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«Le modèle social luxembourgeois fonctionne encore»
Économie 3 min. 25.01.2021

«Le modèle social luxembourgeois fonctionne encore»

Pour Dan Kersch, l'accord signé ce lundi «pérennise l'activité d'ArcelorMital et l'industrie sidérurgique au Luxembourg».

«Le modèle social luxembourgeois fonctionne encore»

Pour Dan Kersch, l'accord signé ce lundi «pérennise l'activité d'ArcelorMital et l'industrie sidérurgique au Luxembourg».
Photo: Luc Deflorenne
Économie 3 min. 25.01.2021

«Le modèle social luxembourgeois fonctionne encore»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Quatre mois après l'annonce d'une restructuration au sein d'ArcelorMittal, les partenaires sociaux ont signé lundi un accord qui aboutit à l'absence de licenciements économiques, de maintien de tous les sites de production et l'obligation pour le géant de l'acier d'investir.

Et de deux. Après l'accord trouvé dans le secteur aérien, c'est au tour de la sidérurgie de voir aboutir une solution concertée. Signé lundi, quatre mois après l'annonce d'une restructuration qui devait impacter près de 15% des effectifs d'ArcelorMittal, le texte se veut la preuve que «le modèle social luxembourgeois fonctionne encore», selon Dan Kersch (LSAP), ministre du Travail, qui ne cache pas sa satisfaction d'avoir apposé sa marque sur un document qui «pérennise l'activité d'ArcelorMital et l'industrie sidérurgique au Luxembourg».


TOPSHOT - This picture taken on January 17, 2018 shows a Chinese worker cutting steel in Qingdao in China's eastern Shandong province on January 18, 2018.
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Concrètement, les partenaires sociaux se sont accordés sur une restructuration qui se traduit par la suppression de 536 postes, mais sans plan social, ni licenciements. Et ce, via le recours aux outils traditionnels dans le secteur, à savoir la mise en place d'une cellule de reclassement (CDR), des départs en préretraite et des prêts de main-d'oeuvre. Imaginée pour accueillir au maximum 280 personnes, la CDR «ne doit pas être synonyme d'inactivité, au contraire», assure le vice-Premier ministre socialiste qui estime que «la formation pour permettre aux personnels d'être transférés en interne ou en externe est essentielle». Les préretraites, elles, doivent concerner près de 240 salariés nés avant 1964, tandis que les «externalisations» doivent être mises en place pour 70 personnes.

Mais à ces outils traditionnels viennent s'ajouter d'autres éléments. Que ce soit la mise en place d'une garantie d'investissements pour le géant mondial de l'acier, mais aussi l'obligation faite de rembourser une partie des aides perçues en cas de non-respect des engagements. «Une mesure nouvelle qui répond à la nouvelle orientation du gouvernement destinée à assurer que chaque partie respecte ses engagements», précise Dan Kersch. Comprenez la fin d'une politique de soutien ferme aux grands employeurs du pays sans autre garantie que la promesse faite par la direction. Dans les faits, ArcelorMittal s'est engagé à investir au minimum 165 millions d'euros sur tous les sites de production au Grand-Duché - et 205 millions au maximum - d'ici 2025.


Un jour avec un Couleur-Giesser, Chez Arcelor Mittal, Stahlwerk, Siderurgie, Stahlindustrie a Esch-sur-Alzette, le 06 Decembre 2016. Photo: Chris Karaba
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Interrogé sur les priorités d'investissement, Roland Bastian, CEO d'ArcelorMittal Luxembourg, évoque «le remplacement des moteurs du train deux de laminage de Belval», «la production d'acier en autosuffisance pour tous nos sites au Luxembourg» et «la digitalisation et l'automatisation de tâches pénibles, comme les opérations répétitives». Des investissements qui devront donc concerner non seulement Belval, Differdange et Rodange, mais aussi Bissen et Dommeldange. Un dernier site dont l'avenir était clairement en jeu lors des négociations.

Intervenu dans un contexte économique fragile pour ArcelorMittal, confronté non seulement aux conséquences de la pandémie, mais aussi et surtout à un environnement général compliqué, l'accord doit garantir à la sidérurgie d'employer un peu moins de 3.000 personnes au Grand-Duché en 2025. Contre 3.800 pour l'heure, alors que le secteur en employait plus de 6.000 au début des années 2000. A noter enfin qu'ArcelorMittal a réitéré son engagement à «maintenir» son siège mondial au Grand-Duché», même si la décision définitive doit être annoncée dans les prochains mois. Des échanges à ce sujet entre Lakshmi Mittal et Xavier Bettel (DP) «sont en cours», assurent les partenaires sociaux.

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