Materials Summit

Révolution économique en cours

Au centre de convention européen (Kirchberg), Anatoli Tchoubaïs (à droite) répond aux questions du spécialiste technologies de The Economist Geoffrey Carr
Au centre de convention européen (Kirchberg), Anatoli Tchoubaïs (à droite) répond aux questions du spécialiste technologies de The Economist Geoffrey Carr
Chris Karaba

(pso) - Les discussions relatives à une possible révolution économique autour des «matériaux» a débuté ce lundi au centre de convention européen de Luxembourg. L'autonomie des téléphones portables, la durabilité des pneus ou encore la conquête spatiale, «70% de toutes les innovations produits sont basées sur une amélioration des propriétés des matériaux», a expliqué le Premier ministre Xavier Bettel dans son discours inaugural de la conférence «Droit vers l'âge d'or des matériaux» organisée par la branche événementielle du magazine de référence «The Economist».

Une cinquantaine d'experts se succèdent à la tribune ces lundi et mardi pour décliner les multiples applications de cette révolution nanotechnologique à laquelle s'ajoute la conquête de ressources minières extraterrestres. Le Luxembourg opère déjà dans ce vaste domaine. L'institut luxembourgeois de science et de technologie (List) et l'Université mobilisent 300 chercheurs dans les matériaux avancés et les nanotechnologies.

7% de l'emploi au Luxembourg

Rencontré à la sortie de l'auditorium, le responsable du département spécialisé du List à Belval, Jens Kreisel, indique que 30.000 personnes travaillent sur les matériaux et les processus au Grand-Duché. «C'est 7% de l'emploi», fait-il valoir. Son institut exerce notamment dans la «conception des pneus de demain» en partenariat avec le groupe Goodyear. Il passe par l'ajout de nanomatériaux – des nanotubes de carbone en l'espèce- dans les matériaux, le caoutchouc dans le cas des pneus.

«Cela consiste à gérer l'alchimie» pour rendre le produit meilleur, témoigne le professeur. «Cette conférence ouvre de nouveaux axes de réflexion et aide à se projeter dans le futur», ajoute-t-il. «Nous sommes ici pour parler, mais aussi pour créer un meilleur futur», résume le président du conglomérat russe Rusnano Anatoli Tchoubaïs lors de son intervention. L'oligarque et ancien architecte des privatisations au sortir de l'URSS représente l'actionnaire d'Ocsial, groupe qui prend le devant de la scène nanotech luxembourgeoise et qui sponsorise l'événement de ce début de semaine.