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Paul Wurth change de mains, ses salariés aussi
Économie 2 min. 30.03.2021

Paul Wurth change de mains, ses salariés aussi

Depuis fin 2012, SMS était l'actionnaire majoritaire du groupe Paul Wurth. Il en est maintenant le seul.

Paul Wurth change de mains, ses salariés aussi

Depuis fin 2012, SMS était l'actionnaire majoritaire du groupe Paul Wurth. Il en est maintenant le seul.
Photo : Anouk Antony
Économie 2 min. 30.03.2021

Paul Wurth change de mains, ses salariés aussi

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Avec le changement d'actionnaire, le demi-millier d'employés du groupe sidérurgique luxembourgeois ont-ils du souci à se faire? Les syndicats craignent que oui et demandent un rendez-vous avec le ministre de l'Economie.

Deux mois maintenant que l'information est devenue publique : l'Etat luxembourgeois a choisi de céder ses parts (40,8%) et donc de ne plus s'immiscer dans le fonctionnement du groupe Paul Wurth. De quoi faire de l'industriel allemand SMS l'unique actionnaire de ce symbole de la sidérurgie luxembourgeoise ancré dans le paysage national depuis plus de 150 ans. Mais quel sort sera réservé aux employés, pour l'heure la question reste en suspens.


250 Personen arbeiten bei Liberty Steel in Düdelingen - der Kauf wurde seinerzeit durch die Bank Greensill finanziert.
L'Etat au chevet de l'usine Liberty Steel
Le gouvernement s'engage à assurer au site sidérurgique de Dudelange les garanties financières publiques nécessaires à sa survie. Une main tendue que le groupe saisira peut-être alors que son principal créancier vient de déposer le bilan.

Et plus les semaines passent, plus l'OGBL s'impatiente. Le syndicat, à l'annonce de ce changement d'actionnariat, avait déjà fait part de ses craintes et demandé à rencontrer le ministre de l'Economie à ce sujet. Mais Franz Fayot (LSAP) ne souhaite visiblement pas en dire plus sur les motivations du gouvernement qui a ainsi cédé ses parts et laissé voguer la société loin de sa surveillance. Tout juste le ministère a-t-il lâché, voilà quelque temps, que «l’État n’a jamais eu la vocation de s’inscrire sur le long terme au sein de l’actionnariat de l’entreprise». Comme c'est pourtant le cas depuis 2008, au lendemain de la crise financière.

Depuis la fin de la semaine dernière, il semble que cet «héritage» ait officiellement changé de mains. C'est en tout cas ce qu'indique une récente note interne de la direction générale de Paul Wurth Luxembourg. Et pour l'heure, SMS assure toujours vouloir faire de son attache luxembourgeoise un centre d'excellence et d'innovation en matière d'hydrogène et de métallurgie. N'empêche que pour l'OGBL, l'Etat doit s'expliquer sur cette opération.

Nouvelles demandes d'entrevue

L'idée n'est pas tant d'en connaître le montant (quoique), mais surtout les modalités d'accord. Et, comme le LCGB, le syndicat veut entre Franz Fayot ou son collègue du ministère des Finances Pierre Gramegna (DP) déclarer ce qu'il a éventuellement été convenu dans la transaction. Une des préoccupations étant le sort réservé aux personnels à l'issue de la période de validité du plan de maintien dans l’emploi, en 2023. SMS va-t-il alors supprimer des postes, délocaliser certains départements ou, au contraire, le gouvernement Bettel a-t-il reçu des assurances positives sur ces points?

Le syndicat dirigé par Nora Back a donc, mardi, redemandé une entrevue avec les représentants de l'Economie et des Finances. Tout comme une invitation à dialoguer a été envoyée à la direction générale de Paul Wurth. Direction toujours confiée à Georges Rassel, comme depuis 2015. 

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Wi , ArcelorMittal , Belval , Neujahrsempfang , Roland Bastian , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort