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Le moral n'est pas au beau fixe chez les entrepreneurs
Économie 3 min. 26.10.2022
Baromètre de l'économie

Le moral n'est pas au beau fixe chez les entrepreneurs

Dans cette édition du baromètre de l'économie, le commerce, l'industrie et l'horeca se placent sur le podium des plus pessimistes.
Baromètre de l'économie

Le moral n'est pas au beau fixe chez les entrepreneurs

Dans cette édition du baromètre de l'économie, le commerce, l'industrie et l'horeca se placent sur le podium des plus pessimistes.
Photo: AFP
Économie 3 min. 26.10.2022
Baromètre de l'économie

Le moral n'est pas au beau fixe chez les entrepreneurs

Laura BANNIER
Laura BANNIER
Pour les entrepreneurs luxembourgeois, le ciel s'assombrit davantage. Entre les prix de l'énergie, les problématiques de recrutement ou encore l'incertitude généralisée, les points d'inquiétude sont nombreux.

Les entrepreneurs luxembourgeois sont de moins en moins nombreux à voir la vie en rose. Difficile d'être optimiste, en effet, dans le contexte actuel. Lorsque l'inflation s'ajoute aux difficultés de recrutement et que les prochains mois ne présagent pas de larges éclaircies, le score du baromètre de l'économie de la Chambre de commerce ne peut que plonger.


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Entre des bonnes et des mauvaises nouvelles, le Statec prévoit également une nouvelle tranche d'indexation pour le premier trimestre 2023.

En baissant de 2,9 points, le baromètre s'établit à 52,3 points, soit son plus bas niveau depuis fin 2020 et les incertitudes liées à la pandémie. Dévoilée ce 25 octobre, cette enquête révèle notamment qu'un tiers des entreprises interrogées s'attendent à une baisse de leur rentabilité au cours des six prochains mois. À l'inverse, seules 18% des sociétés interrogées s'attendent à une amélioration de leur rentabilité lors du prochain semestre. Les sociétés du secteur du commerce et de l'industrie voient rouge avec respectivement 41% et 60% des sondés qui s'attendent à une baisse de leur rentabilité.

Si l'ensemble des secteurs sont concernés par cette incertitude économique, certains se détachent nettement. C'est le cas du commerce, de l'industrie et de l'horeca, qui se placent sur le podium des plus pessimistes. Ainsi, ces trois secteurs s'attendent à une baisse de leur activité de 36% pour l'industrie, 28% pour l'horeca, et 26% pour le commerce. Plus généralement, 78% des sociétés présagent une baisse ou une stagnation de leur activité lors des six prochains mois.

Des secteurs inégaux face à l'emploi

Côté emploi, les entreprises sont plus rassurantes. Deux tiers d'entre elles entendent maintenir leurs effectifs au cours des six prochains mois. 21% des dirigeants interrogés comptent même recruter, alors que 13% prévoient de revoir leurs effectifs à la baisse. «Ces résultats soulignent le dynamisme du marché du travail, dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre de plus en plus marqué», note la Chambre de commerce.


06.10.2022 Bäckerei Jean-Marie Hoffmann , Wormeldange , Bäcker Produktion ,  , Foto: Marc Wilwert / Luxemburger Wort
Comment artisans et entreprises font-ils face à la crise?
Les coûts de l'électricité, du gaz et des produits pétroliers ont fortement augmenté au cours des derniers mois - les entreprises luxembourgeoises sont également fortement touchées.

Lors du prochain semestre, les secteurs qui planifient de créer le plus de postes sont les services financiers (38% des entreprises interrogées anticipent une hausse de leurs effectifs), suivis des transports (25%) et des services hors finances (22%). À l'inverse, les dirigeants de l'Horeca et de l'industrie prévoient une contraction de l'emploi pour respectivement 21% et 13% des sociétés sondées.

Selon les dirigeants d'entreprise interrogés, les principaux défis au développement économique en 2023 restent semblables à ceux évoqués lors des précédentes enquêtes. Le manque de main-d'œuvre qualifiée est ainsi évoqué par 55% des participants, tandis que 51% d'entre eux s'inquiètent à propos du coût du travail. L'accès abordable à l'énergie et aux matières premières apparaît, pour sa part, comme une préoccupation de plus en plus pesante, qui, dans l'esprit de 51% des répondants, devrait affecter l'activité des entreprises en 2023.

Les 611 entreprises de six salariés et plus ayant participé à l'enquête ont, au-delà de livrer leurs ressentis sur ces thématiques économiques, été interrogées sur les élections 2023. Ainsi, selon ces entrepreneurs, les trois priorités pour le prochain gouvernement seront de maitriser les coûts de l'énergie, faciliter et simplifier les procédures administratives, et enfin accroître la flexibilité sur le marché du travail, notamment au regard du temps de travail et du télétravail.

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