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Les seniors comme dans un cocon, l'ambition de Päiperléck
Économie 5 min. 02.10.2022
Entreprise familiale

Les seniors comme dans un cocon, l'ambition de Päiperléck

Päiperléck propose une palette de services médico-sociaux pour accompagner les seniors au quotidien.
Entreprise familiale

Les seniors comme dans un cocon, l'ambition de Päiperléck

Päiperléck propose une palette de services médico-sociaux pour accompagner les seniors au quotidien.
Photo : DR/Päiperléck
Économie 5 min. 02.10.2022
Entreprise familiale

Les seniors comme dans un cocon, l'ambition de Päiperléck

Pascal MITTELBERGER
Pascal MITTELBERGER
En 1982, l'entreprise familiale Hein se résumait à un hôtel à Berdorf, près d'Echternach. 40 ans plus tard, elle est devenue, avec Päiperléck et ses quelque 1.000 salariés, un des principaux acteurs de l'accompagnement des seniors au Grand-Duché.

Stéphanie Hein, directrice générale de Päiperléck, reçoit à l'hôtel Bel-Air d'Echternach. L'établissement a été repris par son groupe en 2013, et c'est là qu'elle a installé son bureau. À vol d'oiseau, Berdorf est à moins de quatre kilomètres. Ce petit village qui domine le Mullerthal est le point de départ de l'entreprise familiale. Retour 40 ans en arrière.


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En 1982, Robert Hein et son épouse font l'acquisition de l'hôtel Le Chat Botté. Un véritable virage professionnel. «Mes parents travaillaient d'abord dans la banque, mais mon père était passionné de gastronomie», explique Stéphanie Hein. Une petite dizaine de salariés accueillent et s'occupent de la clientèle, surtout présente en nombre lors de la saison estivale et en week-end. «C'était le seul hôtel du village ouvert toute l'année. Mais mon père se demandait ce qu'il pouvait faire en semaine, quand l'établissement était moins occupé.»

De l'hôtellerie aux logements encadrés

Robert Hein lance alors un forfait à destination des seniors, pour qu'ils s'évadent au grand air. Certains viennent ainsi profiter d'une, deux voire trois semaines de repos à Berdorf. «Cette formule a bien fonctionné. Tellement bien que mon père a décidé de développer ce créneau.» En 1993, l'hôtel Le Chat Botté est transformé, après l'obtention de l'agrément, en logements encadrés. «Cela a été le premier pas dans cette direction.»

Cette direction, c'est celui de l'accompagnement des personnes âgées, un secteur économique qui n'a cessé de croître ces trois dernières décennies. Deux exemples chiffrés pour illustrer le phénomène. Selon les données du Statec, au Luxembourg, l'espérance de vie des hommes est passé de 72,6 ans en 1990 à 80,3 ans en 2021 ; celle des femmes de 79,1 à 84,9 ans sur la même période.

L'idée de départ est de développer l'activité avec des petites maisons de retraite, à taille humaine, au cœur des communes.

Stéphanie Hein

Les modes et rythmes de vie ont aussi fortement évolué : difficile pour certains enfants de s'occuper, voire de vivre sous le même toit que Bopi et Bomi. Les services et structures pour les héberger, les soigner, les aider au quotidien ont donc fleuri. Ainsi, le secteur de la santé humaine et de l'action sociale, qui intègre l'accompagnement des personnes âgées, est passé de 17.500 salariés en 2000 à 52.000 en 2021.

L'entreprise familiale Hein, qu'Isabelle et Stéphanie - les filles - ont rejointe, suit cette tendance. En 2009, Päiperléck est lancé. La même année, une résidence pour seniors ouvre ses portes à Rodange, accompagnée d'un foyer de jour. Deux ans plus tard, le modèle est transposé à Esch-sur-Alzette. «L'idée de départ est de développer l'activité avec des petites maisons de retraite, à taille humaine, au cœur des communes», souligne Stéphanie Hein.

