Changer d'édition

Le site Liberty de Dudelange pourrait changer de mains
Économie 2 min. 19.04.2021

Le site Liberty de Dudelange pourrait changer de mains

L'homme d'affaires britannique Sanjeev Gupta était l'un des plus importants clients de la société insolvable Greensill Capital.Son groupe possède notamment l'aciérie Liberty à Dudelange.

Le site Liberty de Dudelange pourrait changer de mains

L'homme d'affaires britannique Sanjeev Gupta était l'un des plus importants clients de la société insolvable Greensill Capital.Son groupe possède notamment l'aciérie Liberty à Dudelange.
Photo: AFP
Économie 2 min. 19.04.2021

Le site Liberty de Dudelange pourrait changer de mains

L'usine de galvanisation luxembourgeoise va peut-être servir de monnaie d'échange pour tenter d'éponger une partie des dettes du groupe GFG Alliance qui l'avait rachetée en 2019.

(pj avec Thomas KLEIN) Si une histoire semble trop belle pour être vraie, c'est généralement qu'elle est... fausse. L'adage vaut sans doute pour l'irrésistible ascension du magnat industriel Sanjeev Gupta et de son conglomérat d'entreprises GFG-Alliance. En quelques années, son groupe Liberty Steel est passé d'une relative obscurité à l'éclat d'un des plus grands producteurs d'acier d'Europe. Une croissance faite à grands coups d'acquisitions d'usines, comme le site de galvanisation de Dudelange en 2019. Aujourd'hui, le château de cartes s'effondre.


250 Personen arbeiten bei Liberty Steel in Düdelingen - der Kauf wurde seinerzeit durch die Bank Greensill finanziert.
L'Etat au chevet de l'usine Liberty Steel
Le gouvernement s'engage à assurer au site sidérurgique de Dudelange les garanties financières publiques nécessaires à sa survie. Une main tendue que le groupe saisira peut-être alors que son principal créancier vient de déposer le bilan.

Déjà en 2018, alors qu'ArcelorMittal souhaitait céder le site dudelangeois, les syndicats mettaient en garde. L'investisseur anglo-indien Sanjeev Gupta avait plus le profil d'un investisseur financier extérieur que d'un industriel mature. Sans même parler de la croissance inédite du groupe : «Depuis 2015, Liberty House s'est développée rapidement et de manière inexplicable! (...) Une évolution préoccupante compte tenu de l'épaisse couche de brouillard qui plane sur l'origine des fonds et qui rend possible cette ascension fulgurante !», indiquait voilà trois ans un communiqué du LCGB. 

Désormais, hélas, ce brouillard se dissipe après l'effondrement de Greensill Capital. Voilà qu'apparaît une triste réalité : l'empire de Gupta ne reposerait que sur des bases bien fragiles. Certains prêts accordés à Liberty par Greensill (principal bailleur de fonds du groupe) étaient apparemment étayés sur des factures sans fondement. Et ce n'est là qu'un exemple de ce que révèlent, chaque jour, les informations relatives à la viabilité du groupe .

Un petit pion

Sans Greensill, Gupta peine à financer ses activités. En mars, le gouvernement britannique a rejeté la demande de l'industriel d'aider sa firme en lui accordant des prêts à court terme de 170 millions de livres. Pour les autorités britanniques, la structure même de GFG Alliance est trop opaque pour que l'Etat lui accorde confiance. Les créanciers de Greensill, tels que le Crédit Suisse, tentent maintenant de recouvrer les dettes par leurs propres moyens, y compris auprès des sociétés de GFG Alliance. 

Selon le Financial Times, les clients des sociétés du groupe GFG ont même été contactés pour transférer leurs factures impayées directement à l'administrateur judiciaire nommé désormais et non plus aux sociétés de Gupta. Le ministère de l'Economie luxembourgeois, a octroyé diverses garanties d'emprunt (dans le cadre de la crise covid) à l'usine de Dudelange. Un site qui, dans l'effondrement de cet empire de 35.000 salariés, apparaît comme un petit pion. De ceux qui peuvent facilement se vendre pour retrouver un peu de liquidités, ce qui serait un moindre mal pour ses 220 employés.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

L'usine ArcelorMittal de Rodange doit servir d'exemple
D'ici à 2023, le site de production du géant de l'acier devrait être équipé d'une unité de production de biogaz destinée à réduire de 25% la consommation de gaz naturel. Un projet pensé pour jouer un rôle de «démonstrateur industriel», selon le ministère de l'Energie.
Liberty Steel fragilisé de ce côté-ci de la Manche
Les sites industriels de Dudelange, Hayange, mais aussi à Liège voient leur avenir se troubler après la chute de Greensill au Royaume-Uni. cette multinationale étant le principal bailleur de fonds de GFG Alliance propriétaire de nombre d'aciéries en Europe et dans le monde.
A Dudelange, Liberty Steel compte sur «l'acier vert»
L'investisseur britannique qui a racheté l'usine locale d'ArcelorMittal a levé une partie du voile sur ses intentions. Il compte faire du site un lieu de production plus propre et moins gourmand en énergie et matières premières.
Einweihung Liberty Steel Düdelingen in der Z.I. Wolser. Sanjeev Gupta (Executive Chairman)  (Foto: Alain Piron)