Changer d'édition

Nouvelle tentative pour réduire les prix à la caisse
Économie 2 min. 21.08.2019

Nouvelle tentative pour réduire les prix à la caisse

Pour tenter de faire baisser les prix et augmenter les marges, les commerces de détail luxembourgeois souhaitent que la Commission se penche sur les «restrictions territoriales de l'offre».

Nouvelle tentative pour réduire les prix à la caisse

Pour tenter de faire baisser les prix et augmenter les marges, les commerces de détail luxembourgeois souhaitent que la Commission se penche sur les «restrictions territoriales de l'offre».
Photo: Sebastian Persuric
Économie 2 min. 21.08.2019

Nouvelle tentative pour réduire les prix à la caisse

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Le Luxembourg, associé à la Belgique et aux Pays-Bas, a demandé mardi à la Commission de vérifier l'efficacité de la législation autorisant les fournisseurs à vendre certains produits plus cher d'un pays à l'autre. Objectif: faire baisser la facture finale des consommateurs.

Véritable serpent de mer, la question de l'approvisionnement en biens de consommation des entreprises luxembourgeoises pourrait rebondir prochainement. C'est du moins l'ambition de la démarche commune entamée par la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas qui ont sollicité, une nouvelle fois, la Commission européenne sur ce dossier. Avec la volonté d'amener l'exécutif européen à modifier les règles sur le commerce au sein du marché unique.

Baptisée «restrictions territoriales de l'offre», cette législation encadre les rapports entre fournisseurs et commerces de détail. Des règles considérées par les pays du Benelux comme «préjudiciables» aussi bien pour les consommateurs que les commerçants, ces dernières étant vues comme «empêchant les commerces de détail de s'approvisionner librement, notamment dans les pays de leur choix». En l'occurrence, «l'obligation faite (...) de s’approvisionner auprès de filiales ou de plateformes déterminées». 

En juin 2018, un rapport de l’Observatoire de la formation des prix indiquait que les restrictions territoriales avaient «des conséquences négatives» aussi bien sur les prix pratiqués, les marges réalisées ou les gammes de produits et de services proposés, mais aussi sur les délais de livraison, les caractéristiques et la qualité des produits.

«Nous souhaitons mettre fin à une situation dans laquelle les commerçants se voient interdire de se fournir auprès d'un revendeur allemand ou italien sous prétexte, qu'au niveau global, la marque oblige à se tourner vers les revendeurs belges», détaille Nicolas Henckes. Le directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce ne manque pas de souligner que les prix proposés côté belge «sont supérieurs à ceux proposés au grand public à Trèves par exemple».

Impact sur «tous les acteurs du pays»

Soutenue par le gouvernement, les représentants des commerçants et l'Union des consommateurs, la démarche pourrait cependant ne pas aboutir dans un horizon immédiat. «Tout dépendra de la nomination du futur commissaire européen en charge du marché intérieur et de la volonté de ce dernier de s'emparer du sujet», reconnaît le représentant patronal qui se refuse à avancer tout pronostic sur les suites qui seront données à cette initiative. 

Seule certitude, la volonté des acteurs luxembourgeois à ne pas abandonner ce thème «qui impacte tous les acteurs du pays», quitte à «retenter notre chance dans cinq ans, lors de la mise en place de la nouvelle Commission». 

Pour mémoire, en avril 2018, l'exécutif européen avait assuré qu'il s’intéresserait «de plus près à ce problème» et avait lancé un appel à «éviter les restrictions territoriales de l’offre dans la mesure où ces pratiques limitent la concurrence dans le marché intérieur au détriment des consommateurs». Un appel resté lettre morte à ce jour.


Sur le même sujet

«Le commerce du centre-ville devra serrer les dents»
Alors que le centre commercial Cloche d'Or vient d'ouvrir ses portes ce mardi et que celui du Royal-Hamilius doit le faire d'ici la fin de l'année, la confédération luxembourgeoise du commerce (CLC) s'attend à «l'apparition de nouveaux équilibres» d'ici à 2021.
23.3.LuxVille / Grand Rue /  Foto:Guy Jallay