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Le private equity accroît son accélération
Économie 3 min. 27.11.2019

Le private equity accroît son accélération

Les actifs mondiaux sous gestion dans les segments alternatifs ont presque triplé au cours des dix dernières années», indique Corinne Lamesch, présidente de l'Alfi.

Le private equity accroît son accélération

Les actifs mondiaux sous gestion dans les segments alternatifs ont presque triplé au cours des dix dernières années», indique Corinne Lamesch, présidente de l'Alfi.
Photo: Pierre Matgé
Économie 3 min. 27.11.2019

Le private equity accroît son accélération

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
Le Luxembourg toujours plus attractif et compétitif dans les fonds de capital-investissement

Le capital-investissement (private equity) est-il l'étoile montante des fonds d'investissements luxembourgeois? L’Alfi, l'Association Luxembourgeoise des Fonds d'Investissement, y a dédié mardi l'une des deux journées de sa conférence. Celle de ce mercredi est consacrée aux fonds immobiliers. Pour Corinne Lamesch, la présidente de l’institution de promotion du secteur, ces deux métiers gagnent en importance au sein de l'industrie des fonds luxembourgeois. 

«Les actifs mondiaux sous gestion dans les segments alternatifs ont presque triplé au cours des dix dernières années. De 3,1 milliards de dollars en 2008, ils sont passés à 8,8 milliards de dollars en 2017», note-t-elle. Aussi, elle prévoit que les investisseurs, en quête d'un meilleur rendement et d'une plus grande diversification, accroîtront encore leur allocation dans ces véhicules alternatifs, au cours des cinq prochaines années, «jusqu'à 40 % d'ici 2023». 

148 milliards sous gestion

Elle rappelle également qu'au cours des trois dernières années, les actifs sous gestion de fonds alternatifs réglementés au Luxembourg ont augmenté de près de 30 %, pour atteindre 792 milliards d'euros en septembre 2018, soit 17 % de la totalité des actifs gérés par les fonds d'investissement du pays. «C'est un record de tous les temps! Le développement continu de ces fonds alternatifs figure donc parmi les priorités majeures de l’Alfi,», martèle-t-elle. 

De son côté, Alain Kinsch, country manager partner chez EY, compare l'évolution récente des activités de fonds de capital-investissement au Grand-Duché, au développement naguère des fleurons nationaux que sont les industries de l'acier, de la finance ou encore des satellites. Pour sa part, Audrey Legrand, Merger and Acquisition Tax Director chez Deloitte, revient sur une étude, réalisée par son cabinet, sur les fonds luxembourgeois de capital-investissement. Selon le sondage mené auprès de 985 fonds domiciliés (soit 87% des acteurs actifs dans le segment), le pays a enregistré une hausse de 19% des avoirs sous gestion entre 2018 et 2019, pour atteindre 148 milliards d’euros.

Photo:Guy Jallay

Au-delà des chiffres, l'enquête confirme toutefois une tendance majeure: la lente disparition des «petits fonds» (moins de 100 millions d’euros gérés) et l'émergence des méga-fonds (plus d’un milliard d'euros). Alors qu'ils comptaient pour 80 % du total, leur part tombe à 69 % en 2019. Tandis que celle des fonds géants grimpe de 5 à 7 %, pour maintenant représenter 52 % du total des actifs sous gestion. 

«Cette tendance reflète l'utilisation du Luxembourg comme place financière de choix, par les gestionnaires américains, afin de lancer des méga-fonds », justifie Audrey Legrand. Pour Claus Mansfeldt, président du Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association (LPEA), ces résultats démontrent que le pays est devenu une plaque tournante fiable, pour desservir un marché européen des fonds alternatifs toujours croissant. «Le Grand-Duché doit rester en tête du peloton et devenir une destination de choix pour les acteurs des fonds en capital-investissement», insiste-t-il.

Considérer le capital-investissement comme une opportunité de diversification  

Pour cela, le secteur devrait, selon lui, adopter et mettre en œuvre de nouvelles solutions technologiques, pour accroître l'efficacité de ses services et éviter l'inflation des coûts». L'attraction des talents est un autre facteur qui pourrait, à son avis, consolider le positionnement du pays dans le secteur. 

«Le Luxembourg doit devenir un marché, qui ne ferait pas nécessairement concurrence à New York ou à Londres, mais qui ne devrait pas rester un simple back-office ou middle office. Il doit faire venir plus d'administrateurs, de responsables de fonds et de gestionnaires de portefeuille, afin de capter plus d'investisseurs pour leur faire découvrir plus de produits», estime Claus Mansfeldt. «Dans cette optique, nous aimerions, dans les années futures, voir plus de fonds de pension venir au Luxembourg, et considérer le capital-investissement comme une opportunité de diversification.» 


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