Changer d'édition

Luxembourg Internet Days: Et si le Luxembourg se passait d'Uber?
Économie 3 min. 17.11.2017

Luxembourg Internet Days: Et si le Luxembourg se passait d'Uber?

La voiture autonome, un secteur qui intéresse tous les grands groupes et qui pourrait voir le Luxembourg passer directement des taxis à des voitures sans chauffeur.

Luxembourg Internet Days: Et si le Luxembourg se passait d'Uber?

La voiture autonome, un secteur qui intéresse tous les grands groupes et qui pourrait voir le Luxembourg passer directement des taxis à des voitures sans chauffeur.
Uber
Économie 3 min. 17.11.2017

Luxembourg Internet Days: Et si le Luxembourg se passait d'Uber?

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Un an après, l'américaine Uber n'a toujours pas lancé ses activités de voiture avec chauffeur au Luxembourg. Le «veto» que le Premier ministre a rappelé mercredi matin au second jour des Internet Days pourrait cacher une autre évolution.

par Thierry Labro

«Uber fonctionne déjà au Luxembourg. Cela s'appelle Webtaxi!» 

Xavier Bettel amuse la galerie des Internet Days avec sa blague et lance un avertissement dans la phrase suivante. «J'ai dit aux dirigeants d'Uber qu'ils étaient plus que bienvenus au Luxembourg... à condition de respecter leurs obligations sociales.» 

La régulation doit être mise au service de l'intérêt général, de «la confiance» du consommateur, se défend le Premier ministre. 

Il y a un an, son ministre des Transports avait déjà précisé le point de vue du gouvernement dans une réponse à une question parlementaire. Droit du travail, sécurité sociale, impôts: le ministre avait passé toutes les obligations en revue avec les dirigeants européens de l'Américaine. 

«Il n'est pas mon objectif de favoriser, en raison de l'arrivée d'un quelconque opérateur, le travail effectué par des faux indépendants où d'accepter un nivellement vers le bas des standards sociaux», disait François Bausch. 

Il n'y a rien de neuf, précise le ministre

Feu rouge «social» à Londres 

Mercredi matin, le Canard Enchaîné révélait comment Uber avait évité de payer 150 millions d'euros de taxes, en France. Soit le produit des taxes à payer pour 27.000 chauffeurs ayant un chiffre d'affaires moyen de 60.000 euros annuels. 

Comme dans d'autres histoires d'optimisation fiscale, Uber a utilisé son quartier général, Uber B. V. à Amsterdam, et une filiale Uber International C. V. aux Bermudes. 

L'affaire tombe d'autant plus mal que le roi des voitures avec chauffeur a un quatrième concurrent à Paris, Taxify, propriété du Chinois Didi et valorisé à 50 milliards de dollars. Le service des taxis eux-mêmes, G7, semble également reprendre du poil de la bête. 

Dix jours plus tôt, la justice britannique avait exigé d'Uber qu'elle paye au moins le salaire social minimum (8,50 euros de l'heure), plus les pauses et les congés payés à ses 50.000 chauffeurs, sous peine de lui retirer sa licence. 

Google intéressé à plusieurs titres 

Après le limogeage de son directeur général, Travis Kalanick, en août, son successeur Dara Khosrowshahi a confirmé son premier challenge, l'entrée en Bourse d'Uber en 2019

La société, valorisée à 70 milliards de dollars, intéresse le fonds d'investissement japonais Softbank, prêt à acquérir jusqu'à un milliard de nouvelles actions au prix de 2016 pour monter jusqu'à 14 % du capital et se retrouver au conseil d'administration. 

C'est là que l'on retrouve un autre Américain à qui le gouvernement fait les yeux doux. Google poursuit Uber en justice par l'intermédiaire de sa filiale Waymo, spécialisée dans la voiture autonome, pour vol de technologie. 

Et a injecté un milliard de dollars dans Lyft, le rival d'Uber, par sa société Capital IG, au côté de General Motors qui rêve d'un réseau de taxis sans chauffeur. 

En septembre, au salon automobile de Francfort, le Luxembourg, par l'intermédiaire de son ministre de l'Economie, Etienne Schneider, et de celui des Transports, a justement signé un accord pour une zone de test des voitures autonomes entre l'Allemagne, la France et le Grand-Duché. Les premières voitures devraient y rouler au premier semestre prochain. 

60% des coûts d'une société de taxis

De quoi imaginer, au moment où le pays accueillerait volontiers un centre de données de Google, que Lyft et ses taxis sans chauffeurs se substituent directement aux taxis classiques. 

C'est loin d'être une vue de l'esprit, d'un point de vue économique: selon le patron de la Fédération des patrons loueurs de taxis et d'ambulances, cité dans l'étude de l'Observatoire de la formation des prix cet été, «le salaire représente environ 60 % des coûts pour une entreprise de taxis au Luxembourg». 

En dehors de la capitale et de l'aéroport, le marché est assez restreint. 52 % des résidents ne prennent jamais le taxi. 

Le Premier ministre a raison: cela ne fait qu'ajouter au mérite de Webtaxi, aux mains des dirigeants de Voyages Emile Weber, qui a clôturé 2016 sur un bénéfice de 17.000 euros. 

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Transports: «Uber au Luxembourg? Pourquoi pas, s'ils respectent les règles»
Depuis plusieurs mois maintenant, la société de transports Uber fait de l’œil au Luxembourg, et souhaite s'implanter dans le pays. Après discussions avec François Bausch, ministre des Transports, les négociations sont toujours au point mort. Du côté des chauffeurs de taxis, on n'est «pas contre l'arrivée d'Uber, si les règles sont respectées».
Uber hat sich eigenen Angaben zufolge zum Ziel gesetzt, überall auf der Welt „bezahlbare, verlässliche und sichere Fahrdienste per Knopfdruck“ anzubieten und würde auch gerne hierzulande aktiv werden.
Voitures avec chauffeur: Et si Uber finissait par gagner?
Il faut, au moins une fois dans sa vie, avoir été confronté à un chauffeur de taxi très désagréable pour comprendre l'intérêt pour la start-up californienne Uber. Cinq ans après son lancement, elle est au coeur de nombreuses polémiques liées à la résistance... des taxis. Au Luxembourg, pas question de la voir débarquer.
Uber a déjà annoncé qu'il continuerait son développement et réagirait à chaque plainte...