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Yves Bouvier: "Je suis totalement confiant"
Économie 3 min. 06.03.2015 Cet article est archivé
Le promoteur du Freeport contre-attaque

Yves Bouvier: "Je suis totalement confiant"

Spatenstich "The Luxembourg Freeport" - Yves Bouvier (Eurasia Investment)
Le promoteur du Freeport contre-attaque

Yves Bouvier: "Je suis totalement confiant"

Spatenstich "The Luxembourg Freeport" - Yves Bouvier (Eurasia Investment)
Serge Waldbillig
Économie 3 min. 06.03.2015 Cet article est archivé
Le promoteur du Freeport contre-attaque

Yves Bouvier: "Je suis totalement confiant"

Mis en examen pour "escroqueries" et "complicité de blanchiment" à l'encontre de Dmitry Rybolovlev, le marchand d'art suisse prépare sa défense. Dans une interview accordée au journal suisse le Temps, Yves Bouvier affirme être "tombé dans un guet-apens".

(ndp).- Dans un premier temps, Yves Bouvier explique comment il croyait se rendre à un rendez-vous d'affaires chez son client de longue date, l'oligarque russe Dmitri Rybolovlev. Depuis plusieurs années, le marchand d'art aide le milliardaire à constituer une collection de tableaux de maître. En dix ans, il lui aurait vendu une quarantaine d'œuvres pour une valeur totale d'environ deux milliards de francs suisses.

"L'acheteur n'arrivait pas à payer le solde du dernier tableau qu'il a acheté à ma compagnie, le plus beau Rothko du monde, N° 6 – Violet Green and Red. On parle de plusieurs dizaines de millions. J'étais allé à Monaco, à sa demande, pour lui proposer des solutions. Jusque-là, il n'y avait pas l’ombre d'une dispute ou d'un problème, il ne m'avait jamais signifié le moindre reproche. Je suis tombé dans un guet-apens. Huit policiers m'attendaient et m'ont emmené au poste", raconte l'homme d'affaires.

Cette affaire n'aurait "rien à voir avec les ports francs"

Yves Bouvier confie ensuite dans l'interview avoir été "piégé".  "Je n'y croyais pas! Il a une collection qu'il n'aurait jamais pu constituer sans moi. Une des plus belles du monde. S'il avait un problème, pourquoi ne m’en a-t-il jamais parlé avant de m’attirer dans un piège? Je me suis rapidement dit que ce qu'il cherchait, c'était de me mettre au goulag et de me faire mariner, m'intimider pour me faire renoncer à mes prétentions".

Selon Yves Bouvier, le milliardaire russe doit plusieurs dizaines de millions d'euros à sa compagnie. En portant plainte, le clan Rybolovlev chercherait peut-être à gagner du temps, "à retarder le paiement de ce qu'il doit". Ou simplement à l'intimider, "en espérant que je renonce à la créance".

Interrogé sur son inculpation et sa remise en liberté, Yves Bouvier assure que cette affaire n'a rien à voir avec les ports francs. "Je me suis tout de suite dit qu’il fallait que je sauve mon business et les emplois, que j'aille voir mes partenaires pour leur expliquer que cette affaire n’a rien à voir avec mes sociétés de transport, ni avec les ports francs. Mais c'est compliqué, j’ai dû mettre des projets en stand-by, et certains le resteront jusqu'à ce que cette affaire soit réglée".

Les prétendues commissions sont des frais administratifs

Le promoteur du Freeport Luxembourg revient aussi sur les "prétendues commissions" qui d'après lui, ne sont pas des commissions mais des frais administratifs. "L'acheteur ne m'a jamais demandé combien on avait payé en amont. J'assume parfaitement avoir fait des plus-values, c'est parfaitement légal et je vous assure que Dmitri Rybolovlev le savait très bien. C'est abracadabrant: vous viendrait-il à l’idée d'attaquer Swisscom pour escroquerie parce qu'ils vous ont vendu un téléphone à 600 francs alors qu'ils l’ont payé 200? C'est absurde", explique l'homme d'affaires.

Il assure par ailleurs que l'oligarque russe n'a jamais été un ami. "En dix ans, j’ai dû parler cinq fois directement avec lui. En dehors de bonjour et au revoir. Nous nous sommes fréquentés pendant dix ans, l’entente était bonne mais restait professionnelle. Il ne parle que le russe, pas moi… Quand on a un client de cette importance, on fait ce qu’il faut pour rester proche de lui. Mais il n'a jamais été un ami".

Yves Bouvier assure enfin qu'il va "exposer factuellement les choses au juge. Montrer qu'on ne peut pas raconter des salades et réécrire l’histoire d’une relation d’affaires". "Je suis totalement confiant", conclut-il.