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Les bureaux sonnent drôlement vide
Économie 3 min. 03.08.2020

Les bureaux sonnent drôlement vide

Les entreprises craignent autant les infections individuelles que d'éventuelles mesures de confinement collectives pour leurs salariés.

Les bureaux sonnent drôlement vide

Les entreprises craignent autant les infections individuelles que d'éventuelles mesures de confinement collectives pour leurs salariés.
Économie 3 min. 03.08.2020

Les bureaux sonnent drôlement vide

Entre départs en congés et télétravail, les espaces de travail des grandes sociétés restent encore loin de leur occupation habituelle. Et rien ne dit que chaque place retrouvera, demain, celui ou celle qui venait y assurer sa mission.

(pj avec Mara Bilo) -  Rappeler leurs employés au bureau : pour beaucoup de sociétés luxembourgeoises, il est encore trop tôt. Déjà parce que la résurgence des infections au covid-19 est loin de rassurer les employeurs ensuite parce que le mode télétravail  n'a pas si mal fonctionné ces derniers mois. Alors, patience est devenu le maître-mot des gestionnaires de ressources humaines.

Dans ses colonnes, voici quelques jours, le journal britannique The Guardian faisait le même constat pour le Royaume-Uni. Sauf qu'a contrario du Grand-Duché, là-bas le gouvernement fait pression pour que les entreprises rappellent au bureau leurs personnes dès ce mois d'août. De l'autre côté de la Manche, la méfiance sanitaire s'est donc muée en résistance passive.


«L'open space doit être repensé»
En raison des mesures d’hygiène et des distanciations sociales imposées, les vastes bureaux ouverts seront-ils la prochaine victime du covid-19? Rien n’est moins sûr selon Pierre Hurt, le directeur de l’Ordre des architectes et des ingénieurs-conseils (OAI). Mais, selon lui, remodeler ces espaces s'impose.

Au Luxembourg, le travail à distance reste une piste privilégiée donc pour les semaines (mois?) à venir. Le ministère du Travail confirme. A la Banque européenne d'investissement (BEI), qui emploie près de 4.000 personnes, le télétravail reste ainsi l'usage. «La BEI a opté pour un retour progressif et prudent au bureau. Actuellement, moins de 10% des employés travaillent sur site», explique une porte-parole. Plusieurs raisons à cela : «Le travail à domicile fonctionne très bien pour presque tous les employés. Leur présence au bureau reste basée sur le volontariat et... beaucoup sont désormais en vacances».

La situation est similaire pour la société d'audit KPMG, et ses plus de 1.800 employés. «La priorité, pour l'instant, est donnée aux employés devant se rendre auprès de leurs clients ainsi qu'à ceux qui doivent rencontrer leur équipe pour s'assurer que toutes les exigences des clients soient satisfaites», indique une voix du ''big four". «Pour le reste du personnel, le travail à domicile est toujours recommandé.» 

Pour sa part, Spuerkeess continue à encourager elle aussi le travail à domicile pour un grand nombre de ses employés. La caisse d'épargne nationale s'assure juste d'un taux de présence réduit et en lien avec les directives sanitaires. «Les responsables de la banque veillent à ce qu'environ la moitié de leurs équipes soient présentes sur place», indique l'institution financière. Des plans de retour des employés sont bien en cours, mais là encore pas d'urgence. D'autant moins que «la façon dont nous travaillons actuellement assure le plus haut niveau de sécurité sur notre site», déclare de son côté la BEI.


«Le télétravail doit se faire sur une base volontaire»
Le Conseil économique et social planche actuellement sur la thématique du travail à distance. Pour son président, Jean-Jacques Rommes, «la réglementation rigide doit être simplifiée» mais la question reste «extrêmement complexe», en particulier concernant les frontaliers.

Car l'angoisse de toute structure est de voir non seulement se multiplier les cas d'infection, mais les mesures d'isolement et de confinement qui peuvent suivre et vite paralyser l'activité. La règle est donc : protection maximale de la santé des employés et des clients.

Du côté de KPMG, un certain nombre de phases différentes ont été définies pour un retour progressif au bureau, comme l'explique une porte-parole de la société. «Nous continuerons à ajuster ce protocole au fur et à mesure de l'évolution de la situation. La santé et la sécurité de nos employés étant notre priorité absolue», insiste le cabinet d'audit.

Faciliter ce nouveau quotidien

En attendant, il y a de plus en plus de signes que de nombreuses entreprises veulent continuer à travailler à domicile même après la crise du covid-19. Ainsi, de nombreux employés ont reçu un nouvel équipement de bureau à domicile pour faciliter leur nouveau quotidien. «Tous les employés de KPMG disposent ainsi d'un ordinateur portable et d'un smartphone, chacun d'entre eux ayant un certain nombre d'applications sécurisées qui leur permettent de travailler au bureau, chez le client ou à domicile», explique la société. «Comme le travail à domicile devient la nouvelle norme, nous avons déjà équipé un nombre limité de nos employés d'écrans et nous ajouterons des écrans fixes ou mobiles à partir de cet automne». 

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