
Alors que Nadia Calvino, la ministre espagnole de l'Economie, est présentée comme la favorite de l'élection à la présidence de l'organe qui réunit les ministres des pays de la zone euro, Pierre Gramegna ne part pas battu d'avance. Le ministre luxembourgeois possède à la fois entregent et expérience.

C'est donc l'Irlandais de centre-droit Paschal Donohoe qui a eu les faveurs des votes des ministres des Finances aux dépens de Nadia Calvino, pourtant donnée favorite car soutenue par la chancelière allemande Angela Merkel, ainsi que par le Français Bruno Le Maire. Ce sont pourtant ses détracteurs qui l'ont emporté, jugeant l'Espagnole inadaptée à un poste qui nécessite de forger des compromis entre les grands argentiers du Nord, adeptes de la discipline budgétaire, et ceux du Sud, à la réputation plus laxiste. La question de sa nationalité était d'autant plus importante que les Européens sont en pleine négociation sur un plan massif de relance de l'économie de l'Union.

Paschal Donohoe a pu se targuer du «soutien total» du PPE, le parti qui réunit la droite au niveau européen. L'Irlandais de 45 ans est aussi considéré comme un gestionnaire prudent, qui a ramené son pays dans le droit chemin budgétaire après une sévère récession.

Elu pour deux ans et demi, le chef de l'Eurogroupe fait désormais partie de ceux dont la voix compte à Bruxelles, aux côtés des présidents des trois grandes institutions de l'UE: Ursula von der Leyen (Commission), Charles Michel (Conseil), David Sassoli (Parlement), et du chef de la diplomatie Josep Borrell.

Ces dernières années, la mission du président de l'Eurogroupe s'est révélée essentielle lors de la crise de la dette grecque. Elle l'est tout autant au moment où les Européens tentent de relancer en commun des économies ébranlées par la pandémie de coronavirus. En effet, selon Bruxelles, le PIB des 19 pays ayant adopté la monnaie unique pourrait chuter de 8,7% en 2020. L'élu prendra ses fonctions le 13 juillet.

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