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Le Luxembourg, réceptacle «d'investissements fantômes»
Économie 2 min. 09.09.2019

Le Luxembourg, réceptacle «d'investissements fantômes»

40% des IDE recensés dans le monde seraient des investissements «fantômes», selon une étude du FMI et de l'université de Copenhague. Le Luxembourg et les Pays-Bas en seraient les principaux destinataires.

Le Luxembourg, réceptacle «d'investissements fantômes»

40% des IDE recensés dans le monde seraient des investissements «fantômes», selon une étude du FMI et de l'université de Copenhague. Le Luxembourg et les Pays-Bas en seraient les principaux destinataires.
Photo: Guy Wolff
Économie 2 min. 09.09.2019

Le Luxembourg, réceptacle «d'investissements fantômes»

Une grande partie du stock mondial d'investissements directs étrangers à l'échelle mondiale est constituée de capital «fantôme», conçu pour contourner les obligations fiscales des multinationales, selon une étude du FMI. Le Grand-Duché et les Pays-Bas jouent un rôle de premier plan.

(Jmh) - Plus de cinq ans après les révélations autour des montages financiers luxembourgeois, révélés par l'affaire LuxLeaks, l'attrait de la Place pour les multinationales reste vivace. Mais pas forcément de la manière dont le souhaiterait le gouvernement, adepte du concept de «Level playing field». Selon une étude du FMI et de l'université de Copenhague, publiée ce week-end dans les colonnes du Financial Times, le Grand-Duché et les Pays-Bas accueillent «près de la moitié des investissements fantômes» recensés. 

Des investissements sans «aucune activité commerciale réelle» qui visent «souvent à minimiser la facture fiscale globale des multinationales», selon les conclusions de Jannick Damgaard, Thomas Elkjaer et Niels Johannesen, auteurs de cette étude. Au total, ce serait pas moins de 40% des investissements directs à l'étranger (IDE) qui seraient concernés par cette ingénierie fiscale. Pour une valeur globale estimée à 15 milliards de dollars (13,5 milliards d'euros).

Hausse des IDE fictifs

Le Grand-Duché et les Pays-Bas ne sont toutefois pas les seuls à être pointés du doigt, puisque Malte, l'Irlande, la Suisse et plusieurs territoires britanniques sont nommément cités. Mais dans une moindre mesure, les conclusions de l'étude indiquant que «moins de la moitié des IDE» analysés relève de la catégorie «fantôme».

Malgré les récents efforts internationaux visant à empêcher les entreprises de transférer leurs bénéfices à l'étranger à des fins fiscales, l'étude démontre que ce capital fictif représentait une part croissante des investissements des multinationales. Jusqu'en 2010, les IDE fictifs représentaient 31 % du stock total, contre 38 % en 2017.

Pour Alex Cobham, directeur du Tax Justice Network, cité par le Financial Times,  «le transfert des bénéfices est passé d'une caractéristique marginale de l'économie mondiale à une caractéristique systémique». À en croire le directeur de l'organisation, ce mécanisme correspond « juste à la façon de faire des affaires actuellement». Toutefois,  ce dernier estime que les efforts de régulation mis en place aboutiront, à terme, à l'allocation «d'une partie des bénéfices en fonction de l'endroit où se déroule l'activité réelle». Un changement de paradigme «qui doit être la réponse, une réponse systémique à ce problème systémique».