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L'avenir de Dudelange se joue jeudi à Liège
Économie 3 min. 21.07.2021
Liberty Steel

L'avenir de Dudelange se joue jeudi à Liège

Pour Robert Fornieri (LCGB), "la solution roumaine de Liberty n'a rien de satisfaisant"
Liberty Steel

L'avenir de Dudelange se joue jeudi à Liège

Pour Robert Fornieri (LCGB), "la solution roumaine de Liberty n'a rien de satisfaisant"
Photo : Anouk Antony
Économie 3 min. 21.07.2021
Liberty Steel

L'avenir de Dudelange se joue jeudi à Liège

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Ce 22 juillet, la procédure de redressement juridique du site belge de Liberty Steel sera étudiée par les magistrats. Une nouvelle attendue par les 220 salariés de l'usine luxembourgeoise en lien avec l'usine liégeoise.

Actuellement, c'est calme plat dans les ateliers de Liberty Steel Dudelange. Les bons jours, l'usine tourne à 20% de son rendement ordinaire. La faute aux déboires de son actionnaire qui privent l'entreprise et ses salariés de nouveaux contrats depuis près d'un trimestre. Entre les congés, les arrêts maladie et le chômage partiel (qui concerne 85 équivalents temps plein sur 220 postes), ça sonne le vide.


«La confiance en Sanjeev Gupta et son groupe diminue»
Intervenu mardi à la Chambre, le ministre de l'Economie n'a pas caché son scepticisme quant aux annonces de restructuration faites lundi par Liberty Steel pour l'usine de Dudelange. Franz Fayot y préfère la recherche de nouveaux partenaires industriels.

Mais ce jeudi, le futur du site luxembourgeois se jouera en partie en Belgique. Quand les juges liégeois se prononceront sur une éventuelle prolongation de la procédure de redressement juridique de l'usine locale qui bat aussi pavillon Liberty Steel. Robert Fornieri, secrétaire général adjoint LCGB, ne cache pas qu'il espère «un délai de grâce». Les sites belge et luxembourgeois étant intimement liés, la chute de l'un porterait forcément un coup à l'autre.

Il ne serait alors plus seulement question de passer l'été mais bien de ne pas fermer. «La liquidation côté belge se ferait très rapidement, et il nous faudrait retrouver un repreneur dans des conditions plus compliquées encore qu'aujourd'hui», craint le syndicaliste.

Un peu d'autonomie

Le ministre de l'Economie, Franz Fayot (LSAP), a fait le point mercredi devant les députés des négociations qu'il menait pour «sauver Dudelange». Avec, pour l'instant, seulement des scénarios improbables à présenter. «Depuis quelques semaines, nous avons remarqué une réorganisation des services administratifs (finance, commerciaux) qui pourrait nous donner un peu d'autonomie ici, si nous devions prendre notre sort en mains», positive Robert Fornieri. Mais c'est bien là le seul point positif enregistré depuis plusieurs semaines.

Car ce n'est pas la récente intégration de Dudelange à la branche roumaine de Liberty Steel, basée à Galati, qui rassure les salariés. Les volumes d'approvisionnement assurés par ce biais sont loin d'être à la hauteur de ce qui serait nécessaire pour fonctionner à plein régime. «Galati pourrait fournir 200.000 tonnes d'acier quand l'usine est en mesure d'en traiter 600.000! Et puis, il n'est vraiment pas certain que les nuances et qualités d'acier proposées soient dans nos critères», explique Robert Fornieri.


«La politique européenne ne doit pas détruire d'emplois»
Alors que trois quarts des salariés de l'usine Liberty Steel Dudelange se retrouvent au chômage partiel en raison de la faillite du principal créancier de l'entreprise, plusieurs eurodéputés demandent à la Commission d'intervenir, jugeant que la situation résulte des critères imposés par Bruxelles.

Sans même parler du fait que Galaty a aussi besoin de liquidités pour fonctionner, et fournir Dudelange. Et c'est bien cela qui manque à tout le groupe depuis un trimestre, et la perte de son principal financeur, Greensill Capital. Aussi, jeudi, les salariés en poste au Grand-Duché tendront-ils bien l'oreille à la décision des juges de Liège. Ceux-ci ont notamment sur la table une proposition de la région wallonne. Celle-ci se dit prête à accorder un prêt de 37 millions d'euros à Liberty Steel, à condition que ce dernier cède ses laminoirs à froid de Tilleur (fer blanc) et Flémalle (deux lignes de galvanisation). 722 emplois sont en jeu.

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