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Les premières victimes de l'offensive turque en Syrie
Économie 11 4 min. 10.10.2019

Les premières victimes de l'offensive turque en Syrie

Les premières victimes de l'offensive turque en Syrie

Photo: AFP
Économie 11 4 min. 10.10.2019

Les premières victimes de l'offensive turque en Syrie

La Turquie a lancé mercredi, comme elle s'y était engagée, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antijihadistes. La Turquie fait fi des mises en garde internationales.

(AFP) – Mercredi, des régions voisines de la Turquie, notamment les zones de Tal Abyad et de Ras al-Aïn, ont été bombardées par l'aviation et l'artillerie turques. Le ministère turc de la Défense a ensuite annoncé en soirée que des militaires turcs et leurs supplétifs syriens avaient pénétré en Syrie, marquant le début de la phase terrestre de l'opération.


Les premières manœuvres d'engins militaires ont été dénoncés par la France et l'Union européenne.
L'UE exige l'arrêt de l'offensive turque en Syrie
Le président de la Commission européenne a demandé mercredi la fin des combats en terres kurdes. Jean-Claude Juncker a averti qu'aucun financement européen ne serait accordé «pour une zone de sécurité» dans ce secteur.

 Le président américain Donald Trump a estimé que l'opération d'Ankara était «une mauvaise idée». En début de semaine, c'est pourtant le retrait des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie et les déclarations contradictoires de la Maison Blanche qui ont ouvert la voie à l'offensive. 

 Cette opération turque - dont l'objectif est d'éloigner de la frontière la puissante milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG) - a fait 15 morts dont 8 civils, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ajoutant que des «milliers de déplacés» fuient les zones bombardées. 

Réunion d'urgence ce jeudi

 L'offensive a provoqué un tollé international. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence jeudi. A Ras al-Aïn, un correspondant de l'AFP a entendu une forte explosion et vu s'élever de la fumée tout près de la frontière, ajoutant que des avions survolaient le secteur. Des tirs d'artillerie visent en continu la ville, provoquant la fuite de dizaines de civils à bord de motos et voitures, partant même à pied, chargés de valises et de sacs, a-t-il constaté. 

 Equipés de lance-roquettes, des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes dominée par les YPG, se sont déployés dans la ville, selon le correspondant de l'AFP. 

«Mobilisation générale» 

 Les médias turcs ont rapporté que 8 projectiles tirés par les YPG étaient tombés sur les villes turques frontalières d'Akçakale et de Nusaybin, sans faire de victime. L'offensive de la Turquie est la troisième en Syrie depuis 2016. Elle ouvre un nouveau front dans un conflit qui a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés depuis 2011. 

«Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (ANS, une coalition financée et entraînée par la Turquie soutenue par Ankara, ndlr) ont débuté l'opération "Source de paix" dans le nord de la Syrie», a annoncé M. Erdogan sur Twitter. 

 Au moins 18.000 combattants syriens supplétifs d'Ankara -faisant partie de factions regroupées au sein de l'ANS- ont été mobilisés pour participer à l'offensive, a affirmé mercredi un de leurs porte-parole. L'offensive doit permettre la création d'une «zone de sécurité» destinée à séparer la frontière turque des positions kurdes et accueillir des réfugiés, a dit M. Erdogan. 

«Si le plan de la Turquie est la création d'une zone de sécurité, n'attendez pas de financement de l'Union européenne», avait lancé dès mercredi Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, devant le Parlement européen réuni à Bruxelles.  

Le ministère turc de la Défense a assuré que tout était fait pour éviter les pertes civiles. Alliées aux Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), les YPG sont considérées par Ankara comme une organisation «terroriste», pour leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

 «Les Etats-Unis ne soutiennent pas cette attaque et ont clairement indiqué à la Turquie que cette opération était une mauvaise idée», a souligné M. Trump dans un bref communiqué. Il avait pourtant paru donner son feu vert à une telle opération, avant de nuancer ses propos et d'assurer que Washington n'avait «pas abandonné les Kurdes». Quelques heures avant le début de l'offensive, les Kurdes de Syrie, confrontés aux atermoiements de leur allié américain, avaient décrété une «mobilisation générale», tout en appelant Moscou à intervenir pour faciliter un dialogue avec Damas. 

 Tollé 

 Le déclenchement de l'offensive a été fermement condamné par plusieurs pays qui craignent un chaos susceptible d'ouvrir la voie à un retour en force de l'EI, et qui fait planer l'incertitude sur le sort des jihadistes prisonniers des YPG. Le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin, a appelé les pays européens à «reprendre» leurs ressortissants ayant intégré l'EI et aujourd'hui détenus par les forces kurdes. 

Paris a «très fermement» condamné l'incursion turque. L'Allemagne a estimé que l'opération risquait «de provoquer une résurgence» de l'EI et Londres a dit sa «sérieuse préoccupation». Aux Etats-Unis, un poids lourd des Républicains et proche de M. Trump, Lindsey Graham, a accusé le président américain d'avoir «honteusement abandonné les Kurdes» et s'est dit favorable à ce qu'«Erdogan paie très cher. Avant le déclenchement de l'offensive, le président russe Vladimir Poutine avait appelé M. Erdogan à «bien réfléchir». 


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