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«Le traitement des données constitue un enjeu important»
Économie 4 min. 14.11.2019

«Le traitement des données constitue un enjeu important»

Sasha Baillie se trouve à la tête d'une équipe de 70 personnes.

«Le traitement des données constitue un enjeu important»

Sasha Baillie se trouve à la tête d'une équipe de 70 personnes.
Photo: Lex Kleren
Économie 4 min. 14.11.2019

«Le traitement des données constitue un enjeu important»

Soutien aux jeunes entreprises, aux secteurs économiques porteurs ou encore aux nouvelles technologies, Luxinnovation fête ce jeudi son 35e anniversaire. Échanges avec Sasha Baillie, son CEO, pour évoquer le présent mais aussi le futur de l'agence nationale de promotion économique.

(ER/ThK) - Depuis mai 2018, Sasha Baillie occupe la fonction de CEO de l'agence nationale chargée du développement de l'innovation et de la promotion de l'économie. L'occasion d'évoquer l'évolution du rôle joué par Luxinnovation au cours du temps.   

Depuis les années 1980, le paysage de la recherche au Luxembourg a connu des changements fondamentaux. Dans quelle mesure votre façon de travailler a-t-elle évolué?

Sasha Baillie - «Nous avons énormément grandi depuis le début. D'une poignée d'employés, nous sommes passés à 70 personnes aujourd'hui. Nous développons constamment nos activités dans de nouveaux secteurs économiques tels que «HealthTech», «Cleantech» et les industries créatives. C'est pourquoi nous avons besoin d'experts dans différents secteurs d'activité.


Wrtschaft, Vorstellung des neuen Geschäftsberichts 2018 von Luxinnovation, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
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Depuis quelque temps, l'une de nos tâches consiste à promouvoir les jeunes entreprises en phase de démarrage. Dans ce cadre, nous soutenons chaque année plus de 300 jeunes sociétés sous forme de conseils sur le modèle d'entreprise, par exemple. Ces dernières années, nous avons constaté que la qualité des créations d'entreprises au Luxembourg s'est considérablement améliorée. Depuis la fusion avec «LuxembourForBusiness» (en 2016, ndlr), notre mission est de convaincre des entreprises innovantes internationales de venir s'établir au pays.

Quelle est votre démarche pour y parvenir?

«Notre équipe marketing s'intéresse aux compétences faisant encore défaut dans l'écosystème des entreprises luxembourgeoises. Et nos développeurs commerciaux internationaux recherchent les candidats qui correspondent à ce profil. Par exemple, la société Hanalytics de Singapour qui a récemment décidé de s'installer au Luxembourg. L'entreprise utilise l'apprentissage automatique pour analyser les données d'images du cerveau.


Wirtschaft, Luxembourg-France-Germany Cross Border Digital Tested, Project Day, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
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Avez-vous l'impression que les activités de recherche des entreprises se sont accélérées ces dernières années?

«J'ai bien peur que non. Bien entendu, nous souhaitons améliorer les statistiques. Notre objectif est de montrer aux entreprises quelles sont les opportunités technologiques. Comment peuvent-elles en bénéficier? Comment les projets de recherche et développement (R&D) peuvent être mis en œuvre?  Quel financement? Nous devons également améliorer notre communication avec les entreprises.

Quels sont les canaux dont vous disposez pour atteindre les entreprises? 

«Les clusters technologiques sont très importants. Environ 700 entreprises sont actives dans l'un de nos pôles de compétitivité comme la technologie de la santé ou l'automobile. Ces entreprises sont en contact permanent les unes avec les autres mais aussi avec nos responsables de ces différentes cellules. Dans ce cadre, nous partageons des informations, organisons des ateliers et des conférences sur des sujets spécifiques. Par exemple, la «Smart Manufacturing» qui est basé sur les nouvelles technologies.

Nous avons également invité des entreprises du secteur de l'artisanat à participer à nos rendez-vous car nous pensons qu'il est important pour elles de comprendre comment les processus dans l'industrie changent. Ces initiatives sont un moyen important pour les entreprises de se faire une meilleure idée de leur développement futur. Par ailleurs, nous avons créé un «pôle d'innovation numérique» en collaboration avec le ministère de l'Economie et nos partenaires que sont la Fedil, la Chambre de Commerce, le LIST, l'Uni et le FNR.


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Qu'entendez-vous par pôle d'innovation numérique?

«L'idée est d'établir un réseau entre les différents centres à travers l'Europe, il pourrait aider les entreprises à passer à Industry 4.0 (industrie du futur). Ces pôles se veulent une sorte de charnière entre les besoins des entreprises et les connaissances des instituts de recherche ou des prestataires de services informatiques. Cela implique l'utilisation de technologies complexes telles que l'intelligence artificielle, la cybersécurité,... En septembre, nous avons embauché une manager qui connaît parfaitement le domaine de l'innovation. Pour ce poste, il est important d'être à la fine pointe du développement technologique, d'une part, et de comprendre les besoins de l'industrie, d'autre part. Nous pouvons également nous appuyer sur le travail qui a déjà été effectué au sein de notre propre cluster.

A l'avenir, quel aspect du changement technologique sera le principal moteur de l'innovation? 

La question du traitement des données et l'usage que nous en ferons seront très importants. C'est pourquoi le ministère de l'Economie a récemment adopté une politique basée sur les données. Nous devons créer un cadre approprié afin de pouvoir les utiliser correctement pour permettre aux entreprises et la société dans son ensemble de se développer à la condition absolue que cela ne se fasse pas au détriment de la vie privée des personnes. Ce sera un enjeu important.» 


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