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Le Luxembourg met «5% de son PIB» sur la table
Économie 3 min. 20.05.2020

Le Luxembourg met «5% de son PIB» sur la table

Présent aux côtés de François Bausch (Déi Gréng), Pierre Gramegna (DP), ministre des Finances a détaillé mercredi soir le pacte de redémarrage de l'économie luxembourgeoise.

Le Luxembourg met «5% de son PIB» sur la table

Présent aux côtés de François Bausch (Déi Gréng), Pierre Gramegna (DP), ministre des Finances a détaillé mercredi soir le pacte de redémarrage de l'économie luxembourgeoise.
Photo: Guy Jallay
Économie 3 min. 20.05.2020

Le Luxembourg met «5% de son PIB» sur la table

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Le pacte de redémarrage, annoncé mercredi par le Premier ministre, a été détaillé par le ministre des Finances. Un plan supplémentaire de «700 à 800 millions d'euros» voué à permettre que tout le monde «joue le jeu des liquidités».

Validé le matin en Conseil de gouvernement, annoncé en début d'après-midi par le Premier ministre et détaillé dans la soirée par le ministre des Finances. La mécanique de communication du gouvernement semble désormais bien huilée, à l'image de ce que devra être le «pacte de redémarrage» de l'économie, expliqué mercredi soir.

Présenté comme «une réponse progressive» à destination des secteurs les plus touchés, ce paquet de mesures supplémentaires se veut être «une solution généreuse à la grave récession que connaît notre pays», assure Pierre Gramega (DP). Et ce dernier de reprendre la fourchette de «700 à 800 millions d'euros» avancée quelques heures plus tôt par Xavier Bettel (DP), tout en précisant que ce pacte de redémarrage, associé à celui de stabilisation, représentait« 5% du PIB». Soit plus du double de la Belgique (2%) ou de la France (2%) et du même ordre que l'Allemagne (4,6%).

Que tout le monde joue le jeu des liquidités

Des largesses rendues possibles non seulement par «l'état relativement sain des finances publiques avant la crise» mais aussi par «les bons résultats du secteur financier», selon le locataire du ministère de la rue de la Congrégation. Des banques et des assurances présentées comme «une partie de la solution, contrairement à 2008 où elles faisaient partie du problème».

Basées sur trois priorités - «le maintien des emplois, le soutien aux secteurs les plus touchés et l'encouragement à une relance économique durable» -, ces nouvelles mesures doivent aboutir à ce que ménages et entreprises «jouent le jeu des liquidités» en permettant à chacun de s'acquitter de ses factures. Pour ce faire, Pierre Gramegna a annoncé mercredi la création d'un fonds de relance et de solidarité.

Bon de 50 euros pour résidents et frontaliers

Destiné aux entreprises de l'Horeca, du tourisme, de l'événementiel et du fitness qui demeurent fermées à  ce jour, ce nouveau dispositif offre la possibilité d'un soutien, pour une durée de six mois, de 1.250 euros par salarié qui ne travaille pas. Seules conditions à remplir: que le chiffre d'affaires entre juin 2019 et juin 2020 ait connu une baisse de 25% et que les entreprises demandeuses rouvrent bel et bien leurs portes au 1er juin. Si la dotation globale de ce fonds n'a pas été précisée, Pierre Gramegna a indiqué qu'un plafond avait été décidé: 10.000 euros maximum pour les entreprises de moins de dix salariés, 50.000 euros pour celles ayant moins de 50 salariés et 100.000 euros pour celles de plus de 50 salariés.

Les TPE et les PME pourront aussi bénéficier d'un coup de pouce supplémentaire pour les mois de juin, juillet et août à hauteur de 750 euros, sans preuve d'une baisse du chiffre d'affaires. Une mesure destinée notamment aux commerces de soins à la personne qui ont déjà repris leur activité, tels que «les salons de coiffure ou les ongleries», selon le ministre des Finances. Comme annoncé par le Premier ministre, un bon de 50 euros sera distribué à tous les résidents de plus de 16 ans et tous les frontaliers afin de soutenir les acteurs du tourisme, notamment les hôtels et les structures d'hébergement. «L'occasion de faire découvrir ou redécouvrir le pays». 

En ce qui concerne les loyers, Pierre Gramegna indique que les propriétaires d'un bail commercial qui ont accepté de baisser le montant pourront bénéficier d'un abattement fiscal d'une valeur double à celui de la baisse accordée, dans une limite de 15.000 euros. Pour les baux privés, une loi interdira toute revalorisation tout au long de l'année 2020. Parmi les autres mesures énoncées figurent le doublement de l'allocation de vie chère, la revalorisation de 10% de l'assistance juridique pour les jeunes avocats ou la pérennisation du congé pour soutien familial pour les personnes en charge de personnes handicapées majeures. 

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