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«Le Luxembourg profite bien du Brexit»
Économie 3 min. 14.03.2019

«Le Luxembourg profite bien du Brexit»

«Le Luxembourg profite bien du Brexit»

Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Économie 3 min. 14.03.2019

«Le Luxembourg profite bien du Brexit»

Aude FORESTIER
Aude FORESTIER
D'après l'avis annuel de la Fondation IDEA, 15.000 emplois ont été créés en 2018. Un nombre identique de création de postes est attendu pour cette année.

Depuis la présentation du premier avis annuel de la Fondation IDEA en 2015, le think tank de la Chambre de commerce, «les choses ont pas mal changé», atteste Michel-Edouard Ruben, le Senior Economist.

Celui-ci, en très grande forme, expliquait mercredi matin, lors de la présentation du sixième avis nommé «des tas d'urgences», qu'en 2015, l'économie mondiale se répétait, un peu comme dans le film «Un jour sans fin» avec Bill Murray et Andie MacDowell où le héros vivait de manière répétée la même journée.

Aujourd'hui, la situation est différente. Malgré la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, les nombreuses incertitudes autour du Brexit et la montée du populisme en Europe, l'économie mondiale se porte plutôt bien.

La croissance économique s'établirait à 3,5 % en 2019 contre 3,7 % en 2018. Les Etats-Unis semblent en «bonne santé» avec un taux de croissance attendu à 2,5 % en 2019 et un taux de chômage à faire pâlir certains pays (sous la barre des 4 %) .«Il y a plus d'emplois à pourvoir que de chômeurs», souligne Michel-Edouard Ruben.

Une croissance à 3%

D'ailleurs, 220.000 nouveaux emplois ont été créés en moyenne par mois dans le pays l'an passé. La Chine, l'autre grande puissance, devrait voir son économie croître entre 6 et 6,5 % en 2019. Le ralentissement de la croissance observé depuis quelques années est devenu une «nouvelle normalité». Concernant le Royaume-Uni, celui-ci résiste plutôt bien aux secousses provoquées par le vote en faveur du Brexit. Par exemple, le taux d'emploi «est le plus élevé depuis 1975».

Et le Grand-Duché dans tout ça? Il devrait continuer son «petit bonhomme de chemin». Cette année, la croissance s'élèverait à 3%, tirée par la demande intérieure. 

Objectivement, le pays «va bien». A tel point que l'an dernier, 15.000 emplois ont été créés. On attend un nombre identique de création de postes cette année. Pour l'instant, «le Luxembourg a bien profité du Brexit», pointe le Senior Economist. Mais que se passerait-il en cas de guerre commerciale totale et d'une absence d'accord sur le Brexit? Le PIB du pays perdrait un pourcent entre 2019 et 2023. Avec un Brexit dur, c'est certain, «il y aurait un risque d'attractivité».

La grande nouveauté de cet avis annuel est le «Consensus économique». Qualifié de «boussole» par Michel-Edouard Ruben, il s'agit d'un questionnaire envoyé à 100 personnes actives sur la place luxembourgeoise. 50 y ont répondu. Les questions portaient sur la croissance au Grand-Duché, le chômage et la prochaine crise économique. On y apprend que plus de la moitié des répondants (57 %) estiment que la «bonne surprise» de 2019 serait l'apaisement des tensions commerciales entre les principales économies mondiales.

Une nouvelle crise «Made in USA»?

En revanche, la «mauvaise surprise» sera la poussée des partis populistes lors des élections européennes de mai prochain. «Le panel considère que le Brexit aura bien lieu en 2019», avec ou sans deal, précise l'économiste Sarah Mellouet.

A propos du taux de chômage, pour 57% des répondants, il s'établirait entre 5 et 6% d'ici 2023 (la fin de l'actuelle législature) 27% pensent qu'il passerait sous la barre des 5%, en phase avec les prévisions du FMI (4,9%) et du Statec (4,8%). Seuls 16 % des répondants estiment que le chômage augmenterait au-delà de 6%. Au sujet de la prochaine crise, 38% des répondants jugent qu'elle naîtra d'un différend commercial entre grandes puissances. On ignore si ce nouveau différend commercial sera attisé par la Chine ou les Etats-Unis.

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