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Moscou-Luxembourg: pas pour tout de suite
Économie 3 min. 27.09.2018 Cet article est archivé

Moscou-Luxembourg: pas pour tout de suite

2002, Aeroflot quitte le tarmac du Findel pour aller exercer ses activités depuis l'Allemagne voisine. Depuis, le rétablissement des liaisons directes est régulièrement annoncé.

Moscou-Luxembourg: pas pour tout de suite

2002, Aeroflot quitte le tarmac du Findel pour aller exercer ses activités depuis l'Allemagne voisine. Depuis, le rétablissement des liaisons directes est régulièrement annoncé.
Photo: Tessy Hansen
Économie 3 min. 27.09.2018 Cet article est archivé

Moscou-Luxembourg: pas pour tout de suite

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Annoncée un peu vite par le ministre russe des Transports, la liaison aérienne directe entre Moscou et Luxembourg n'est l'objet d'aucune discussion.

Le ministre russe des Transports est allé un peu vite en besogne. Début septembre, lors d'une conférence de presse, Alexander Yurchik annonce un accord avec les autorités luxembourgeoises pour sept vols directs Luxembourg-Moscou par semaine, dans les deux sens, par les deux compagnies aériennes nationales, Luxair d'un côté, Aeroflot de l'autre. 

En réalité, un haut fonctionnaire luxembourgeois et son homologue russe ont signé un «memorandum of understanding» qui améliore le précédent accord entre les deux pays, notamment sur le nombre de vols et sur les aéroports qui pourraient être desservis. Ce précédent accord, du 7 mai 1997, était entré en vigueur fin juin 1999. 

Pas question d'en savoir plus, répond le directeur des Affaires administratives de la Direction de l'aviation civile, Frank Kraus, lundi matin, «c'est confidentiel. Ces accords posent les bases légales à une future offre commerciale mais après, c'est aux compagnies de s'en emparer ou pas, d'effectuer leurs calculs de rentabilité.» 

«Il suffit que le pouvoir torde le bras d'Aeroflot...» 

«Cette annonce nous a surpris», concède l'ambassadeur de Luxembourg à Moscou, Jean-Claude Knebeler, jeudi dernier à l'occasion d'une petite réception donnée pour une délégation d'experts des fintechs. 

Seuls douze Luxembourgeois sont enregistrés auprès des services consulaires – ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en ait pas d'autres – mais le consulat est un de ceux qui délivrent le plus de visas, notamment aux hommes d'affaires qui doivent aller en Europe. 

Pour Luxair, cela semble compliqué, puisque ses dix Bombardier Q400 ont une autonomie de 2.040 kilomètres. Restent donc deux Boeing 737-400 (4.600 km) et quatre Boeing 737-800 (4.050 km) qui peuvent emporter respectivement 141 et 186 passagers. Le «jeu» consiste à les remplir au maximum et à les laisser le moins longtemps possible au sol. De l'autre côté, Aeroflot reste prudente. 

Depuis l'aéroport de Chérémétiévo, au nord de Moscou, le groupe (Aeroflot, Aurora, Podeba et Rossiya Airlines) a transporté plus de 50 millions de passagers l'an dernier, vers 146 destinations dans 52 pays. La semaine dernière, son p.-d.g., Vitaly Saveliev, a annoncé la commande de 100 nouveaux Sukhoi Superjet 100, qui seront livrés en 2019 et 2026 et configurés en douze sièges «business» et 75 sièges «economy», qui s'ajouteront aux 50 moyens-courriers russes MC-21 attendus. Tant les Sukhoi que les Irkut auront une autonomie suffisante. 

«Après, il suffit que le pouvoir politique torde le bras de la compagnie pour qu'elle utilise ce que l'accord luxembourgeois prévoit», dit une source qui veut rester discrète et qui parle pour l'instant de «fake news». 

Des tractations sino-russes avec Fliggy? 

Même si Aeroflot a affirmé que son achat des Superjet 100 était une façon de «soutenir l'industrie russe», des sources citées par Vedomosti qualifient l'avion de «fardeau» pour la compagnie. Car même avec des revenus en hausse de plus de 10 % au premier semestre à 265,8 milliards de roubles (3,4 milliards d'euros), le groupe a vu ses pertes augmenter de 23,3 % à 5,2 milliards de roubles (67 millions d'euros), principalement sous l'effet de l'augmentation d'un tiers du prix du carburant. 

Reste une idée: les Chinois. Des tractations seraient en cours entre Aeroflot et l'agence de voyage d'Alibaba pour faire de Moscou un hub vers l'Europe. Plus de 70 compagnies aériennes internationales se sont déjà engouffrées sur la plateforme chinoise, comme la Lufthansa, American Airlines ou l'Australienne Qantas, pour tenter de séduire ces 500 millions de voyageurs chinois. 

Ce hub vers l'Asie a déjà été inauguré... par Cargolux depuis février 2015. Au départ un lien pour ravitailler moins cher entre Milan et Zhengzhou, en Chine, Cargolux Italy, précisément, sert désormais huit villes asiatiques depuis Novosibirsk, en Sibérie. 

C'était 13 ans après qu'Aeroflot eut quitté le Findel, fin janvier 2002. 

Et depuis, la question de vols de passagers entre Moscou et Luxembourg refait régulièrement surface. 

Comme un serpent... des airs.

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