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Luxembourg tourne le dos à Planetary Resources
Économie 1 2 min. 07.11.2018 Cet article est archivé

Luxembourg tourne le dos à Planetary Resources

Deux ans et demi après l'annonce d'Etienne Schneider, le Luxembourg a vendu ses parts dans la société de Chris Lewicki.

Luxembourg tourne le dos à Planetary Resources

Deux ans et demi après l'annonce d'Etienne Schneider, le Luxembourg a vendu ses parts dans la société de Chris Lewicki.
Économie 1 2 min. 07.11.2018 Cet article est archivé

Luxembourg tourne le dos à Planetary Resources

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Le Luxembourg s'est débarrassé des 10% qu'il détenait dans Planetary Resources pour "un prix symbolique". La société, présentée comme une pépite en 2016, est entrée dans une nouvelle ère avec l'arrivée de ConsenSys, annoncée mercredi.

C'était LA société dans laquelle il fallait que le Luxembourg investisse pour être aux avants-postes de la nouvelle exploration de l'espace. 

C'était en juin 2016, le ministre de l'Economie, Etienne Schneider, annonçait au cours d'une conférence de presse avoir signé un accord de 25 millions d'euros maximum, qui comprenait une prise de participation dans la pépite américaine et une panoplie d'aides à la recherche et au développement.


Etienne Schneider, ministre de l'Economie, et Chris Lewicki, PDF de Planetary Resources ont signé un protocole d'accord ce lundi.
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Quelques mois après l'annonce du ministre, la Société nationale de crédit et d'investissement avait mis sur pied une sàrl, Saam, dotée de 13,75 millions d'euros dont 12 millions directement investis dans Planetary Resources contre 10% des parts. 

Le contrat entre l'Etat et la société de Chris Lewicki prévoyait aussi la création d'un Planetary Resources Luxembourg, centré sur la recherche. Cette société, qui existe, est en sommeil chez Arendt Services à Hamm et n'a jamais créé le moindre emploi.  En 2016, elle avait terminé sur une perte de 15.987 euros, déficit qui s'est creusé à plus de 447.000 euros l'an dernier. Ce sont des pertes et non des factures impayées, donc la société devrait pouvoir être dissoute sans autre forme de procès.

Il y a une dizaine de jours, Saam a revendu ses parts pour "un prix symbolique", a indiqué le président du conseil d'administration de la SNCI, Patrick Nickels, vendredi après-midi. "Les douze millions d'euros que nous avons mis dans l'aventure correspondaient à une année de besoin, 15 à 18 mois au mieux. Ils n'avaient plus rien!"


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Créée en 2009 par des investisseurs avisés, Planetary Resources a levé près de 50 millions de dollars depuis sa création. Elle était en proie à de graves difficultés financières depuis qu'un nouvel investisseur, un industriel minier, a renoncé à entrer dans le tour de table en début d'année. Cet été, Planetary Resources avait même annulé au dernier moment une vente aux enchères de quelques-uns de ses outils et de ses ordinateurs pour patienter.

Mercredi, ConsenSys, une société américaine spécialisée dans la blockchain et l'ethereum (la deuxième monnaie virtuelle la plus connue après le bitcoin) a annoncé dans un communiqué avoir acquis les avoirs de Planetary Resources

Là encore, le montant de la transaction n'a pas été communiqué mais il pourrait apporter un bol d'air à cette société qui rêve de pouvoir explorer les matériaux contenus par les astéroïdes. Le directeur général de Planetary Resources, Chris Lewicki, travaillera pour ConsenSys.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Cette alliance pourrait aussi permettre à la société de l'espace de trouver de nouveaux financements par l'intermédiaire d'un nouveau mode, numérique, d'investissement, la tokénisation des assets, une sorte de version moderne des actions d'autrefois. "Stay tuned", a répondu M. Lewicki à un internaute qui lui posait la question


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