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Monnaies virtuelles: Pierre Gramegna se félicite de l'arrivée de BitFlyer
Pierre Gramegna accueille BitFlyer et son fondateur Yuzo Kano-Sa à la LHoFT.

Monnaies virtuelles: Pierre Gramegna se félicite de l'arrivée de BitFlyer

Gerry Huberty
Pierre Gramegna accueille BitFlyer et son fondateur Yuzo Kano-Sa à la LHoFT.
Économie 3 min. 27.01.2018

Monnaies virtuelles: Pierre Gramegna se félicite de l'arrivée de BitFlyer

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
Le ministre des Finances accueille la plateforme d'échange japonaise de monnaies virtuelles au Luxembourg et associe le destin de BitFlyer au sien.

(pso) - «Nous grandirons avec vous.» Le ministre des Finances Pierre Gramegna associe le destin du Grand-Duché à celui de la plateforme d'échange de monnaies virtuelles BitFlyer dont il a salué l'installation sur la place au cours d'une cérémonie vendredi soir à la Luxembourg House of Financial Technologies (LHoFT). 

Face au fondateur de la société japonaise Yuzo Kano-San, le responsable des finances nationales et chef de file de la Place s'est félicité d'avoir fait des technologies financières l'un des axes de diversification économique dans les semaines qui ont suivi son installation rue de la Congrégation fin 2013. 

C'est aussi l'année durant laquelle le Japonais alors trader chez Goldman Sachs a décidé de créer une société financière basée sur la blockchain, infrastructure de paiements utilisée (tel un registre) pour les monnaies virtuelles. 

«Avec mon associé ingénieur, nous avons compris que cette technologie allait changer le monde», a narré l'invité nippon devant plusieurs dizaines de représentants de la Place réunis rue Erasme au Kirchberg.

L'événement avait attiré du monde malgré l'horaire ingrat. Il est éminemment symbolique. BitFlyer, l'un des principaux acteurs dans le secteur, est le seul à bénéficier d'une licence réglementaire dans la triade. 

La société d'origine japonaise a dorénavant des bureaux à Tokyo pour servir l'Asie, San Francisco pour les Etats-Unis et Luxembourg pour l'Union européenne, soit les trois dernières villes dans lesquelles Pierre Gramegna a habité (comme l'a souligné l'ancien diplomate) et surtout les trois principaux marchés mondiaux des monnaies virtuelles.

Négociations compliquées

Mais s'installer au Luxembourg n'a pas été chose aisée, a expliqué M. Kano San. L'intéressé avait déjà testé ses aptitudes en matière de lobbying réglementaire. Il avait créé la Japan Blockchain association et participé à l'élaboration du cadre législatif américain entre 2015 et 2016. A cette même époque le conseil d'administration de Bitflyer a décidé d'attaquer le marché européen. 

M. Kano San a approché la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) pour obtenir un agrément. La société mise sur l'adoption du même cadre réglementaire que les acteurs financiers traditionnels pour limiter les risques liés à l'immaturité des cryptomonnaies. 

«On nous a dit que c'était l'affaire de quelques mois. Nous pensions attendre un trimestre. Il nous a fallu deux ans pour obtenir notre licence», a détaillé l'ancien trader. «La réglementation n'est pas claire. Il n'y a pas de loi spécifique et il faut tout de même protéger le consommateur», a-t-il expliqué en mimant l'épaisseur du dossier rendu au régulateur.

«Les choses qui révolutionnent le monde ne sont jamais faciles à mettre en place», lui a répondu Gramegna le copernicien quelques minutes plus tard au micro. Descendu de l'estrade, il nous explique verre de saké à la main que oui, les plateformes d'échange de monnaies virtuelles jouissent d'un cadre: celui offert aux services de paiement. 

Le ministre des Finances n'ignore pas les risques liés à ces monnaies. Le blanchiment est possible via les plateformes non régulées et les juridictions permissives. Leur valeur fluctue du simple au double en quelques jours, notamment suite à des informations de marché ayant trait à des manipulations d'opérateurs. 

 «Bitflyer a la réputation d'être la société Bitcoin la plus sûre du monde», se félicite cependant celui qui est devenu le garant de l'investissement dans les technologies financières. Finalement, le destin de Pierre Gramegna s'avère davantage lié à celui de BitFlyer que celui du Luxembourg.

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