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Les frontaliers dépensent 20% de leurs revenus au Luxembourg
Économie 4 min. 04.04.2018 Cet article est archivé

Les frontaliers dépensent 20% de leurs revenus au Luxembourg

Près de 162.000 frontaliers viennent travailler au Grand-Duché chaque jour, soit 43% de l’emploi total.

Les frontaliers dépensent 20% de leurs revenus au Luxembourg

Près de 162.000 frontaliers viennent travailler au Grand-Duché chaque jour, soit 43% de l’emploi total.
Économie 4 min. 04.04.2018 Cet article est archivé

Les frontaliers dépensent 20% de leurs revenus au Luxembourg

Thierry LABRO
Thierry LABRO
La Banque centrale du Luxembourg (BCL) et le Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER) ont publié mercredi la deuxième étude sur la manière dont les frontaliers dépensent ou font fructifier leur patrimoine.

La question revient régulièrement dans les discussions politiques: où les frontaliers dépensent-ils leur argent?

La deuxième étude menée par la Banque centrale de Luxembourg en collaboration avec le LISER auprès de 2.400 ménages dans les trois pays frontaliers rappellent que la résidence principale est l'actif le plus important: 71 % d’entre eux sont propriétaires. Le taux de propriété le plus élevé se trouve en Belgique (79 %) et le plus bas en Allemagne (60 %). 

En conséquence, les actifs réels sont majoritairement détenus dans le pays de résidence, mais plus de 20 % des actifs financiers et des passifs totaux de ces ménages frontaliers sont détenus au Luxembourg.  


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De plus, dit le communiqué de la BCL, "les valeurs médianes du patrimoine net et du revenu brut des frontaliers sont beaucoup plus élevées que les valeurs nationales correspondantes. Quant au revenu brut médian des ménages employés résidant au Luxembourg, il est 30 % plus élevé que celui des frontaliers. Une partie de cette différence s’explique par la provenance des revenus des frontaliers, dont environ 20 % sont issus de leur pays de résidence."

Une aversion au risque

En termes de placements financiers, les ménages les plus adverses au risque ont habituellement des comptes à vue et d’épargne, ainsi que des plans d’assurance-vie ou d’épargne-pension

Les ménages les plus éduqués ont tendance à prendre plus de risques et les ménages ayant une aversion au risque moins prononcée sont aussi plus susceptibles de gagner un revenu brut plus élevé. Ces ménages sont plus susceptibles d'investir dans des actions et des fonds communs de placement.

Enfin, les frontaliers consomment des produits et utilisent des services tant au Luxembourg que dans leur pays de résidence. En particulier, si leurs dépenses en biens non durables sont principalement effectuées dans leur pays de résidence, les frontaliers dépensent presque 20 % du revenu du ménage au Luxembourg.

261.900 euros de patrimoine

Concernant leur situation financière, le patrimoine net moyen des frontaliers en question a augmenté d'environ 9 % en termes nominaux par rapport à 2010 (de 239 900 euros à 261 900 euros). Par ailleurs, la médiane a augmenté de presque 20 % par rapport à 2010 (de 167 000 euros à 239 900 euros). En moyenne, le patrimoine net des ménages frontaliers ne représente que la moitié de celui des ménages employés résidant au Luxembourg. Cette différence s’explique principalement par la valeur plus élevée des biens immobiliers au Luxembourg par rapport aux régions voisines.

Les résultats indiquent également que les inégalités de patrimoine sont moindres parmi les ménages frontaliers étudiés par cette enquête, par comparaison avec les ménages employés résidant au Luxembourg. Le patrimoine net de ces ménages frontaliers les plus fortunés (quintile supérieur) est environ deux fois plus élevé que celui du quatrième quintile et entre trois et quatre fois plus élevé que celui du troisième quintile. Les 20 % des ménages frontaliers les moins fortunés disposent d’un patrimoine net similaire à celui des ménages employés résidant au Luxembourg du premier quintile, soit environ 6 000 euros.

En dépit de ces différences, la composition du patrimoine de ces ménages frontaliers est similaire à celle des ménages employés résidant au Luxembourg. Les actifs réels représentent plus de 80 % du patrimoine moyen et la dette hypothécaire représente environ 80 % de la dette totale moyenne. Le niveau d'exposition aux actifs risqués est limité : les investissements en actions et fonds communs de placement représentent moins de 20 % des actifs financiers des ménages.


4.3. Groussregion / Report Pendler / Arloner Autobahn bei Sterpenich Foto: Guy Jallay
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46 minutes pour aller travailler

 Les résultats indiquent que les frontaliers employés au Luxembourg habitent généralement dans leur pays de naissance, sont mariés (ou en partenariat) et ont un niveau d’éducation élevé. Ils sont en majorité employés en contrat à durée indéterminée et travaillent au Luxembourg depuis en moyenne dix ans. 

Par rapport aux ménages résidant au Luxembourg, ces frontaliers sont plus susceptibles d'être employés dans les secteurs du commerce de gros et de détail et le secteur financier. 

La voiture constitue leur principal moyen de transport et ils ont à parcourir un trajet d'une durée moyenne de 46 minutes pour se rendre sur leur lieu de travail. C’est deux fois plus que le temps de transport moyen nécessaire pour les travailleurs résidant au Luxembourg, qui est de 23 minutes.  





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