Le comité de direction de Päiperléck. De gauche à droite : Stéphanie Hein, Robert Hein, Isabelle Hein et Christoph Hartmann.
Le comité de direction de Päiperléck. De gauche à droite : Stéphanie Hein, Robert Hein, Isabelle Hein et Christoph Hartmann.
Photo : DR/Päiperléck

Au fil des ans, le groupe se structure, les activités sont internalisées, les services se multiplient : hébergement en logements encadrés ou centre intégré pour personnes âgées, foyers de jour, restauration dans les résidences, soins à domicile, conciergerie, tâches ménagères, soins palliatifs... La famille Hein est même revenue à l'hôtellerie-restauration traditionnelle, avec la reprise du Bel-Air en 2013 puis, en 2014, l'ouverture du Trail-Inn à Berdorf. L'établissement n'est autre que l'ancien Chat Botté, qui est donc redevenu un hôtel.

Aujourd'hui, Päiperléck est présent un peu partout au Luxembourg, de Bettembourg à Wiltz, de Foetz à Beaufort. Après le rachat du réseau Gesondheets en 2021, l'entreprise a repris le personnel et les activités de Coviva cette année. «On est 900 salariés aujourd'hui. Avec les ouvertures de nos résidences et services à Bissen et Canach d'ici fin 2022, on devrait approcher les 1.000.» Près de deux tiers sont des frontaliers français, allemands et belges. Et aujourd'hui, Päiperléck est un des principaux acteurs du secteur de l'accompagnement des seniors au Grand-Duché. En 40 ans, l'entreprise familiale a pris de l'envergure !

Nous sommes une entreprise familiale et nous voulons le rester. Le contact et la proximité avec nos clients restent la priorité.

Stéphanie Hein

«C'est vrai que pour mon père (gérant et président du comité de direction de Päiperléck, NDLR), passer d'une entreprise de 10 à 1.000 personnes n'est pas une chose évidente. On ne peut pas gérer de la même manière. Lui a encore l'habitude de tout faire à la main», sourit Stéphanie. Mais la directrice générale insiste : «Nous sommes une entreprise familiale et nous voulons le rester. Le contact et la proximité avec nos clients restent la priorité.»


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Päiperléck en compte plus de 900, dans ses résidences, ses foyers de jour, à domicile. Et le besoin est toujours croissant. «Il y a une forte demande. Notre force, c'est de pouvoir proposer un accompagnement personnalisé et progressif, des soins à domicile jusqu'à l'hébergement. Nos différentes activités permettent de proposer une sorte de package à nos clients. Pour leurs familles, c'est plus facile d'avoir un seul et même interlocuteur», détaille Stéphanie Hein.

Des difficultés à recruter

La période du covid-19 n'a pas freiné le développement du groupe, et ce, malgré les difficultés, les contraintes. «La première année, nous n'avons presque pas eu de cas. Malheureusement, il y en a eu par la suite. Pour nos personnels soignants, ça a parfois été compliqué.» Stéphanie Hein concède aussi quelques petites crispations ponctuelles, inhérentes à la situation, comme dans beaucoup d'autres entreprises. «Mais au final, ces derniers mois ont soudé les équipes, tout le monde a donné un coup de main», indique-t-elle, mettant en avant, notamment, le travail des femmes de ménage : «Elles ont scrupuleusement suivi les consignes».

Ces équipes, la directrice générale espère les étoffer pour accompagner le développement des activités. Sur le site Internet de Päiperléck, près d'une cinquantaine de postes sont à pourvoir. Mais le recrutement s'avère compliqué, même au-delà des frontières. «Tous les frontaliers de notre secteur d'activité travaillent déjà au Luxembourg!», affirme-t-elle. Stéphanie Hein pointe néanmoins un obstacle à l'embauche, des soignants notamment : l'obligation de parler le luxembourgeois. Mais là encore, comme pour toutes les autres activités, pas question de sous-traiter : un professeur a été recruté par la société. 

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