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«On vit dans un monde totalement inefficient»
Économie 1 3 min. 15.11.2019

«On vit dans un monde totalement inefficient»

L'aventurier Bertrand Piccard a présenté son projet «#1.000 solutions pour protéger l’environnement de manière rentable» cette semaine à Luxembourg

«On vit dans un monde totalement inefficient»

L'aventurier Bertrand Piccard a présenté son projet «#1.000 solutions pour protéger l’environnement de manière rentable» cette semaine à Luxembourg
Photo: Guy Jallay
Économie 1 3 min. 15.11.2019

«On vit dans un monde totalement inefficient»

L'aventurier suisse Bertrand Piccard, chantre du développement durable, épingle les grands gestionnaires à travers son projet «#1.000 solutions pour protéger l’environnement de manière rentable», présenté cette semaine à Luxembourg.

(JFC, avec mbb) -  Avec «#1.000 solutions pour protéger l’environnement de manière rentable», Bertrand Piccard veut mettre en avant la rentabilité des mesures protégeant l'environnement. De passage à Luxembourg pour une conférence organisée par BGL BNP Paribas sur le thème du développement durable, l'aventurier a présenté cette semaine le dernier projet de sa fondation, Solar Impulse.

Piccard s'est rendu célèbre pour avoir fait le tour du monde plusieurs fois; d'abord en ballon sans faire d'escales dans les années 1990, ensuite en 2016 dans un avion solaire - le Solar Impulse, qu'il a développé avec son partenaire André Borschberg - capable de voler perpétuellement sans carburant.

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Le Suisse dresse le constat que «depuis 50 ans, on nous fait croire que la protection de l'environnement coûte cher, qu'elle requiert de nombreux sacrifices, qu'elle nous oblige à revoir notre confort, notre croissance, nos modes de consommation.» Et en sa qualité de psychiatre, Piccard en conclut donc que «si la lutte contre le changement climatique n'avance qu'à très petits pas, c'est principalement dû à la manière de voir la protection de l'environnement, qui est loin d'être motivante. Car personne n'a envie de renoncer à son confort...»

Bertrand Piccard s'inscrit en faux contre cette analyse globale des consciences. Pour lui, il n'y a nul besoin de revoir son niveau de confort à la baisse. «La vérité est qu'actuellement, nous utilisons encore des moteurs à combustion avec un rendement inférieur à 50%, nos maisons sont mal isolées, nos processus industriels archaïques, nos systèmes de chauffage et de climatisation totalement inefficaces», stigmatise-t-il.  


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C'est ainsi que pour l'aventurier suisse, le maître-mot de la lutte contre le changement climatique est efficience. «Le problème auquel nous faisons face est l'inefficience des systèmes technologiques mis en place. 50% de l'énergie produite aujourd'hui est perdue, tout comme la moitié des ressources naturelles extraites. On vit dans un monde totalement inefficient.»

Avec son projet «#1.000 solutions pour protéger l’environnement de manière rentable», Piccard entend démontrer que la protection de l'environnement est «financièrement rentable et ne nécessite pas de sacrifices». 

275 projets

Sa fondation sélectionne des idées protégeant l'environnement, vérifie qu'elles fonctionnent, sont financièrement rentables, contribuent à la création d'emplois tout en protégeant l'environnement, et leur décerne finalement le «Solar Impulse Efficient Solution Label».

D'après les informations publiées sur le site internet de la fondation Solar Impulse, 275 projets ont déjà été bénéficiaires de ce label. L'objectif est de prouver aux décideurs politiques – «qui fixent des grands objectifs sans savoir comment les atteindre!» – que des solutions existent et qu'elles sont à leur disposition.

Les énergies fossiles sont des actifs pourris

«Les idées ne manquent pas», souligne Piccard, «mais elles sont portées par des start-up qui n'arrivent pas à percer sur le marché ou bien détenues par des grandes entreprises qui n'en feront jamais usage.» Pourquoi? «Dans notre monde, il est légalement autorisé de polluer!», s'insurge l'expert en développement durable.

«Le plus grand frein à la lutte contre le changement climatique, ce sont les 30 principaux gestionnaires financiers du monde», cite-t-il un grand patron. En cause: leur obligation fiduciaire d'investir dans ce qui est le plus profitable à court terme. «C'est une erreur de viser la rentabilité immédiate en investissant dans des énergies fossiles», analyse Bertrand Piccard. «A long terme, les énergies renouvelables sont bien plus rentables. Les énergies fossiles sont des actifs pourris», conclut l'aventurier.


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