Changer d'édition

Les doutes persistent sur l'avenir de Liberty Steel
Économie 3 min. 09.11.2021
Industrie

Les doutes persistent sur l'avenir de Liberty Steel

Qu'il semble loin le temps où un Sanjeev Gupta conquérant, annonçait des jours radieux pour l'aciérie dudelangeoise.
Industrie

Les doutes persistent sur l'avenir de Liberty Steel

Qu'il semble loin le temps où un Sanjeev Gupta conquérant, annonçait des jours radieux pour l'aciérie dudelangeoise.
Photo : Alain Piron
Économie 3 min. 09.11.2021
Industrie

Les doutes persistent sur l'avenir de Liberty Steel

L'activité de l'aciérie de Dudelange tourne toujours au ralenti, et le chômage partiel concerne encore de nombreux employés. Le destin du site luxembourgeois reste toujours lié au sort de l'usine belge de Liège, elle aussi en plein marasme.

GFG Alliance, la maison-mère de Liberty Steel, l'avait pourtant promis : en octobre, l'activité de l'usine dudelangeoise allait reprendre de plus belle. De quoi faire oublier les mois passés à ne tourner qu'à 20% des capacités, des mois de chômage partiel ayant frappé les salariés de l'aciérie rachetée à ArcelorMittal en 2019. Sauf qu'aujourd'hui, les choses n'ont guère évolué. Les machines tournent toujours aussi peu et les emplois du temps sont loin d'avoir besoin de la totalité des quelque 250 salariés.


«La confiance en Sanjeev Gupta et son groupe diminue»
Intervenu mardi à la Chambre, le ministre de l'Economie n'a pas caché son scepticisme quant aux annonces de restructuration faites lundi par Liberty Steel pour l'usine de Dudelange. Franz Fayot y préfère la recherche de nouveaux partenaires industriels.

Des nouvelles de GFG Alliance, les ouvriers en ont toutefois. En pleine déconfiture, à la suite de montages financiers plus qu'hasardeux, le groupe restructure ses actifs sidérurgiques et miniers en Australie. Conforte une usine en Angleterre, à Rotherham. Mais de ce côté-ci du globe, depuis mars 2021 et l'effondrement du principal financeur du groupe Greensill Capital, c'est toujours la même opacité qui entoure le devenir des installations et des personnels.

Selon Jeffrey S. Stein, directeur de la restructuration pour le groupe industriel, «un nombre important de nouveaux prêteurs ont exprimé leur intérêt pour le refinancement des installations sidérurgiques en Europe». Qui, combien, où? Les questions restent toujours sans réponse, et les repreneurs ne semblent pas se presser au portillon même si la production de 600.000 tonnes de tôles laminées et galvanisées made in Luxembourg pourrait attirer les investisseurs.

Un investisseur public à la rescousse

Le sort de Dudelange reste intimement lié à celui de son alter ego belge de Liège. Et dans le royaume voisin, le comité d'entreprise en Belgique, avec les deux usines de Flémalle et Tilleur, a été informé d'une éventuelle réorganisation des activités. Il serait prévu de fermer une ligne de galvanisation à Flémalle et de licencier 153 personnes (sur un total de 742 employés). Selon Liberty Steel, cela n'aura «aucun impact sur le site Liberty à Dudelange».


Wirtschaft, Piquet, Liberty Steel, Présidents, Robert Fornieri LCGB, Stefano Araujo OGBL  Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
Inquiétudes à Dudelange après la restructuration à Liège
L'annonce, lundi, de la suppression de 153 postes dans les différentes usines wallonnes du groupe soulève des interrogations au Grand-Duché, en raison de l'interdépendance des sites. D'autant que le site luxembourgeois fonctionne toujours au ralenti.

Un site grand-ducal qui vivote donc, avec un peu moins de 40% de ses effectifs en activité. Un site dont la production dépend des arrivages en bobines d'acier plat venues de l'usine roumaine de Galati. Cette unité, à 2.000 km du sud du Grand-Duché, est devenu le principal fournisseur depuis la restructuration annoncée cet été. Apportant de la matière première mais surtout les liquidités financières qui évitent à l'usine luxembourgeoise de s'effondrer. 

Une solution qui ne satisfait guère, et en interne on ne cache pas que la préférence irait plutôt vers un rachat par un nouveau propriétaire de l'ensemble Liège-Dudelange. Mais la transaction ne serait pas du goût des patrons de Liberty.

Seule certitude : des négociations sont actuellement en cours, côté liégeois. Il est question de faire rentrer de l'argent frais, notamment via la Sogepa. L'équivalent wallon de la Banque d'investissement publique luxembourgeoise (SNCI) serait prête à mettre des billes dans l'affaire. «On en saura plus le 16 novembre», souffle Robert Fornieri à l'approche de cet énième épisode d'une saga sidérurgique pourtant tellement prometteuse au départ.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

En annonçant mardi investir plus de 500 millions d'euros dans un projet d'extension de son site de Saint-Ghislain et en faisant état de l'achat d'un terrain près de Charleroi voué à accueillir un data center, le géant américain impose sa marque de l'autre côté de la frontière.
L'éclaircie se confirmerait-elle pour les entreprises du pays? En tout cas, les conclusions du dernier sondage réalisé par la Chambre de commerce s'avèrent optimistes sur la reprise.
Wort.fr, Chantier pont CFL devant traverser l’autoroute A3, Croix Gasperich, CFL, Pont, Brücke, Arbeiter, Schweißen, Soudure, Ouvrier, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Le site sidérurgique de Differdange dispose du premier parc solaire flottant du Luxembourg. Soit 6.777 panneaux assurant l'équivalent électrique des besoins de 3.200 habitants.
En parallèle des efforts réalisés pour électrifier les secteurs de l'industrie ou du transport, le gouvernement entend multiplier les approches pour tenter d'atteindre la neutralité carbone en 2050. D'où la présentation, ce lundi, d'une stratégie dédiée à l'essor du H2.