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Les salariés veulent travailler de 5 à 7 heures de moins par semaine
Économie 4 min. 27.11.2018 Cet article est archivé

Les salariés veulent travailler de 5 à 7 heures de moins par semaine

A la semaine de 40 heures, les CDI préféreraient 36,3 à 38,7 heures hebdomadaires, payées le même prix

Les salariés veulent travailler de 5 à 7 heures de moins par semaine

A la semaine de 40 heures, les CDI préféreraient 36,3 à 38,7 heures hebdomadaires, payées le même prix
Photo: Shutterstock
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Les salariés veulent travailler de 5 à 7 heures de moins par semaine

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Les femmes souhaitent ne travailler que 36,3 heures par semaine et les hommes que 38,7, selon la sixième édition du «Quality of work – index Luxembourg», présentée mardi à la Chambre des salariés.

«J'espère que la coalition fera une ouverture pour discuter de la réduction du temps de travail. Et pas qu'ils arriveront "on est élus, on a un programme" en imposant un cadre d'en haut sans en discuter avec les partenaires sociaux.» 

Quasiment en même temps que le président de la Chambre des salariés, Jean-Claude Reding, dit son espoir de voir s'engager cette discussion, nos confrères de RTL annoncent un accord sur deux jours de congé supplémentaires et un relèvement du salaire social minimum

«La durée hebdomadaire de travail souhaitée pour les hommes et les femmes travaillant à temps plein est inférieure à 40 heures par semaine: 38,7 heures pour les hommes et 36,3 heures pour les femmes», disent les conclusions de la sixième édition du Quality of work index, pour laquelle la Chambre des salariés, l'Université de Luxembourg (Inside) et l'institut de sondage Infas ont interrogé 1.689 personnes dont un tiers de frontaliers

Soit cinq heures de moins pour les hommes (qui disent travailler 43,7 heures par semaine) et plus de 7 heures pour les femmes (42,4). 

«La réduction générale du travail sans réduction du salaire serait un véritable progrès social réalisable et réaliste dans le contexte des progrès technologiques, où les processus de fabrication sont de plus en plus abrégés avec à la clé des gains en efficacité et en productivité», poursuivent les conclusions. 

La majorité des études sur la productivité et les horaires de travail situent «le temps de travail idéal» autour de 36-37 heures par semaine, dit le texte. A l'inverse, les salariés en temps partiel voudraient travailler davantage: 29,6 heures pour les hommes (contre 27,3 aujourd'hui par contrat et 30 travaillées effectivement) et 27 heures pour les femmes (26-27). 

La frontière avec la vie privée s'efface de plus en plus 

La boîte à idées déclinée sur cette dernière page mélange l'imposition des robots et de l'intelligence artificielle pour créer des fonds au service de la sécurité sociale ou de l'éducation, les comptes épargne-temps et le temps de travail au choix (lié parfois au télétravail alternatif), le droit à la durée du temps de travail précédente après un temps partiel, un droit général au temps partiel temporaire et un «véritable» – l'adjectif est important – droit à la déconnexion. 

La situation s'est-elle dégradée? L'index (54,5 sur 100) est en baisse par rapport à 2017 (55,7) mais globalement stable depuis qu'il a commencé à être étudié en 2014. Un certain nombre de facteurs se dégradent, comme la charge mentale, de plus en plus de travail dans l'urgence, de plus en plus de mobbing, de moins en moins de coopération, de participation, de feed-back, d'autonomie ou de formation continue. 

Si la rémunération satisfait de moins en moins de salariés, les possibilités de promotion et la sécurité de l'emploi compensent. 

A tel point que les six critères qui permettent d'évaluer le bien-être et la santé au travail prennent une claque avec le pire score depuis que l'étude existe: moins de satisfaction au travail (60,6%), plus de conflits travail-vie privée (34,4%), plus de burn-out (35,3%), plus de problèmes de santé (31,5%), moins de motivation au travail (55,6) et un bien-être en baisse (61%). 

Les auteurs invitent à contrecarrer les dérives du lean management, cette autonomie du salarié qui s'impose lui-même la pression, par une organisation de travail participative dans le cadre de la responsabilité sociale. 

Une seule question témoigne des efforts des entreprises: 66% des salariés ont la possibilité de prendre la journée sans prévenir à l'avance, 53% la possibilité de revenir à un temps plein après un temps partiel, 43% de prendre des congés sans solde. Répartir le nombre d'heures sur moins de jours (11%) ou le télétravail (11%) figurent en queue de peloton. Des idées pourtant régulièrement en haut de l'affiche, négociations ou pas.


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