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Les vrais-faux 600 millions perdus
Les émissions plus élevées que prévu lors de l'achat des voitures auraient coûté 150 milliards d'euros de plus en carburants aux conducteurs européens

Les vrais-faux 600 millions perdus

Photo: dpa
Les émissions plus élevées que prévu lors de l'achat des voitures auraient coûté 150 milliards d'euros de plus en carburants aux conducteurs européens
Économie 3 min. 30.08.2018

Les vrais-faux 600 millions perdus

Thierry LABRO
Thierry LABRO
La différence entre les fiches techniques et les émissions polluantes réelles des véhicules aurait coûté 600 millions d'euros de trop aux conducteurs luxembourgeois depuis 2000, dit une étude de «Transport et Environnement».

«Pendant que les émissions de CO2 des nouveaux véhicules utilisant les tests de laboratoire obsolètes ont chuté de 31 % depuis 2000, la réduction sur la route atteint seulement 10 %», assure l'ONG bruxelloise Transport et Environnement, dans une étude publiée cette semaine. 

Alors que les constructeurs annonçaient en moyenne 170 grammes par kilomètre en 2000 (contre 190 en réalité), ils disaient jusqu'au «dieselgate» avoir ramené les émissions à moins de 120 grammes par kilomètre l'an dernier (contre moins de 170 en réalité), soit une différence de 42 %, qui devrait encore s'accroître d'ici 2020, assure une autre ONG, la britannique Climate Change Committee (49 %). 

Cette différence entre la théorie et la réalité a un coût en carburant que l'étude estime à 150 milliards d'euros entre 2000 et 2017, dont 23,4 milliards d'euros l'an dernier. 

Le tourisme à la pompe «oublié» 

Selon le communiqué de Transport et Environnement, «les conducteurs allemands ont perdu le plus en raison des manipulations d'émissions, 36 milliards d'euros depuis 2000, suivis par les conducteurs britanniques (24,1) et français (20,5)». 

Et le Luxembourg? 

600 millions d'euros, dit la carte de l'Europe réalisée par l'ONG. 

Seulement, l'étude ne comprend pas de notice méthodologique

Et le tourisme à la pompe? Thomas Earl a un blanc. 

Pourtant, l'étude luxembourgeoise sur ce phénomène, publiée fin 2016 par Dieter Ewringmann pour le compte du gouvernement indique que 75 % des carburants routiers vendus au Luxembourg sont exportés (84 % diesel et 16 % essence) et 25 % sont consommés par la flotte nationale, surtout du diesel (81 %). 

Un peu embarrassé, le chercheur bruxellois assure qu'il existe une fiche méthodologique sur le Luxembourg et qu'il l'enverra par courrier électronique, jeudi. Une heure plus tard, il renonce finalement à fournir cet élément méthodologique. 

Drôle de "paradis fiscal pétrolier"

«Malheureusement, je ne pourrai pas vous fournir ces données dans un temps raisonnable, en raison d'un travail plus urgent à faire». Néanmoins, ajoute-t-il, «nous ajouterons une note de pied de page à l'étude pour mentionner le cas spécifique du Luxembourg», pour préciser que «cette valeur a été gonflée par le tourisme à la pompe». C'est quelque chose dont «,Transport et environnement‘ est parfaitement au courant et que nous avons écrit depuis des années dans nos études», assure-t-il encore en renvoyant à une autre publication de l'ONG publiée en 2015. 

Dans cette autre étude, sur la fiscalité des produits pétroliers, le Luxembourg est décrit comme «un paradis fiscal pétrolier» qui tire 7 % de ses recettes des taxes sur le pétrole contre 4 % en moyenne en Europe. Or l'étude luxembourgeoise sur le tourisme à la pompe a aussi montré qu'il occasionne 3,5 milliards de frais contre 2,1 milliards de revenus. Tout leader européen qu'il soit, le Luxembourg ne ferait pas une si bonne affaire... 

Enfin, est-ce que ces 150 milliards d'euros payés en trop par les conducteurs-consommateurs entre 2000 et 2017, c'est beaucoup au regard de la consommation globale de carburant en Europe? 


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Reste l'exemple français: les Français auraient payé 20,5 milliards d'euros de trop sur 18 ans; la consommation annuelle moyenne est de 34 milliards d'euros, ce qui fait donc un surplus de 3 %

Pas aussi spectaculaire...

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