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Le plan de stabilisation luxembourgeois bien noté
Économie 2 min. 18.05.2020

Le plan de stabilisation luxembourgeois bien noté

Le Luxembourg prêt à engager près de 19% de ses 63 milliards de produit intérieur brut dans les mesures anti-crise.

Le plan de stabilisation luxembourgeois bien noté

Le Luxembourg prêt à engager près de 19% de ses 63 milliards de produit intérieur brut dans les mesures anti-crise.
Photo : Lex Kleren
Économie 2 min. 18.05.2020

Le plan de stabilisation luxembourgeois bien noté

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
L'effort des mesures anti-crise par rapport à la richesse produite au Grand-Duché est important. Il devrait atteindre près de 19% du PIB national. Un ratio qui classe le pays parmi les cinq Etats les plus engagés à soutenir son économie par rapport à sa capacité économique.

A chaque Etat son programme de stabilisation économique en lien avec la crise du covid-19. Celui du Luxembourg, initialement à hauteur de 8,8 milliards d'euros (présenté le 23 mars dernier) a déjà connu de nombreux ajustements et a été soutenu par un emprunt de 2,5 milliards d'euros. Cet effort national vient d'être mis en valeur par une étude d'un professeur d'économie de l'Université de Columbia, Ceyhun Elgin. Ce dernier comparant l'importance des plans décidés par rapport au produit intérieur brut de chaque nation.

De l'étude de 166 pays, il en ressort que le Grand-Duché se retrouve à la troisième place mondiale dans l'intensité du bouclier mis en place pour contrer les effets économiques de l'épidémie. Très loin devant la France (20e position) ou l'Allemagne (15e rang). Si Malte et le Japon trustent les deux premières marches, le Luxembourg avec une dépense annoncée à hauteur de 19% de son PIB devance, excusez du peu, les Etats-Unis.

D'autres économistes contestent toutefois le palmarès établi par Ceyhun Elgin. En effet, ses recherches ne tiennent compte que des efforts signifiés par les gouvernements mais pas des actions menées, par exemple, par des organismes comme les banques centrales de ces mêmes Etats. Ce qui pourrait quelque peu bouleverser l'ordre du classement.

La dette publique grimpe

Tout comme il convient de tenir compte des capacités des pays à pouvoir assumer les mesures de sauvetage prises dans l'urgence. L'économie de certains Etats, dont le Luxembourg, étant plus stable et forte qu'ailleurs. C'est d'ailleurs ce qui a permis au ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP) d'obtenir d'ores et déjà un financement à taux négatif pour l'emprunt de crise engagé en avril dernier. Un taux obtenu grâce à la confiance des prêteurs privés mondiaux dans la poursuite de l'activité nationale post-crise, mais aussi d'investisseurs luxembourgeois ayant fait preuve de solidarité. 

Mais gare à la gestion de la dette publique dans les mois à venir. Pierre Gramegna la voit grimper à 17 milliards d'euros.


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