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Luxair suscite le débat à la Chambre
Économie 3 min. 14.05.2020

Luxair suscite le débat à la Chambre

Luxair devrait faire redécoller ses avions dès le 1er juin, suivi deux semaines plus tard par le tour-opérateur du groupe.

Luxair suscite le débat à la Chambre

Luxair devrait faire redécoller ses avions dès le 1er juin, suivi deux semaines plus tard par le tour-opérateur du groupe.
Photo: Gerry Huberty
Économie 3 min. 14.05.2020

Luxair suscite le débat à la Chambre

Au cœur des discussions des députés mercredi, la situation économique difficile de la compagnie aérienne nationale en raison de la pandémie, ainsi que la nomination de Gilles Feith comme nouveau directeur général.

(ASdN avec Marc Hoscheid) - La date du 1er juin apparaît comme une «petite lueur d'espoir». C'est en ces termes que Serge Wilmes (CSV) a évoqué la perspective de la reprise des vols réguliers de l'aviation civile lors d'un débat d'actualité mercredi à la Chambre. Car pour le député, Luxair et plus globalement l'ensemble de l'industrie aéronautique sont d'une importance systémique pour le Grand-Duché. 

Mais malgré une reprise prochaine, l'environnement économique pourrait rester difficile à l'avenir selon le député. D'une part, parce que les entreprises auront probablement davantage recours à la vidéoconférence et, d'autre part, parce que seul un nombre limité de sièges sera occupé par les passagers pour des raisons sanitaires. Devant les députés, Serge Wilmes a par ailleurs évoqué le développement différent des deux compagnies aériennes nationales Luxair et Cargolux pendant la crise. 


Réception en l’honneur de Gilles Feith, Foto Lex Kleren
Gilles Feith confirmé à la tête de Luxair
L’actuel coordinateur général de la Défense dirigera la compagnie aérienne nationale dès le 1er juin et succédera à Adrien Ney, après 15 ans de bons et loyaux services.

Car si le nombre de passagers de Luxair a fortement diminué, Cargolux a toujours des carnets de commandes bien remplis. Suite à ce constat, le député s'est adressé au ministre des transports François Bausch (Déi Gréng) afin de savoir pourquoi aucun appel d'offres n'avait eu lieu après le départ d'Adrien Ney en tant que directeur général, et remplacé par Gilles Feith

Une nomination d'un haut fonctionnaire jugée trop rapide par Serge Wilmes, et qui a eu tout sauf des «effets de mise en confiance». Mais le ministre a défendu ce choix, rappelant qu'il s'agissait d'une «décision unanime» du conseil d'administration et non des actionnaires. Celui-ci se réjouit d'ailleurs de la nomination d'un Luxembourgeois à ce poste. 

Un choix validé par ailleurs par David Wagner (Déi Lénk) qui s'est lui dit rassuré, affirmant préférer un haut fonctionnaire à un gestionnaire du secteur privé au poste de directeur général de Luxair. Car si l'État a déjà des intérêts dans des entreprises, il devrait également avoir une influence sur les décisions stratégiques.  

Critique des vols court-courriers

Luxair et l'aéroport national ont en effet une importance toute particulière pour le pays. L'activité du Findel représenterait près de cinq pourcents du produit intérieur brut (PIB) selon Max Hahn (DP). En 2019, cela équivaut à trois milliards d'euros. Indirectement, 24.000 emplois sont par ailleurs liés à l'aéroport.

A l'inverse, Carlo Back (Déi Gréng) souhaite freiner cet envol, appelant à une réduction des vols court-courriers. Pour le député du parti écologique, il est nécessaire de les remplacer autant que possible par des trajets en train, par exemple par le TGV de Luxembourg à Paris. Le réseau ferroviaire, affirme-t-il, devrait être développé davantage à cette fin. Il a également critiqué les avantages fiscaux du kérosène.

Relancer durablement l'aviation

Marc Goergen (Piraten) a toutefois appelé au respect du libre arbitre des clients. Pour le député du parti Pirate, il est indispensable de leur laisser le choix de se faire rembourser ou de se faire émettre un coupon pour un autre vol. Les pirates ont également suggéré la création d'un fonds d'aide pour les agences de voyage et les compagnies aériennes.

Et si le ministre François Bausch a critiqué «le comportement des compagnies aériennes qui n'a pas contribué à rétablir la confiance», faisant ainsi référence au refus de certaines entreprises de rembourser leurs passagers, celui-ci a tout de même évoqué la perspective et nécessité d'une restructuration durable de l'aviation. 

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