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Les banques luxembourgeoises pointées du doigt
Économie 2 min. 04.04.2016 Cet article est archivé
Industrie financière

Les banques luxembourgeoises pointées du doigt

La BIL est la maison mère d'Experta, en tête des entités ayant le plus demandé la constitution de sociétés offshore.
Industrie financière

Les banques luxembourgeoises pointées du doigt

La BIL est la maison mère d'Experta, en tête des entités ayant le plus demandé la constitution de sociétés offshore.
Marc Wilwert
Économie 2 min. 04.04.2016 Cet article est archivé
Industrie financière

Les banques luxembourgeoises pointées du doigt

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
Selon le consortium de journalistes ICIJ, quatre établissements de crédit luxembourgeois figurent parmi les dix (au monde) faisant le plus appel aux sociétés écrans.

(pso) - L'on savait que l'industrie financière luxembourgeoise avait régulièrement fait appel à l'opacité des règles panaméennes pour y établir des sociétés-écrans et ainsi protéger ses clients des regards indiscrets. Les dernières révélations du consortium international de journalistes ICIJ en donnent la mesure.

Quatre établissements luxembourgeois figurent dans un tableau rassemblant les dix banques internationales ayant le plus recours aux «sociétés offshore» (sans toutefois définir le concept ni la juridiction concernée) pour leurs clients.

BIL en tête

La filiale de la BIL (Banque internationale à Luxembourg), Experta Corporate & Trust Services, trône en son sommet avec plus de 1.600 entités utilisées.

Suit Banque J. Safra Sarasin – Luxembourg avec près de 1.000 unités. Peu connu du grand public, l'établissement d'origine brésilienne emploie tout de même localement plus de 120 personnes et compte environ 7 milliards d'euros d'actifs.

Aux huitième et neuvième places du classement de l'ICIJ figurent respectivement Société Générale Bank & Trust Luxembourg et Landsbanki Luxembourg avec toutes deux un peu moins de 500 dossiers chacune.

Scandales politiques via Luxembourg

Le Premier ministre islandais, Davíð Gunnlaugsson, doit d'ailleurs maintenant affronter la tempête pour avoir caché sa prise de participation, avec sa femme, dans une société immatriculée aux Iles Vierges,  qui était exposée aux banques islandaises ayant fait faillite après la crise des subprimes (Landsbanki donc, mais aussi Glitnir et Kaupthing qui ont aussi opéré au Luxembourg) et pour laquelle il avait fait appel au cabinet juridique basé à Panama Mossack Fonseca.

C'est de ce cabinet que provient ce qui est devenu la plus importante fuite de données de l'histoire du journalisme. Le consortium international de journalistes (ICIJ) et plus d'une centaine d'autres médias se sont ainsi associés pour traiter une véritable mine d'informations financières envoyées à un journaliste du quotidien allemand la «Süddeutsche Zeitung» il y a plus d'un an. 11,5 millions de fichiers (pesant ensemble 1.500 fois plus lourd que les données de LuxLeaks publiées en novembre 2014) ont été extraits dudit cabinet, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore.

200 pays concernés

Couvrant l'entièreté de l'existence de la firme jusqu'à l'année dernière, de 1977 à 2015 donc, les «Panama Papers» mettent en lumière les ramifications de la structuration offshore internationale sur deux centaines de juridictions de plus de 214.000 entités.

Outre le Premier ministre islandais, la mise en bouche de ce dimanche concerne déjà plusieurs dizaines de personnalités comme des proches du président russe Vladimir Poutine, le footballeur argentin Lionel Messi et le président de l'UEFA Michel Platini. D'autres révélations devraient suivre durant la semaine. Selon différentes sources, l'intégralité des données sera mise en ligne dans un mois.

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