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Le logo du Wort en 3D
Économie 16 3 min. 06.01.2014 Cet article est archivé

Le logo du Wort en 3D

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Le logo du Wort en 3D

L'impression 3D offre de formidables perspectives économiques, avec un potentiel de croissance à deux chiffres pour plus de dix ans. En quoi est-ce révolutionnaire? Parce que l'impression 3D permet de réaliser des objets inédits, personalisables, sans coûts de transport et donc potentiellement moins chers. Pour mieux comprendre, voici la réalisation du logo du Wort en 3D et d'autres réalisations.

Au rythme où vont les innovations, d'ici 10 ans chacun pourrait avoir chez soi sa propre imprimante et créer ce dont il a besoin, à condition d'en avoir un plan en 3D. Côté entreprises, les perspectives sont immenses. Cela signifie des avions plus légers, des pièces de rechange immédiatement disponibles, des prothèses médicales personnalisées et pourquoi pas un cœur en trois dimensions? L'impression du premier foie humain est prévu pour cette année.

Débuts balbutiants au Luxembourg

Et le Luxembourg dans tout ça? Ici aussi, la 3D commence à faire parler d'elle mais dans ses utilisations les plus classiques pour l'instant, à savoir la réalisation de maquettes et le prototypage rapide.

Aujourd'hui, ils sont quelques uns dans le pays à croire aux perspectives qu'offre la 3D dans un très proche avenir. Parmi eux, Henri Colbach. Il y a un an, il a laissé son cabinet d'étude d'architecte pour se lancer dans cette nouvelle aventure. Pourquoi tout laisser tomber pour un secteur d'activité balbutiant? «Parce que cela ouvre de formidables perspectives», affirme l'entrepreneur. La 3D permet de réaliser des formes jusque-là inimaginables, mais à une condition: savoir concevoir en trois dimensions.

En un an, Henri Colbach a déjà vu la 3D évoluer. Les prix des matières premières diminuent énormément, la résine est ainsi passée en quelques mois de 700 à 150 dollars le litre, tandis que la taille des imprimantes explose. «Il existe désormais des imprimantes de 5 à 8 mètres de haut».

«Comme un minitel en 1982»

Actuellement, les innovations pleuvent dans le domaine de la 3D, les imprimantes deviennent toujours plus grandes, plus diverses et plus rapides. C'est ce qui fait dire à Laurent Kratz, entrepreneur et fondateur de plusieurs start-up, que le secteur n'est qu'au tout début de sa croissance. «C'est comme si vous regardiez un minitel en 1982 et qu'on vous explique l'internet d'aujourd'hui. On est encore loin de saisir tout ce que l'impression 3D va changer. Des métiers vont profondément changer, on pourra acheter les plans d'un objet et l'imprimer chez soi, nous n'aurons plus besoin de stocks puisque nous pourrons produire les pièces à la demande».

Le potentiel est ainsi formidable et les débuts sont encourageants. Le marché aurait dépassé les 2 milliards de dollars en 2012. Credit Suisse estime que l'impression 3D pourrait représenter un marché de plus de dix milliards de dollars d'ici 2020, date à laquelle l'Europe pourrait passer devant les Etats-Unis en termes de marché.

Encore faut-il être capable de se lancer dans l'aventure. Tout le monde ne sait pas concevoir, il faut apprendre la technique. L'aide à la conception et la diffusion de ce genre de savoir est le cheval de bataille de FabLab Luxembourg. Créé début 2013 sur le Technoport de Belval, cet atelier collaboratif fait partie des réseaux de fab lab lancés par l'Institut de technologie du Massachusetts (MIT) où des outils pilotés par ordinateur sont mis à la disposition du public. A côté des découpeuses laser et fraiseuses de précision, on y trouve des imprimantes 3D qui ont pour vocation de permettre aux utilisateurs (chercheurs, start-up, particuliers) de tester en 3D leur projet à un coût favorable. Ce qui facilite la recherche.

FabLabLux, comme les 250 fab lab du monde, travaille en réseau dans une logique d'échange et de diffusion des idées et des trouvailles. Le but est de créer un environnement favorable à l'innovation. Par ailleurs, le laboratoire a une dimension pédagogique. Rodolfo Baïz, manager du FabLabLux, organise ainsi des workshop pour adultes et enfants afin de leur apprendre les rudiments de la conception en 3D.

Linda Cortey