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Ofo: Vélo partagé: un géant mondial prêt pour le Luxembourg
Économie 4 min. 25.09.2017

Ofo: Vélo partagé: un géant mondial prêt pour le Luxembourg

120 ans après que la Chine a importé ses premiers vélos, ses start-up de «vélo partagé» sont parties à la conquête du monde.

Ofo: Vélo partagé: un géant mondial prêt pour le Luxembourg

120 ans après que la Chine a importé ses premiers vélos, ses start-up de «vélo partagé» sont parties à la conquête du monde.
Ofo
Économie 4 min. 25.09.2017

Ofo: Vélo partagé: un géant mondial prêt pour le Luxembourg

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Lancé dans une course folle avec son concurrent, Ofo, le numéro un mondial du vélo partagé, devrait installer une première cinquantaine de vélos au Luxembourg sous peu.

Par Thierry Labro

Lancé dans une course folle avec son concurrent, Ofo, le numéro un mondial du vélo partagé, devrait installer une première cinquantaine de vélos au Luxembourg sous peu. C'est la première fois qu'une start-up chinoise se lance au Luxembourg. 

Un milliard de «courses» en 2016, 50 millions d'utilisateurs dont dix millions d'utilisateurs quotidiens, 700 millions de dollars de fonds levés en juillet, 65 % de parts de marché: les statistiques du géant mondial du vélo partagé affolent les compteurs. 

Trois ans après sa création sur un campus universitaire chinois, Ofo a surtout suscité des vocations. Son concurrent, chinois lui aussi, Mobike, lui conteste son rang. Derrière les deux sociétés se cachent les milliardaires chinois des technologies, Jack Ma et Alibaba d'un côté, Ma Huateng et Tencent de l'autre. Chacun des deux a juré qu'il mettrait l'autre par terre et pour cela, ils lèvent et investissent des dizaines de millions de dollars dans le développement de réseaux de vélos à louer pour une heure ou deux dans toutes les villes du monde et pour une somme dérisoire. 

Au Kirchberg et à Belval 

Le manager qu'Ofo a recruté pour Luxembourg, Tobias Fischer, joint pourtant les mains devant lui pour qu'on n'écrive pas que les célèbres vélos jaunes vont «envahir le Luxembourg». 

Les négociations avec le ministre des Transports ne portent que sur une cinquantaine de vélos, dans un premier temps, au Kirchberg et à Belval, probablement. «A Belval, cela nous permettrait de nous rapprocher de la communauté scientifique, de participer à des études sur la mobilité auxquelles nous aimerions nous associer», avoue M. Fischer. 

Pas de station mais une appli

La particularité d'Ofo par rapport aux systèmes qui existent au Luxembourg réside dans l'absence de «stations» pour débloquer un vélo et dans l'utilisation d'une application sur son smartphone pour gérer tout le reste de la transaction, du déblocage du vélo par un QR code au paiement ou à la localisation du vélo disponible le plus proche. Cette absence réduit les investissements nécessaires et les coûts de 30 à 40 % par rapport aux opérateurs connus en Europe. 

En théorie, cela a deux avantages. 

  1. D'abord, trouver un vélo plus près de soi, dans un endroit où il puisse légalement être garé sans déranger. Cela n'inquiète pas Decaux, qui exploite le réseau Vel'oh! à Luxembourg-ville et qui jure qu'avec ses 700 vélos répartis sur 77 stations à deux cents mètres l'une de l'autre, qui attend le renouvellement de sa concession contre six candidats qui devront avoir proposé un réseau avec au minimum 30 % de vélos électriques. 

  2. Ensuite, la technologie embarquée dans le téléphone supprime le passage par une borne. Le QR code est sur chaque vélo, Ofo a fluidifié l'utilisation en supprimant les quatre chiffres qu'il fallait rentrer dans la version originale. Le vélo est en permanence géolocalisé ce qui permet de savoir où il est... et où les utilisateurs peu scrupuleux l'abandonnent. 

Cela a été un des principaux problèmes rencontrés par Ofo en Chine. Une solution est testée actuellement sur les trois cents vélos installés en Autriche, où des points de fidélité récompensent les utilisateurs qui remettent le vélo dans un endroit conforme à la règle. 

Autour d'un euro par heure pour deux modèles 

Le groupe chinois, critiqué pour n'avoir que deux modèles, a désormais douze modèles différents. Il en a choisi deux pour commencer au Luxembourg.
Le groupe chinois, critiqué pour n'avoir que deux modèles, a désormais douze modèles différents. Il en a choisi deux pour commencer au Luxembourg.
Ofo

Rendre le vélo simple comme un jeu d'enfant sera important, surtout au Luxembourg, parce qu'il sera difficile d'être moins cher que Vel'oh! A un euro par heure après 30 minutes et un abonnement annuel de 15 euros ou un abonnement hebdomadaire à un euro pour les «Luxembourgeois», les Chinois n'auront pas beaucoup de marge de manœuvre et pas de stations qu'ils pourraient utiliser comme des panneaux publicitaires. 

«Le tarif sera très abordable», répond le manager luxembourgeois. «Autour d'un euro par heure. Mais nous voulons que notre marque soit adoptée alors le prix doit être envisagé sérieusement. 

C'est gratuit pour la Chine

En Chine, la concurrence est telle que tout est gratuit!» Interrogé sur le business model de ce service qui ne rapporterait pas d'argent des utilisateurs, M. Fischer évoque lui aussi la publicité... mais dans l'application. Avec des coûts moindres aux réseaux qui ont des stations.  

Régulièrement critiquée en Chine pour n'offrir que deux types de vélos, Ofo a un catalogue de douze sortes de vélos dans lequel elle a choisi le Ofo 2.0 et le Ofo 3.0 pour le marché luxembourgeois. Mais là encore, la start-up valorisée à deux milliards de dollars avance à tâtons, prête à s'adapter à l'accueil des clients. Avec 49 vélos à louer pour 1.000 habitants, le Luxembourg est encore loin de Paris (105).


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