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«Notre principal concurrent c’est le cash»
Économie 3 min. 26.09.2019

«Notre principal concurrent c’est le cash»

«Notre principal concurrent c’est le cash»

Photo: Shutterstock
Économie 3 min. 26.09.2019

«Notre principal concurrent c’est le cash»

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
Mastercard compte gagner des parts de marché dans le paiement sans contact.

Peut-on imaginer un monde sans espèces? C’est pourtant le rêve de Mastercard, le géant américain de systèmes de paiements. Le groupe basé non loin de New York, à Purchase, – le mot signifiant «achat» en français, cela ne s'invente pas – en a même fait sa principale mission. Avec le slogan «A world beyond cash», un monde au-delà de la monnaie physique. 

Henri Dewaerheijd compte développer le paiement sans cash.
Henri Dewaerheijd compte développer le paiement sans cash.
Photo: Guy Jallay

«Hormis les autres acteurs sur le marché du paiement (dont le principal est Visa, ndlr), notre plus grand concurrent c’est le cash», insiste Henri Dewaerheijd, le country manager Belux du groupe américain. 

La transformation du cash vers les paiements digitaux reste donc notre plus grand potentiel de développement

«Dans la plupart des pays, les transactions se font encore en espèces et non par des moyens électroniques. La transformation du cash vers les paiements digitaux reste donc notre plus grand potentiel de développement».

Hausse de 191%

Selon lui, l’Europe est précurseur dans ce domaine: en République tchèque, en Géorgie et en Pologne déjà, les règlements sans contact – à savoir sans insertion de la carte dans un appareil de lecture – représentent respectivement 93%, 89% et 83% des transactions.

 Au Luxembourg, 100% des cartes bancaires en circulation, et 93% des terminaux de paiements électroniques sont déjà équipés des technologies de communication sans fil NFC (Near Field Communication), permettant l'échange d'informations jusqu'à une distance d'environ 10 cm. 

Cependant, seules 37% des transactions sont réglées via des cartes à puce, des solutions mobiles (Apple Pay) ou portables (Garmin Pay, Fitbit, Apple Watch). Loin derrière les pays de l'Est certes, mais avec une bonne longueur d'avance devant la Belgique, où seulement 10% des flux monétaires se font sans contact.  

Maturité luxembourgeoise

«Le Grand-Duché reste donc très bien positionné dans ce segment», se réjouit Henri Dewaerheijd. «Depuis la mise en service du dispositif en 2016, la pénétration de ce mode de paiement est excellente. Et pour 2019, nous prévoyons une hausse de 191% des transactions de ce type». 

Les achats sans cash sont majoritairement effectués dans les supermarchés (25% des règlements), dans les restaurants et les fast foods (24%) et dans les commerces de proximité (14%), loin devant les transports (3%). Le montant moyen dépasse les 25 euros, ce qui fait dire au country manager de Mastercard que «le pays est mature».

Une manne lucrative 

Aussi, le représentant Belux compte bien militer plus avant, en faveur d'un écosystème de paiements sans espèces. 

D'autant que le mode de règlement sans contact reste une manne lucrative. Avant tout pour les banques, qui y voient un moyen de fidéliser leurs clients, d'augmenter le volume de transactions de ces derniers, de prélever des commissions supplémentaires sur des achats qui leur échappaient, tout en réduisant les coûts de gestion des pièces et des billets. 

Pour les acteurs des systèmes de paiements, le bénéfice est net: captation d'achats autrefois libellés en espèces, croissance des volumes de transactions.... Mais surtout nouvelles opportunités de business 2.0. 

Adaptation au digital

Aussi, Mastercard – 15.000 employés dans le monde, 74 milliards de transactions traitées par an, via 2,6 milliards de cartes de paiement, dans 210 pays – a su se transformer ces dernières années, pour s’adapter à l’ère du digital. 

Au point qu’en marge de son métier historique – le réseau de paiements interbancaires via ses cartes de crédit et de débit – il a lancé une seconde activité axée sur le développement de solutions de sécurisation, d’intelligence artificielle et mobiles appliquées aux paiements. 


Pas de restriction autour du paiement en cash
Sur la même ligne que la Commission européenne, le ministre des Finances Pierre Gramegna (DP) a indiqué que l'instauration de nouvelles limites aux transactions en argent liquide n'était pas à l'ordre du jour au Luxembourg.

A cela s’ajoute une troisième branche de conseil en marketing et en sécurité informatique, auprès de ses clients bancaires. Ces deux derniers piliers devraient bientôt représenter 25% du chiffre d'affaires du groupe.


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