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Les discothèques au bord du gouffre
Économie 3 min. 11.11.2020

Les discothèques au bord du gouffre

Les gérants de l'Apoteca, Marc Grandjean et Jérôme Stoffel, ont bien souhaité transformer leur boite, mais l'opération ne s'avère pas rentable.

Les discothèques au bord du gouffre

Les gérants de l'Apoteca, Marc Grandjean et Jérôme Stoffel, ont bien souhaité transformer leur boite, mais l'opération ne s'avère pas rentable.
Photo: Luc Deflorenne
Économie 3 min. 11.11.2020

Les discothèques au bord du gouffre

Forcée à l'arrêt depuis huit mois, la vie nocturne est très fortement touchée par la crise sanitaire. Les gérants d'établissements de nuit doivent faire face à des pertes de 100% des revenus et des frais qui s'accumulent. Mais sans aides de l'Etat, difficile de survivre.

(ASdN avec Marlène Brey) - Les DJ ont coupé le son et les fêtards ont déserté la piste de danse. Depuis le 16 mars, date du début du confinement, la vie nocturne s'est arrêtée. Mais pour les exploitants de discothèques, cette fin ne marque que le début des problèmes. Car depuis huit mois, la perte est de 100% dans les boîtes de nuit. Et si les caisses restent désespérément vides, les coûts fixes, eux, s'accumulent. Loyer, factures d'eau et d'électricité et autres frais continuent en effet de courir. Pour la boite de nuit Gotham, à deux pas du Glacis à Luxembourg, le seul loyer coûte quelque 30.000 euros par mois à son propriétaire. 


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Pour l'Apoteca, au cœur de la capitale, la crise sanitaire apparaît comme un vrai choc, après six années de résultats positifs. «L'Etat a fermé nos commerces, mais il n'y a aucune aide», soupire son gérant Marc Grandjean en haussant les épaules. «Nous avons aussi besoin d'une aide substantielle», rappelle de son côté Jean-Claude Colbach qui dirige le IKKI aux Rives de Clausen avant de préciser : «si la crise était de notre faute, ce serait une autre affaire. Mais ce n'est pas le cas».

Si le gouvernement soutient les secteurs les plus touchés, les boites de nuit sont en effet exclues du Fonds de relance et de solidarité. Pour éviter que les entreprises ne se reposent sur les fonds publics, le programme prévoit en effet que les entreprises exercent leurs activités «pendant le mois pour lequel l'aide est demandée». Mais si cela est possible pour les bars et restaurants, cela l'est beaucoup moins pour les boites de nuit qui accueillent habituellement leurs clients qu'à l'heure où le couvre-feu commence. 

Se serrer les coudes

Certains ont pourtant bien tenté de s'adapter. Melusina, l'une des plus anciennes discothèques du pays, a d'abord semblé être un modèle de réussite. Le club a été entièrement reconstruit, un clip vidéo a été tourné, l'endroit était complet. Puis vint le couvre-feu et le club est à nouveau plongé dans l'obscurité. 

De son côté, Marc Grandjean a lui aussi tenté de transformer son club en bar avant d'être rattrapé par la réalité. Engager un DJ, une entreprise de nettoyage et du personnel de service ne vaut pas la peine pour quelques clients. «Cela coûte plus cher que ce que nous encaissons», précise-t-il avant d'ajouter : «Même avant la crise, il était difficile d'attirer des clients à l'Apoteca avant midi - nous sommes un club, après tout». Pour le gérant, se faire un nouveau nom en tant que bar pendant la crise semble sans espoir.  


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Face aux difficultés des entreprises du monde de la nuit, le secteur a bien essayé de se serrer les coudes. En mai dernier, la Luxembourg Event Association (LEA) a ainsi été fondée, regroupant des agences événementielles, des traiteurs et des discothèques. L'association représente ainsi 60 des quelque 120 entreprises du pays, dont une douzaine de clubs.  

Ensemble, les membres de la LEA espèrent faire fléchir le ministère. En leur nom, le président de l'association Charles Schroeder a négocié une exception afin de permettre aux clubs de rester complètement fermés tout en continuant à bénéficier du Fonds de relance et de solidarité. Et en cas d'échec, le secteur compte bien ne pas s'arrêter là. «Si rien ne se passe, nous devrons intenter un procès», annonce le gérant du IKKI Jean-Claude Colbach. 

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