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Les restaurants tentent de sauver la fin d'année
Économie 4 min. 11.12.2020

Les restaurants tentent de sauver la fin d'année

Lokales,Wie Gastronomiebetriebe und Cafés auf die Verlängerung des Lockdowns reagieren,hier:Restaurant ROMA, Inhaber Guiseppe Parrino,Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort

Les restaurants tentent de sauver la fin d'année

Lokales,Wie Gastronomiebetriebe und Cafés auf die Verlängerung des Lockdowns reagieren,hier:Restaurant ROMA, Inhaber Guiseppe Parrino,Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Photo: Gerry Huberty
Économie 4 min. 11.12.2020

Les restaurants tentent de sauver la fin d'année

Alors que le secteur de l'horeca devra garder portes closes jusqu'à la mi-janvier, les restaurateurs essaient de garder la tête hors de l'eau. Mais si la période est habituellement chargée, cette année, les alternatives ne font pas suffisamment recette.

(ASdN avec Marlene Brey et Thomas Klein) - «Un désastre». C'est en ces termes que Giuseppe Parrino, propriétaire du restaurant italien Roma, dans la capitale, commente la décision du gouvernement de maintenir les restaurants et les cafés du pays fermés jusqu'au 15 janvier. Car décembre constitue habituellement «le mois le plus chargé de l'année», souligne le restaurateur. 

En cette période de fêtes, outre les préparatifs des résidents, les grandes entreprises n'hésitent en effet pas à faire plaisir à leurs clients et employés. «Elles organisent généralement de nombreux dîners de Noël», souligne Christos Rizos, directeur du restaurant grec Ambrosia avant d'ajouter que cette année, «tout a disparu».


Wi , Restaurant Simbiosa , rue Bourbon , eröffnen in Coronazeiten , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Ouvrir un restaurant en 2020 reste un pari osé
Malgré la crise, certains n'hésitent pas à relever le défi de la création d'entreprise. Même dans le secteur de l'horeca, à l'image des fondateurs du restaurant «Simbiosa». Une ouverture qui a néanmoins nécessité quelques adaptations pour fonctionner au mieux en ces temps de restrictions sanitaires.

Et pour certaines entreprises du secteur, la perte est conséquente. Décembre représente «jusqu'à 20% du chiffre d'affaires annuel», estime ainsi François Koepp, secrétaire général de la Fédération des hôteliers, restaurateurs et cafetiers du Luxembourg (Horesca). Depuis les mesures de confinement annoncées par le gouvernement en novembre dernier, Nicolas Tanta, gérant de la pizzeria «La Torre» à Luxembourg, a même divisé son chiffre d'affaires par deux.

Pour faire face à ces pertes, nombreux sont donc ceux qui ont mis en place un service de plats à emporter. Depuis mars, «nous avons livré dans presque tout le pays», affirme ainsi Caroline Thill. Mais pour la gérante du restaurant «Beet», force est de constater que le take away ne remporte pas le même succès qu'en début d'année. «Les gens commandent moins parce que le confinement n'est pas aussi dur que le premier», explique-t-elle.


14.03.2020, Griechenland, Athen: Die Stühle sind in einem Restaurant, das ab heute für 15 Tage geschlossen ist, in der Altstadt Plaka hochgestellt. Foto: Hauke-Christian Dittrich/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Les restaurateurs accusent encore une fois le coup
Dès jeudi, les gérants de café et restaurant du pays devront raccrocher leur tablier pour les trois prochaines semaines. Dans la capitale comme ailleurs, la déception règne en cuisine.

L'aide, bien que maigre, est néanmoins bienvenue. Pour Christos, elle permet ainsi de «compenser le loyer ou d'autres frais, mais rien de plus». «Cela ne représente que 15% de notre chiffre d'affaires normal», précise le chef de l'Ambrosia. Car les habitudes ne sont pas les mêmes qu'au restaurant. 

Sur place, les clients se laissent en effet davantage tenter. «Vous ajoutez un apéritif, une bouteille de vin, un dessert, un café...» explique Giuseppe Parrino. «À la maison, les gens ne commandent généralement qu'un seul plat. On ne gagne pas d'argent avec ça.», ajoute-t-il, précisant continuer malgré tout pour «ne pas que les clients [les] oublient».  

Si elles ne permettent pas de combler les pertes, les ventes à emporter ont donc au moins le mérite de limiter la casse. Mais le travail manque. A titre d'exemple, sur les quelque 30 employés des restaurants Beet de Luxembourg et Belval, «90% sont aujourd'hui en chômage partiel», regrette la gérante, ne cachant pas son inquiétude pour la suite. Car pour elle, peu de chances que les chiffres baissent au retour des vacances.

Si les aides de l'Etat sont donc indispensables à la survie du secteur, pour certains restaurateurs, elles sont néanmoins trop rigides. Quant au versement de l'indemnité de chômage partiel, elle prend trop de temps. «Je dois payer mes employés le premier du mois. Lorsque l'indemnité arrive en retard, je dois puiser dans les réserves», explique ainsi Christos Rizos.

Fin novembre, le gouvernement a néanmoins décidé de renforcer son soutien aux entreprises les plus touchées. Toutes celles ayant perdu au moins 40% de leur chiffre d'affaires pourront ainsi demander une aide pour les frais non couverts. Ce qui correspond, plus concrètement, au coût du loyer, de l'électricité ou encore aux abonnements internet. Grâce à cette nouvelle indemnité, 70% de ces frais peuvent être couverts par l'Etat pour les moyennes et grandes entreprises et jusqu'à 90% pour les petites entreprises. 


Flüchtling Alsaleh Wesam eröffnent inmitte der Pandemie ein Restaurant
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Mais pour en bénéficier, les restaurateurs devront se montrer patients. La loi n'a pas encore été adoptée par la Chambre des députés. François Koepp lance donc un appel visant à faire accélérer les choses. «L'aide aurait dû être décidée immédiatement, dès la fermeture du secteur», estime-t-il par ailleurs.

En outre, le représentant de la fédération des restaurateurs continue de militer pour davantage de mesures. Car si les aides profitent aux entreprises et aux salariés, elles ne profitent pas aux indépendants qui exploitent les restaurants en leur nom propre. «Jusqu'à présent, ils ne reçoivent rien», rappelle-t-il. Et pour François Koepp, il y a urgence. Selon ses estimations en octobre dernier, ce deuxième confinement pourrait en effet mettre en danger quelque 8.000 emplois du secteur

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