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Le SOS des commerces de la capitale
Économie 4 min. 28.04.2020 Cet article est archivé

Le SOS des commerces de la capitale

Bon point : le chantier du tram a redémarré au plus vite et aux points stratégiques pour moins gêner les boutiques à l'heure de la réouverture.

Le SOS des commerces de la capitale

Bon point : le chantier du tram a redémarré au plus vite et aux points stratégiques pour moins gêner les boutiques à l'heure de la réouverture.
Photo : Lex Kleren
Économie 4 min. 28.04.2020 Cet article est archivé

Le SOS des commerces de la capitale

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Attention, magasins en danger... Voilà le message d'alerte que lance l'Union commerciale de la Ville de Luxembourg au gouvernement. Dans l'espoir notamment d'une bouée de sauvetage qui viendrait les dispenser de payer leurs loyers.

(PJ) Malmenés déjà, fragilisés par un chantier du tram à l'impact certain sur l'activité: nombre de commerces de Luxembourg seraient à l'agonie dans le silence du confinement. Certains rideaux baissés pourraient bien ne jamais se relever, pronostique Anne Darin, directrice de l'Union commerciale de la Ville de Luxembourg qui regroupe 500 pas-de-porte. 

Le gouvernement, via le ministre des Classes moyennes Lex Delles (DP) a déjà affecté plusieurs dispositifs au soutien des commerces. Qu'en dites-vous?

Anne Darin : «Le package d'aides annoncé doit être salué. Il s'avère malheureusement insuffisant. Nicolas Buck -président de l'Union des entreprises - l'a encore rappelé ce mardi matin au cours d'un échange sur RTL avec le ministre. Par exemple, si le soutien du chômage partiel est indispensable aujourd'hui, beaucoup de commerces aimeraient que le gouvernement s'engage dès maintenant à prolonger la mesure pour leurs équipes, pour l'après-crise. Parce que déconfinement ou pas, l'activité ne va pas reprendre à 100%. Et si l'Etat ne veut pas avoir une masse de salariés licenciés, il faut qu'ils permettent aux enseignes de conserver leur effectif sous la main et réintégrer, petit à petit, les effectifs.

Pouvez-vous citer d'autres exemples de ce qu'il manque encore?

«Il faudrait une décision claire sur l'exonération de certaines charges, en plus de ce qui a déjà été dit sur les impôts. Il faudrait des aides plus équitables, plus proportionnées. Il y a des magasins qui passent encore entre les mailles des soutiens possibles. A l'exemple des commerces familiaux qui possèdent plusieurs points de vente. Mais le plus gros problème actuellement reste le manque de trésorerie.

La Ville de Luxembourg a annoncé renoncer à ses loyers commerciaux, le temps de la crise...

«La capitale, comme d'autres communes. Mais l'Etat doit prendre position sur cette question. Le paiement de ses loyers à des propriétaires privés reste une source de difficulté financière pour beaucoup de commerces. Nous avions d'ailleurs lancé un sondage sur ce point à nos adhérents. Trop souvent, le report (et pas l'annulation) du loyer relevait du bon vouloir du bailleur. Ou pas...


Le «poids extrêmement lourd» des loyers en centre-ville
La crise du coronavirus a conduit à une fermeture forcée des commerces mais les loyers continuent d'être dus. Malgré l'appel à la solidarité du Premier ministre, l'Union des propriétaires freine. L'UCVL réagit et lance un appel à son tour.

Le gouvernement doit trancher la question, et prendre acte qu'un propriétaire décidant de se priver d'un loyer doit trouver une compensation à cette perte de revenus. Mais, croyez-moi, pour certaines boutiques, bien positionnées, cette charge fixe à l'heure où rien ne rentre dans les caisses est la corde qui va les étrangler.

La bourgmestre Lydie Polfer et son échevin Serge Wilmes ont aussi fait savoir que la Ville renoncerait, notamment, à certaines taxes (comme le droit de terrasse pour les bars et restaurants). Voilà qui est positif.

«C'est très positif pour l'HORESCA de la capitale, mais ça devrait être partout de même. Là encore, le ministre Lex Delles doit soit agir via un projet de loi, soit encourager les 101 autres bourgmestres à suivre cet exemple. Ce n'est qu'ensemble et avec uniformité que nous nous en sortirons.


Achetez aujourd'hui, consommez demain
La confédération luxembourgeoise du commerce (CLC) proposera, dès jeudi, aux clients de soutenir leurs magasins de proximité fermés pour cause d'épidémie. En réservant un bon d'achat, chacun aura la possibilité d'offrir un peu de liquidité à sa boutique favorite.

Il faut aussi parler des futurs soldes, leur date, leur durée. Et puis évoquer la date de réouverture des commerces, pour la restauration comme pour les services à la personne ou la mode, cela devient vital de reprendre. Je pense particulièrement aux boutiques de vêtements, qui ont déjà dû avancer l'achat de leur collection de printemps sans avoir pu se séparer des pièces chaudes. Ils auront du mal à s'en débarrasser, voire devront les vendre à perte pour faire de la place dans leur stock. Cela n'arrangera pas les trésoreries.

Quel est le rôle de l'Union commerciale, au fil des jours?

«Déjà, nous restons proches de nos adhérents en leur relayant chaque nouveau dispositif de soutien adopté ou les opérations de la Chambre de commerce. Plus que jamais nous sommes à disposition pour évoquer de nouveaux modèles de mise en relation avec les clients, comme la vente en ligne par exemple. Leur apprendre à se faire mieux connaître, les maintenir présents dans l'esprit de leurs clients, les inciter à se tenir prêts pour la réouverture.» 

 

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