Changer d'édition

Le monde paiera «le prix de la guerre» en 2023, selon l'OCDE
Économie 4 min. 26.09.2022
Des prévisions assombries

Le monde paiera «le prix de la guerre» en 2023, selon l'OCDE

L'OCDE table sur une progression du PIB mondial de 2,2% contre 2,8% anticipés lors de précédentes prévisions en juin.
Des prévisions assombries

Le monde paiera «le prix de la guerre» en 2023, selon l'OCDE

L'OCDE table sur une progression du PIB mondial de 2,2% contre 2,8% anticipés lors de précédentes prévisions en juin.
Photo: Shutterstock
Économie 4 min. 26.09.2022
Des prévisions assombries

Le monde paiera «le prix de la guerre» en 2023, selon l'OCDE

La guerre va continuer à coûter cher aux Etats du monde: l'OCDE a nettement dégradé sa prévision de croissance mondiale l'an prochain devant les effets plus durables qu'anticipé de la guerre en Ukraine, l'Europe payant la plus grande facture.

(AFP) - «Les perspectives de croissance mondiale se sont assombries», a écrit l'Organisation de coopération et de développement économiques dans un rapport publié lundi et intitulé «payer le prix de la guerre».


A $100-dollar bill is seen on top of Euro bills. The euro struck parity with the dollar for the first time in nearly 20 years on Tuesday as a cut in Russian gas supplies to Europe heightened fears of a recession in the eurozone.
Les sept risques pour l'économie mondiale, selon le FMI
Les prévisions publiées mardi par le Fonds monétaire international font état de sept facteurs de risques pour l'économie mondiale pouvant aboutir à une crise économique majeure.

L'absence d'accalmie sur le terrain au huitième mois de l'invasion russe en Ukraine, symbolisée par la récente mobilisation de réservistes par Moscou, incite l'organisation internationale au pessimisme quant au futur proche de l'économie.

Après une année 2022 éprouvante pour les ménages et les entreprises surtout en raison de la flambée inflationniste qui en a résulté, «la croissance mondiale devrait continuer à s'affaiblir en 2023», souligne l'institution basée à Paris.

Celle-ci table sur une progression du PIB mondial de 2,2% contre 2,8% anticipés lors de précédentes prévisions en juin, bien qu'elle ait maintenu sa prévision pour cette année à 3% après l'avoir nettement réduite ces derniers mois.

«Les pressions inflationnistes sont de plus en plus généralisées, la hausse des prix de l'énergie, des transports et d'autres coûts se répercutant sur les prix», souligne l'OCDE qui a revu en baisse ses prévisions 2023 sur la quasi-totalité des pays membres du G20 à l'exception de la Turquie, de l'Indonésie et du Royaume-Uni dont l'économie connaîtra une stagnation.

2.800 milliards

Pour montrer l'ampleur du choc de la guerre sur l'économie mondiale, l'OCDE a évalué à 2.800 milliards de dollars les pertes financières à anticiper l'an prochain par rapport aux prévisions antérieures à l'arrivée des chars en Ukraine.


The President of the European Central Bank (ECB) Christine Lagarde arrives to address a press conference on eurozone monetary policy following the meeting of the governing council of the ECB in Frankfurt am Main, western Germany, on September 8, 2022. - The ECB made its biggest ever interest rate hike on September 8, 2022 as policymakers seek to tame record eurozone inflation. The ECB lifted its key rates by 75 basis points, leaving them sitting in a range of between 0.75 and 1.5 percent. It came after the bank hiked rates by 50 basis points in July, its first increase in more than a decade. (Photo by Daniel ROLAND / AFP)
La BCE acte un fort tour de vis
Pour la première fois depuis sa création, la Banque centrale européenne a annoncé la hausse de ses taux de 75 points de base d'un seul coup.

Ce sont logiquement les pays voisins de Kiev et de Moscou qui subiront les coûts les plus importants d'après l'OCDE: la croissance en zone euro subit la révision la plus importante de toutes les régions du monde avec une croissance attendue à 0,3% contre 1,6% anticipé en juin. La raison principale est la flambée des prix de l'énergie, l'inflation étant anticipée cette année à 8,1% et à 6,2% l'an prochain.

Agitée depuis des mois comme un risque majeur par les principaux prévisionnistes mondiaux, la récession est le scénario anticipé par l'OCDE pour l'Allemagne: la première économie européenne verrait selon l'OCDE son PIB reculer de 0,7% l'an prochain, un plongeon de 2,4 points en comparaison avec la précédente prévision.

Ses principaux voisins y échappent: une croissance de 0,4% est attendue en Italie, de 1,5% en Espagne, et de 0,6% en France, là où gouvernement table encore sur 1%.

Une incertitude importante entoure ces projections économiques.

OCDE

De son côté, le Fonds monétaire international prévoyait dans ses dernières prévisions remontant à juillet 0,8% de croissance en Allemagne, 1% en France et 1,2% en zone euro, mais il pourrait revoir ses anticipations à la baisse en octobre.

Parmi les autres grandes régions, la croissance américaine est attendue par l'OCDE à 0,5% contre 1,2% anticipés en juin, et la croissance chinoise à 4,7% contre 4,9%.

La hausse des taux comme facteur clé

«Une incertitude importante entoure ces projections économiques», concède l'OCDE, notamment devant le risque de pénuries d'énergie pendant l'hiver. La hausse vertigineuse des prix menace déjà l'activité d'un nombre croissant d'entreprises dont certaines sont contraintes de réduire leur activité.

Selon l'organisation, des pénuries plus importantes que prévu en gaz risqueraient par un effet en cascade de réduire le PIB de la zone euro de 1,25 point supplémentaire l'an prochain, ce qui pousserait alors de nombreux Etats en récession.


Le Luxembourg est le pays le plus riche du monde
D'après les estimations du Fonds monétaire international, le Grand-Duché serait le pays détenant le PIB le plus important par habitant. En 2019, il occupait la troisième place.

Ce scénario est d'autant plus inquiétant que les banques centrales des pays développés et émergents sont fermement engagées à remonter leurs taux d'intérêt pour contenir l'inflation, avec le risque de saper là aussi la croissance.

Les hausses de taux sont «un facteur clé» dans le ralentissement en cours, relève l'OCDE, qui appelle toutefois les banquiers centraux à continuer, pour éviter de les remonter plus fortement si l'inflation poursuit son envol.

Les mesures budgétaires ciblées et temporaires aux ménages et aux entreprises font partie de la solution face à l'urgence, souligne l'institution, affirmant que jusqu'à présent les mesures prises contre la hausse des prix de l'énergie ont été «mal ciblées» car profitant souvent à trop de ménages et d'entreprises.


Sur le même sujet

Inflation, augmentation des taux directeurs, crainte de récession… Difficile pour les investisseurs de se positionner dans un contexte économique et financier pour le moins complexe.
businessman using digital tablet on office desk .
L'institut Eurostat a annoncé que l'inflation avait atteint 8,9% sur un an, du jamais-vu. La croissance économique dans la zone euro, quant à elle, a fait nettement mieux que prévu au deuxième trimestre.
La Commission européenne a annoncé lundi avoir abaissé de 1,3 point sa prévision de croissance économique pour la zone euro en 2022 à 2,7%, et augmenté de 3,5 points sa prévision d'inflation à 6,1%, à cause de la guerre en Ukraine.