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Le virus affecte négativement les finances de l'Etat
Économie 3 min. 19.10.2020

Le virus affecte négativement les finances de l'Etat

La semaine dernière, le ministre des Finances a proposé un budget pour 2021 à hauteur de 21,7 milliards d'euros.Non sans quelques incertitudes...

Le virus affecte négativement les finances de l'Etat

La semaine dernière, le ministre des Finances a proposé un budget pour 2021 à hauteur de 21,7 milliards d'euros.Non sans quelques incertitudes...
Photo : Guy Jallay
Économie 3 min. 19.10.2020

Le virus affecte négativement les finances de l'Etat

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le ministre des Finances doit toujours faire face à moins de rentrées d'argent et plus de dépenses publiques. Un choix assumé que Pierre Gramegna a chiffré pour le troisième trimestre.

En un an, le solde de l’administration centrale s’est dégradé de 3,5 milliards d’euros. Comprenez que ce montant manque dans les caisses de l'Etat en 2020 en comparant à la situation connue en septembre 2019. Mais, depuis l'apparition de la crise, la comparaison n'a plus guère de sens. Les mesures nécessaires au soutien de l'économie nationale pesant sans commune mesure sur les caisses publiques désormais. 

 En présentant à la Chambre la situation trimestrielle des finances publiques du pays, Pierre Gramegna (DP) n'a ainsi pu que constater les dégâts. A commencer par l'effondrement des recettes. De septembre à septembre, leur total a baissé d'un milliard d'euros. Rien de surprenant pour le ministre des Finances qui justifie la chute des rentrées par les gestes fiscaux décidés, notamment, pour subvenir aux besoins de liquidités des entreprises en difficulté.


Un budget de lutte et de relance pour 2021
Pas question pour le ministre des Finances de jouer défensif. Face à la crise sanitaire et économique, Pierre Gramegna a déposé, mercredi, un projet de budget 2021, volontariste en matière d'investissements mais aussi de soutien.

A elles seules, par exemple, les annulations d'avance ou les reports de paiement tolérés sur certains impôts directs représentent une moins-value de 228 millions d'euros. De fait, à l'heure actuelle, les recettes encaissées correspondent à 66,7% seulement du total du budget voté pour 2020. Un manque qui fait écho aux reproches de l'ancien directeur du Trésor. Georges Heinrich estimait ainsi, dernièrement, que l'Etat avait trop déboursé pour faire face à la crise.

Sur l'autre plateau de la balance, l'Etat a augmenté de +2,4 milliards d’euros ses dépenses par rapport à la situation constatée fin septembre 2019. Une hausse de +17,4% qui s'explique par le programme d'investissements poussé, les aides aux entreprises inédites (soit près de 2 milliards d'euros) mais aussi le paiement du récent achat d'un avion militaire. Un A400M dont il fallu régler la note : 167 millions. 

Le gouvernement dispose de toutes les capacités financières nécessaires

Pierre Gramegna (DP)

Signe que le robinet public est grand ouvert, l'administration constate au terme du troisième trimestre de l'année que l'exécution budgétaire est cette fois proche des 85%. «Soit un taux d’exécution de 9,8 points de pourcentage supérieur au taux à atteindre fin septembre.»

Toutefois, Pierre Gramegna préfère se montrer rassurant. N'en déplaise à l'opposition, CSV en tête, qui lui reproche de ne pas avoir assez fait de réserves ces dernières années, mais le ministre des Finances persiste et signe : «Le gouvernement dispose de toutes les capacités financières nécessaires pour affronter les défis sur le plan économique de manière intelligente et proportionnée». 


Arbeitsminister Dan Kersch - Foto : Pierre Matgé/Luxemburger Wort
«Dépenser plus pour assurer la cohésion sociale»
Dan Kersch s'est confié sur la crise sanitaire et ses conséquences économiques notamment sur l'évolution du marché du travail. Le ministre du Travail et de l'Emploi évoque aussi la question de la fiscalité.

Le ministre libéral se satisfait notamment des «premiers signes laissant entrevoir une stabilisation au niveau des recettes fiscales» pour les derniers mois de l'année. Seulement, lui qui avait pu se satisfaire d'un déficit 2019 moins conséquent que prévu, devra cette fois faire avec un trou d'une profondeur inattendue quand, en fin d'année dernière, le pays se votait un budget de 20 milliards d'euros en toute sérénité.

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